Une Parole … Une Prière
25ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« …IL SORTIT DE NOUVEAU… »

« En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.’ Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ Il leur dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi.’
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : ‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?’
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 20, 1 – 6
Illustration : Anonyme, Parabole des ouvriers à la vigne extrait du Codex Aureus
Epternacensis (XIème siècle, enluminure), bibliothèque du Germanisches
Nationalmuseum, Nuremberg (Allemagne). Domaine public
Méditation du Pape Léon XIV
LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 26 août 2026
Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II
III. La Constitution dogmatique Sacrosanctum Concilium
8. Les raisons de la réforme liturgique

Chers frères et sœurs,
Dans cette dernière catéchèse sur la
Constitution Sacrosanctum Concilium, je voudrais m’arrêter sur
les raisons pour lesquelles les Pères conciliaires ont voulu promouvoir une
réforme de la liturgie. À cet égard, la troisième Lettre du Concile que le
cardinal Giovanni Battista Montini, alors archevêque de Milan, a adressée le 28
octobre 1962 aux fidèles de son Église est très éclairante. La liturgie –
écrivait-il – « est l’expression sincère tant du divin que de l’humain. C’est
un langage.
C’est, d’une part, un vecteur
d’enseignement divin, et, d’autre part, la voix d’un dialogue avec Dieu. Il est
clair qu’elle ne peut renoncer à sa fonction didactique, et qu’elle ne peut
manquer d’offrir à la foi et à la piété la possibilité de s’exprimer avec une
intelligibilité spontanée » [1] . Animé par ces convictions, le futur pape
saint Paul VI affirmait que les fidèles « ne peuvent et ne doivent plus rester
muets et passifs. Leur présence matérielle ne peut s’accorder avec leur absence
spirituelle ». [2]
La concordance entre ces déclarations et
celles qui figureront au n°48 de la Constitution conciliaire est évidente : «
l’Église se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce
mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le
comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent de façon
consciente, pieuse et active à l’action sacrée, soient formés par la Parole de
Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ;
qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais
aussi en union avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en
jour, soient consommés, par la médiation du Christ, dans l’unité avec Dieu et
entre eux ». On perçoit dans ces paroles une prise de conscience renouvelée de
la valeur de la liturgie. À travers les actions rituelles de l’Église, tandis
que s’accomplit le mémorial de l’œuvre du salut, la possibilité est donnée de
vivre la véritable relation avec Dieu, en entrant en contact avec l’événement
salvifique. Puisque les gestes, les paroles de la sainte liturgie sont décisifs
pour réaliser cette expérience, la participation des fidèles ne peut être
passive.
La réforme conciliaire, en mettant au
centre ce qui constitue le cœur de l’expérience ecclésiale, a voulu faire
resplendir la liturgie comme « la source première de cet échange divin par
lequel la vie de Dieu nous est communiquée » [3] . De cette conviction est née
la nécessité de rendre la richesse des textes bibliques et des prières, plus
accessible à tous les fidèles, et de simplifier l’ordre de la célébration par
rapport à celui prévu dans les livres liturgiques alors en vigueur.
La liturgie, en effet, étant une réalité
vivante, a toujours été soumise, au fil des siècles, à des évolutions et à des
changements. Le Magistère en a adapté les formes aux exigences des différentes
époques. Il n’est donc pas surprenant que le Concile Vatican II, dans le plus
grand respect du patrimoine de la tradition, et précisément afin de le rendre
plus accessible, ait jugé nécessaire une révision des livres liturgiques.
L’objectif qui tenait à cœur aux Pères
est énoncé au n° 21 de la Constitution Sacrosanctum Concilium : « Pour que le
peuple chrétien bénéficie plus sûrement des grâces abondantes dans la liturgie,
la sainte Mère l’Église veut travailler sérieusement à la restauration générale
de la liturgie elle-même. Car celle-ci comporte une partie immuable, celle qui
est d’institution divine, et des parties sujettes au changement qui peuvent
varier au cours des âges ou même le doivent, s’il s’y est introduit des éléments
qui correspondent mal à la nature intime de la liturgie elle-même, ou si ces
parties sont devenues inadaptées. Cette restauration doit consister à organiser
les textes et les rites de telle façon qu’ils expriment avec plus de clarté les
réalités saintes qu’ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu’il est
possible, puisse facilement les saisir et y participer par une célébration
pleine, active et communautaire. » C’est à l’encyclique Mediator Dei du pape
Pie XII que remonte la distinction, dans la liturgie, entre les éléments
divins, immuables, et les éléments humains, qui, eux, « peuvent subir diverses
modifications, approuvées par la sainte Hiérarchie assistée par le
Saint-Esprit, selon les exigences des temps, des choses et des âmes » (Acta Apostolicae
Sedis 39, 1947, 541-542).
D’ailleurs, le désir d’une « réforme
générale » n’était pas né du jour au lendemain, mais s’était manifesté dans
l’action des papes qui s’étaient succédé depuis le début du XXe siècle, en
accord avec les revendications du Mouvement liturgique. L’affirmation selon
laquelle les fidèles ne devaient pas assister aux célébrations « comme des
étrangers ou des spectateurs muets » avait déjà été reprise par la Constitution
apostolique Divini Cultus de Pie XI. On peut en outre rappeler les
interventions de Pie XII sur l’organisation des rites de la Semaine Sainte,
qu’il a replacés aux heures correspondant aux événements pascaux, après qu’ils
avaient été avancés pendant des siècles aux heures du matin. Il ne faut pas non
plus oublier que saint Jean XXIII a jugé nécessaire une simplification des
rubriques du Bréviaire et du Missel, qu’il a approuvée par le Motu proprio
Rubricarum instructum, du 25 juillet 1960, dans lequel il renvoyait au Concile
œcuménique annoncé la proposition des principes fondamentaux pour une réforme
de la liturgie.
La réforme liturgique promue par le
Concile Vatican II s’inscrit donc dans le sillage de la tradition vivante de
l’Église. Sa juste compréhension permet également de rejeter les abus qui se
sont produits dans certains secteurs de l’Église au cours de la période
postconciliaire, et qui, malheureusement, se produisent encore parfois
aujourd’hui, en absolutisant ou en interprétant de manière erronée certains des
principes qui étaient à la base de la réforme elle-même. À cet égard, il
convient de rappeler que la Constitution conciliaire affirme que « les actions
liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église,
qui est “le sacrement de l’unité”, c’està-dire le peuple saint rassemblé et
ordonné sous la conduite des évêques. C’est pourquoi ces actions appartiennent
à l’ensemble du corps de l’Église, elles le manifestent et l’impliquent »
(Sacrosanctum Concilium, n° 26).
Il incombe donc en premier lieu aux
pasteurs, aux évêques, mais aussi à chaque prêtre, de préserver et de
promouvoir une liturgie qui, dans le respect des normes liturgiques,
resplendisse par sa noble simplicité (cf. n° 34) et manifeste ainsi l’Église une,
sainte, catholique et apostolique. Une telle liturgie sera également un vecteur
fondamental d’évangélisation, l’instrument de grâce par lequel, comme
l’enseigne le Concile, nous pourrons apprendre à nous offrir nous-mêmes et, par
la médiation du Christ, nous serons consommés dans l’unité avec Dieu et entre
nous (cf. n° 48).
Pape Léon XIV
Copyright © Dicastère pour la Communication - Libreria Editrice Vaticana
[1]
G. B. Montini,
«Terza lettera dal Concilio», Rivista Diocesana Milanese 51 (1962) 921-923:
922.
[2]
Ibid.
[3]
Solenne
Chiusura della II Sessione del Concilio, Allocuzione del Santo Padre Paolo VI
(4 dicembre 1963).

POURQUOI AVOIR RÉFORMÉ LA LITURGIE
par Gilles Drouin
En partenariat avec la
revue “Magnificat”, le père Gilles Drouin présente la huitième et dernière
catéchèse de Léon XIV sur la constitution du concile Vatican II sur la sainte
liturgie, prononcée le 26 août. Le Pape revient sur la grande ambition de la réforme
liturgique : la participation consciente et active des fidèles au sacrifice du
Christ.
Cette ultime catéchèse du pape Léon XIV donnée ce
mercredi 26 août sur la Constitution sur la sainte liturgie a un statut un peu
particulier. Contrairement aux autres qui, grosso modo, suivaient le fil du
texte de la Constitution, cette catéchèse essaie de répondre à une question que
le Pape lui-même pose : pourquoi les pères conciliaires ont-ils souhaité, après
le concile, engager une réforme générale de la liturgie ? Léon XIV ne le
précise pas, mais il est bon de le rappeler : la Constitution sur la sainte
liturgie Sacrosanctum Concilium a été
votée à la quasi-unanimité des Pères conciliaires (même Mgr Lefebvre, qui
siégeait au concile, a voté en sa faveur).
Le chemin de la réforme
Dans cette catéchèse, le Pape reprend des déclarations de
la plupart de ses prédécesseurs du XXe siècle pour montrer comment ils ont
accompagné et fait leurs les principales intuitions du Mouvement liturgique, ce
grand mouvement à caractère théologique et pastoral qui visait à faire ou à
refaire de la liturgie la source de la vie spirituelle du peuple chrétien. Ce
faisant Léon XIV souhaite montrer comment la tradition de l'Église, exprimée
par les pontifes successifs de ce siècle, avait souhaité que la liturgie
s'engage sur un chemin de réforme.
La première citation est celle du cardinal Montini, le
futur Paul VI alors archevêque de Milan, qui, s'adressant à ses fidèles et à
ses prêtres, précise que la liturgie ne peut pas renoncer à sa fonction
didactique, c'est-à-dire qu'elle ne peut pas ne pas être comprise et que les
fidèles ne peuvent plus être "passifs et muets". Le pape Léon XIV
fait le lien entre cette expression et une expression reprise du numéro 48 de
la
Constitution sur la sainte liturgie : "spectateurs
étrangers et muets".
Cette formule est elle-même reprise de Pie XI, ce qui
montre la continuité !
Formés par la Parole
Reprenons ce numéro 48 de Sacrosanctum Concilium. Le Pape le cite dans son intégralité car
c'est un numéro fondamental pour comprendre en particulier ce qu'est "la
participation active" : "Aussi l'Église se soucie-t-elle d'obtenir
que les fidèles n'assistent pas à ce mystère de la foi" — l’Eucharistie —
"comme des spectateurs étrangers et
muets" — voilà l’expression de Pie XI et du cardinal Montini –
"mais que le comprenant bien dans ses rites et ses prières" — nous
avons besoin de comprendre, la liturgie n'est pas simplement intellectuelle,
elle comporte une dimension de compréhension — "ils participent de façon
consciente, pieuse et active à l'action sacrée" — ce n'est pas une
participation extérieure, c'est une participation à l'action, et n'oublions pas
que c'est le Christ qui agit. Autrement dit, les fidèles participent à l'action
salvifique du Christ.
Puis le numéro 48 détaille les composantes de cette
participation active : que les fidèles "soient formés par la parole de
Dieu" : la parole de Dieu, qui a un rôle très important dans le concile
Vatican II et dans la réforme liturgique, forme les fidèles. Mais ce n'est pas
une formation intellectuelle. Je prends souvent l'image d'une forme, de celles
qu'on met dans une chaussure, qui nous modèle intérieurement, qui nous fait
passer de l'informe où nous sommes vers la conformité à l'image de Dieu. Nous
sommes dans une situation de difformité — je fais ici référence à saint
Augustin — et la parole de Dieu nous amène à nous conformer à l'image de Dieu à
laquelle nous sommes créés.
S’offrir soi-même
"Ils se restaurent" — toujours les fidèles —
"à la table du corps du Seigneur" — c’est la communion –,
"rendent grâce à Dieu" — c’est la participation à la prière
eucharistique. Nous n'écoutons pas simplement, nous rendons grâce avec le
prêtre. Et puis, "qu'offrant la victime sans tache" — c'est le
Christ, toujours dans l'Eucharistie — "non seulement par les mains du
prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent à s'offrir
eux-mêmes". En participant à la messe, en se laissant former par la prière
eucharistique, nous entrons dans le mouvement de don de soi qui est celui du
Christ afin que, de jour en jour, les fidèles "soient consommés par la
médiation du Christ dans l'unité avec Dieu et entre eux". La finalité,
l'horizon de la liturgie eucharistique et de la participation à la liturgie,
c'est une union totale entre les fidèles d’une part, et entre les fidèles et le
Christ d’autre part
— dimension horizontale et verticale. Avec ce
numéro 48 de Sacrosanctum Concilium, nous comprenons un peu mieux ce qu'est en
vérité la participation active.
Part immuable et part variable
Puis le Pape cite son prédécesseur Pie XII qui, dans sa
grande encyclique liturgique, Médiator
Dei, distinguait dans la liturgie la part immuable d'institution divine,
par exemple dans la messe le faites de
ceci en mémoire de moi, c'est-à-dire le fait de reprendre ce que le Christ
a fait au cours de son dernier repas, et les parties sujettes à changement qui
peuvent varier au cours des âges. Dans la liturgie, il y a des parties qui ont
varié et qui peuvent continuer à varier, à s'adapter dans le temps et dans
l'espace. Dans le temps, ce sont des variations au cours des âges, et dans
l'espace parce qu'il y a plusieurs rites : le rite latin, le rite byzantin, le
rite copte… Au sein de l'Église catholique ellemême, il y a une pluralité de
rites.
Léon XIV fait ensuite référence à un autre pontife
important du XXe siècle, Jean XXIII, qui, avant le concile, a demandé que le
bréviaire et le missel soient simplifiés. En citant ces papes successifs, le
pape Léon XIV nous dit que la liturgie est inscrite dans le long fleuve de la
tradition vivante. Le Pape actuel ne prend pas l’image du long fleuve, mais
c'est une image qu’aimait utiliser le pape Benoît XVI. On pourrait dire que la
liturgie traditionnelle, c'est la liturgie de Paul VI puisqu’elle est la liturgie
de la tradition vivante de l'Église, sanctionnée par un acte majeur du
Magistère, une liturgie qui a été voulue par un concile œcuménique, et
promulguée par un pape, Paul VI.
La liturgie est évangélisatrice
Le Pape actuel poursuit en évoquant les abus qui ont pu
se produire dans la mise en œuvre de cette réforme liturgique, en appelant les
évêques et les prêtres à veiller à sa mise en œuvre dans une noble simplicité.
Cette notion, la noble simplicité, évoquée pour les
textes
des chants liturgiques lors de la précédente catéchèse, est évoquée à nouveau
par le Pape, cette fois pour l'ensemble de la liturgie.
Léon
XIV termine en affirmant que, si elle est célébrée ainsi, la liturgie
nourrira nourrira la vie spirituelle des fidèles. Elle sera aussi un vecteur
fondamental d'évangélisation, car la liturgie est évangélisatrice. Quand nous
lisons les lettres des catéchumènes qui demandent les sacrements de
l'initiation chrétienne à l'évêque, on constate que très souvent, le point de
départ de leur rencontre avec le Christ a été la liturgie.
Gilles DrouinPrêtre du diocèse d’Evry, vicaire général du diocèse, professeur honoraire à l'Institut supérieur de liturgie de l'Institut catholique de Paris, ancien directeur du même Institut, auteur notamment (dir.) de Liturgie de pèlerinage et Piété populaire (Salvator, 2018)
Prier avec le Pape
PRIER AVEC LE PAPE
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - SEPTEMBRE 2026
« Pour la protection de l’eau »
Cliquez sur l'illustration pour avoir accès à la vidéo
(n’oubliez pas d’activer les sous-titres en français)
Tu nous as donné le don de l’eau,
source de fécondité, de fraîcheur et d’espérance.
Elle étanche la soif, féconde la terre et guérit les blessures.
Nous te rendons grâce
car elle est aussi le symbole de ta grâce et de ton amour,
qui nous renouvelle par le Baptême.
Aujourd’hui, nous te demandons d’apprendre à la préserver
avec gratitude, justice et responsabilité.
Pardonne-nous de l’avoir transformée en marchandise,
oubliant qu’elle est un don universel,
un droit sans frontières destiné à tous tes enfants.
Nous voyons avec douleur tant de frères et sœ urs
privés d’eau potable,
parcourant des kilomètres pour en trouver,
et tombant malades par manque d’accès.
Que ton Esprit fasse de nous des pèlerins de l’essentiel,
capables de vivre avec sobriété,
de dénoncer le gaspillage et la pollution,
et de défendre le droit de chacun
à boire sans crainte, sans inégalité.
Que notre soin de l’eau
soit un signe d’amour pour le Créateur
et un engagement envers la vie des plus pauvres,
en éduquant les nouvelles générations
à la valoriser et à la protéger.
Amen.

Beaucoup, dans l’Eglise mais pas uniquement, encouragent à lire la première Encyclique du Pape Léon XIV (voir aussi notre rubrique « Lecture du soir… Lecture du matin… »). C’est pourquoi nous allons la publier petit à petit dans notre Chronique. Bonne lecture !

Chapitre 3
Technique et maîtrise
La grandeur de la personne humaine face
aux promesses de l’IA
90.
Après avoir rappelé les principes qui éclairent la Doctrine sociale, je
souhaite me pencher sur certains défis qui touchent de près notre manière de
vivre notre époque. L’image biblique qui accompagne ces pages est celle d’une
construction : d’un côté, la tour de Babel où l’œuvre commune est guidée par un
projet de domination qui finit par déshumaniser (cf. Gn 11, 1-9) ; de l’autre, les ruines de Jérusalem qui, sous
Néhémie, sont reconstruites pierre par pierre, comme une œuvre de
responsabilité partagée (cf. Ne 2-6).
Nous sommes appelés à nous interroger sur le grand chantier de notre époque :
que sommes-nous en train de construire ? Alors que le développement
technologique modifie rapidement les langages, les relations, les institutions
et les formes de pouvoir, nous, croyants, devons et pouvons choisir à quel
projet travailler et avec quel style pour préserver et valoriser la magnifique
humanité qui nous est offerte en don. Il ne s’agit pas d’un choix concernant
notre avenir, mais notre présent, car l’intelligence artificielle et les autres
technologies émergentes font déjà partie de notre quotidien.
91.
Je suis convaincu que la manière concrète de vivre les relations sociales à la
lumière de l’Évangile n’est pas fixée une fois pour toutes, mais qu’elle reste
une tâche confiée, de génération en génération, à la communauté chrétienne.
Sous la conduite de l’Esprit Saint, l’Église se laisse éclairer par la Parole,
afin de lire les signes des temps et de rechercher avec créativité de nouvelles
voies pour que les relations entre les personnes et les peuples deviennent plus
conformes aux exigences du Royaume de Dieu. [118] C’est pourquoi j’encourage
tout le monde, en particulier les fidèles laïcs, à ne pas avoir peur de se
laisser interpeller par la réalité, à s’écouter mutuellement et à assumer avec
fermeté leur responsabilité dans la construction d’une société plus humaine et
plus fraternelle.
Le paradigme
technocratique et le pouvoir numérique
92.
Dans
l’Encyclique Laudato si’, le Pape
François dénonçait l’affirmation croissante d’un paradigme technocratique [119]
dans le monde globalisé : la tendance à laisser la logique de l’efficacité, du
contrôle et du profit régir à elle seule les choix personnels, sociaux et
économiques. Il apparaît ainsi plus clairement que la technique n’est pas un
simple instrument et que, lorsqu’elle devient un critère, elle finit par
déterminer ce qui compte et ce qui peut être écarté, réduisant la création à un
objet d’exploitation et les personnes à des rouages d’un système qu’il faut
rendre toujours plus performant.
93.
Ce
paradigme s’est rapidement étendu ces dernières années, notamment sous l’effet
de la diffusion de l’intelligence artificielle, des sciences cognitives, de la
nanotechnologie, de la robotique et de la biotechnologie. En soi, ces
innovations peuvent devenir une aide précieuse pour le développement humain
intégral et pour la sauvegarde de notre Maison commune. Mais, précisément en
raison de leur puissance, elles peuvent agir comme un accélérateur du paradigme
technocratique et nécessitent un nouveau cadre spirituel, éthique et politique.
Plus puissant ne signifie pas nécessairement meilleur. En ce sens, les paroles
de Romano Guardini restent d’actualité : « L’homme moderne n’a pas reçu
l’éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir ». [120]
94.
Le
danger que l’humanité devienne victime de ses propres conquêtes avait déjà été
clairement perçu par saint Paul VI, lorsqu’il avertissait que « les progrès
scientifiques les plus extraordinaires, les prouesses techniques les plus
étonnantes, la croissance économique la plus prodigieuse, si elles ne
s’accompagnent d’un authentique progrès social et moral, se retournent en
définitive contre l’homme ». [121] C’est pourquoi le progrès technique,
précieux en soi, exige un discernement quant à la vision anthropologique qui le
guide et aux fins qu’il poursuit. Si le développement technologique se poursuit
sans une maturation éthique et sociale adéquate, il peut arriver que les moyens
augmentent sans que l’humanité ne croisse dans la même mesure : on “a plus” mais
on “n’est pas plus”, et la personne risque d’être évaluée avant tout en
fonction des performances qu’elle garantit. [122]
95.
Il
convient ici de reconnaître un fait déterminant, que j’ai déjà rappelé
précédemment : dans de nombreux cas, dans le contexte numérique, le contrôle
des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul
n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et
technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’accès, les règles
de visibilité et les possibilités de participation. Lorsqu’un pouvoir d’une
telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à
échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé
qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des
inégalités.
96.
Face
à cette concentration du pouvoir dans le monde numérique, les grands principes
de la Doctrine sociale deviennent des critères pour évaluer et discerner ce
nouveau scénario : la dignité inaliénable de la personne, le bien commun, la
destination universelle des biens, la subsidiarité, la solidarité et la justice
sociale. Ils nous invitent à vérifier si le pouvoir des infrastructures
numériques et des algorithmes favorise réellement la participation et la
responsabilité, protège les plus fragiles, assure un accès équitable aux
opportunités et reste ordonné au bien de tous. Sur ces prémisses, nous pouvons
désormais examiner de plus près ce qu’est l’intelligence artificielle, à
quelles possibilités elle ouvre et quels risques elle comporte.
L’intelligence artificielle
97.
Ce
n’est pas mon intention de proposer ici une analyse sur l’intelligence
artificielle, ni de s’attarder sur une bibliographie désormais très abondante ;
il existe déjà des contributions faisant autorité, y compris dans le domaine
ecclésial, auxquelles il est possible de se référer. [123] Je me limiterai à
rappeler quelques éléments essentiels pour un discernement moral et social qui
préserve le primat de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence
humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques
et en établisse avec responsabilité l’usage et les limites.
98.
Il
convient de formuler deux remarques préliminaires : la première est que toute
affirmation concernant l’IA risque de devenir rapidement obsolète, compte tenu
de la vitesse impressionnante à laquelle ces systèmes évoluent. La seconde est
que nous tous, y compris ceux qui les conçoivent, en savons peu sur leur
fonctionnement réel. Les intelligences artificielles modernes sont en effet
davantage “cultivées ” que “construites” : les développeurs n’en conçoivent pas
directement chaque détail, mais créent une architecture sur laquelle l’IA “se
développe”. En conséquence, des aspects scientifiques fondamentaux – tels que
les représentations internes et les processus computationnels de ces systèmes –
restent pour l’instant inconnus. Il en résulte donc l’urgence d’un double
engagement : d’une part, un approfondissement de la recherche scientifique ;
d’autre part, un exercice de discernement moral et spirituel.
99.
Il
n’est pas possible de donner une définition univoque et complète de l’IA. Ce
que nous pouvons affirmer, c’est qu’il faut éviter l’erreur consistant à
assimiler cette intelligence à l’intelligence humaine. Ces systèmes imitent
certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent
souvent en termes de vitesse et d’ampleur de calcul, offrant des avantages
concrets dans de nombreux domaines. Et pourtant, cette puissance reste
exclusivement liée au traitement des données : les prétendues intelligences
artificielles ne vivent pas d’expérience, ne possèdent pas de corps, ne
connaissent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne
savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la
responsabilité. Elles n’ont pas de conscience morale : elles ne jugent pas le
bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas
le poids des conséquences. Elles peuvent imiter des langages, des
comportements, des évaluations, elles peuvent simuler de l’empathie ou de la
compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles
n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel
l’humain devient sage. Même lorsque ces outils sont présentés comme capables
d’“apprendre”, leur manière de le faire diffère de celle de l’être humain. Il
ne s’agit pas de l’expérience de celui qui se laisse façonner par la vie et
grandit au fil du temps à travers ses choix, ses erreurs, le pardon et la
fidélité ; il s’agit plutôt d’une adaptation statistique à partir de données et
de résultats qui peut s’avérer très efficace, mais qui n’implique pas de
croissance intérieure. (A suivre)
[119]
Cf. François, Lett. enc. Laudato si’ (24 mai 2015), nn.
106-109 : AAS 107 (2015), pp. 889-891.
[120]
R. Guardini, Das Ende der Neuzeit, Würzburg 1965, p. 87
(édition française : La fin des temps modernes, Paris 1952, p. 92, par la suite
éd. fr.).
[121]
Saint Paul VI, Discours à l’occasion du 25e anniversaire
de la FAO (16 novembre 1970) : AAS 62 (1970), p. 833.
[122]
Cf. François, Discours aux membres du Conseil pour un
capitalisme inclusif (11 novembre 2019) : L’Osservatore Romano, 11-12 novembre
2019, p. 8.
[123]
Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour
la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025) : AAS 117
(2025), pp. 159-210 ; François, Message pour la 57e Journée Mondiale de la Paix
(8 décembre 2023) : AAS
116 (2024), pp. 54-64 ; Id., Message pour la 58e Journée
Mondiale des
Communications Sociales (24 janvier 2024) : AAS 116
(2024), pp. 261-266 ; Id., Discours à la Session du G7 sur l’intelligence
artificielle. “Un outil fascinant et redoutable” (14 juin 2024) : AAS 116
(2024), pp. 866.875 ; Commission Théologique Internationale, Quo vadis,
humanitas ? Réfléchir à l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios
sur l’avenir de l’humanité (9 février 2026) ; Message pour la 60e Journée
Mondiale des Communications Sociales (24 janvier 2026) : L’Osservatore Romano,
24 janvier 2026, pp. 2-3.

Parole de Mgr Frédéric Rossignol


Chers frères et sœurs,
Traditionnellement, le mois de septembre est pour beaucoup d’entre nous le temps de la reprise. Certains ont eu comme moi la joie de vivre un été assez différent du quotidien, avec des temps de vacances et des rencontres dans un cadre différent de celui qui fait le quotidien. Reprendre le rythme habituel est en soi positif mais se retrouver à nouveau pris par la routine et les responsabilités qui nous incombent peut susciter des inquiétudes, un véritable stress ou nous sembler peu excitant. Dans une société des loisirs et du divertissement, ce qui fait l’essentiel de notre vie, la simplicité du quotidien, peut nous paraitre dénoué de sens. Et pourtant ! C’est dans le quotidien que Dieu nous appelle à vivre la vocation exigeante qu’est la nôtre, celle de devenir des saints. Le pape François nous y encourageait dans sa lettre Gaudete et exultate [1] (Réjouissez-vous et exultez) que je voudrais parcourir avec vous.
Tout d’abord, le pape nous rappelle quelque chose d’essentiel mais qui n’a rien d’évident en soi, celui que nous sommes appelés au bonheur, mais que ce bonheur ne se construit pas sans exigences. Loin d’une vie zen, sans préoccupations, sans responsabilités, soyons heureux de donner notre vie et interrogeons-nous d’abord sur ces deux éléments de notre vie : Ma vie est-elle de fait une vie de sacrifices pour les autres et suis-je heureux de donner ma vie pour les autres ? « Chacun doit donner ce qu'il a décidé dans son cœur, sans tristesse et sans être forcé. En effet, Dieu aime celui qui donne avec joie », écrit saint Pau
dans sa Lettre aux Corinthiens (2 Cor 9, 7). Cette phrase est intéressante parce qu’elle souligne deux choses : d’abord que se donner pour les autres est une décision. Elle met en jeu notre volonté. D’autre part, il nous est demandé de le faire sans tristesse, sans être forcé mais avec joie ! Quel défi ! Pourtant, nous sommes souvent acculés à prendre des décisions qui impliquent un vrai sacrifice mais étant forcés de le faire, nous nous sentons floués par les contraintes qui sont les nôtres. Comment alors trouver sa joie dans la contrainte ? Le pape François nous dit d’emblée que pour vivre notre vie comme un chemin de sainteté, il nous faut d’abord regarder les exemples des gens qui vivent saintement, que ce soit ceux de notre entourage ou les modèles que nous offre l’Église.
« J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante. » (GE 7)
Il y a en effet autour de nous une multitude de gens qui vivent des sacrifices semblables aux nôtres ou parfois bien plus lourds et qui affrontent avec courage, sérénité et joie leurs épreuves. Les regarder vivre, nous abreuver de leur enthousiasme et de leur sagesse et générosité nous aide à vivre nos propres défis avec un esprit semblable au leur. Le pape précise quelque chose d’important : se laisser inspirer par les autres ne veut pas dire copier à la lettre leur manière d’être. Nous sommes chacun uniques, nous avons nos capacités, nos limites, notre histoire et un chemin de sainteté qui nous est propre. Lorsque je suis devenu évêque, Mgr Terlinden, qui m’a ordonné et qui est un ami de longue date, m’a donné ce précieux conseil : « Sois toi-même ». Il ne s’agit donc pas de suivre un idéal inaccessible ni de nous comparer aux autres, deux écueils dans lesquels nous tombons si souvent !
Le deuxième pas dans chemin vers la sainteté, c’est celui de vivre les choses avec foi et dans le désir de mettre nos pas dans ceux du Christ. Il s’agit de vivre les évènements de notre vie dans un dialogue constant avec le Seigneur et dans la joie de passer par des épreuves semblables aux siennes. C’est ce regard de foi qui donne tout son sens à notre vie sur terre. Pour vivre les choses avec foi, nous ne pouvons évidemment pas rester passifs et invoquer « la fatalité de notre vie ». Dieu nous a donné l’intelligence et la volonté pour poser des choix. Il nous faut donc discerner ce que Dieu attend de nous et le mettre en pratique, tout en sachant que tout est grâce. Dans nos succès, nous remercions le Seigneur pour la force qu’Il nous donne de faire sa volonté. Dans nos échecs, nous reconnaissons humblement que nous sommes encore et toujours en chemin et nous remercions Dieu pour sa patience et sa miséricorde ! L’important nous rappelle le pape n’est pas d’être des gens parfaitement cohérents en toute chose, mais d’être réellement en chemin.
« Tout ce que dit un saint n’est pas forcément fidèle à l’Évangile, tout ce qu’il fait n’est pas nécessairement authentique et parfait. Ce qu’il faut considérer, c’est l’ensemble de sa vie, tout son cheminement de sanctification, cette figure qui reflète quelque chose de Jésus-Christ et qui se révèle quand on parvient à percevoir le sens de la totalité de sa personne. » (GE 22)
En ce début d’année pastorale, je vous remercie pour la sainteté de vos vies qui me réjouit et me porte dans mon propre chemin. Je prie pour vous, pour votre générosité et votre engagement au quotidien et je vous remercie de continuer à me porter par votre prière et votre amitié. Les défis qui nous attendent ne sont pas minces mais c’est le Seigneur qui mène la barque, alors nous savons qu’il nous mènera au bon port !
Votre frère et pasteur,
+ Frédéric Rossignol

Un mot du Curé…



Si
l’automne « météorologique » commence le 1er septembre
(selon
un accord international de l’Organisation Météorologique Mondiale), le début de
l’automne « astronomique », lui, est variable car il dépend de la position de
la Terre par rapport au Soleil et notamment de l’équinoxe, moment où la durée
du jour est quasi équivalente à la durée de la nuit partout sur la Terre.
Cette
année, l’équinoxe d’automne (début de l’automne astronomique), aussi appelé
calendaire, aura lieu le 23 septembre à 02h05 (heure de Paris-Bruxelles) ;
petit à petit, l’automne va alors s’installer avec ses couleurs chaudes, son
petit vent frisquet le matin, ses brouillards, sa nostalgie aussi… Les Poètes se sont souvent emparés de cette
saison pour en rédiger leurs plus belles strophes, parfois baignées du spleen, cette mélancolie chère à Charles
Baudelaire (1821-1867). L’un de ces poèmes est « Chanson d’automne » de Paul Verlaine (1844-1896), dans son premier
recueil intitulé Poèmes saturniens (1866),
un poème célèbre pour sa reprise dans les milieux de la Résistance au cours du
Second Conflit Mondial :
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent
mon cœur
D’une langueur Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Mutatis mutandis, je me dis parfois que l’Eglise, elle aussi, est entrée en automne…
Il y en a qui regrettent son été aux églises remplies de fidèles le dimanche,
et aux processions déambulant dans les rues de toutes nos cités… D’autres
craignent son hiver : demain, que sera-t-elle, notre Eglise ? existera-t-elle
encore ? La Mère Nature nous invite
peut-être à la bonne attitude : elle nous rappelle que nous sommes en automne,
et que cette saison n’est pas morose et terne ; au contraire, des couleurs
chaudes la parent de reflets cuivrés et dorés. Oui, l’automne a sa beauté comme
chacune des autres saisons, sa nécessité aussi… L’été est fini, il ne sert de
rien d’y rêver : garder quelques bons souvenirs bien sûr, comme lorsque l’on
regarde les photos des dernières vacances avec les enfants, ou celles des
champs de blé que l’on moissonne sous le soleil… L’hiver, lui, n’est pas encore
là ; l’imaginer sera toujours un peu se tromper : la neige sera-t-elle au
rendez-vous ? Oui ? Non ? Peut-être ?... Et ses gelées qui figent tout au petit
matin ?... On peut en discuter à l’infini, mais c’est oublier que Mère Nature
nous réserve souvent des surprises….
Il
en est un peu de même dans l’Eglise… Il est bon de faire mémoire du printemps
et de l’été bien sûr, de se souvenir de tout ce que ces saisons ont permis de
réaliser : le printemps du souffle nouveau du Concile Vatican II, sa mise en
œuvre dans nos diocèses et paroisses… Plus près de nous, l’été de la synodalité
redécouverte et vécue dans l’Eglise universelle, dans notre diocèse et dans nos
unités pastorales… Plus près de nous encore, les belles célébrations vécues ces
derniers mois (baptêmes, mariages, communions, confirmations…), et les beaux
gestes de solidarité concrète réalisés jour après jour par tant d’associations
(St Vincent, Foi & Lumière…) sans oublier l’annonce de l’Evangile dans les
divers lieux de catéchèse et dans l’enseignement du cours de religion… Oui, il
est bon de faire mémoire, non pas pour transformer
les souvenirs en regrets,
mais bien plutôt pour se réjouir de tout ce qui a été semé et parfois, récolté…
Faut-il se préoccuper de son hiver ? Pour en dire quoi ? On peut émettre des
suppositions, on peut dessiner des tableaux plus ou moins gris, on peut
imaginer brouillards ou gelées… mais ce ne sera jamais que de l’imagination et
on sait que l’Esprit souffle où il veut et, plus encore que Mère Nature, il
peut nous réserver bien des surprises… Alors, le mieux n’est-il pas
aujourd’hui, comme Mère Nature nous y invite en cette saison, de laisser vivre
le bel automne de l’Eglise ?...
les souvenirs en regrets,
mais bien plutôt pour se réjouir de tout ce qui a été semé et parfois, récolté…
Faut-il se préoccuper de son hiver ? Pour en dire quoi ? On peut émettre des
suppositions, on peut dessiner des tableaux plus ou moins gris, on peut
imaginer brouillards ou gelées… mais ce ne sera jamais que de l’imagination et
on sait que l’Esprit souffle où il veut et, plus encore que Mère Nature, il
peut nous réserver bien des surprises… Alors, le mieux n’est-il pas
aujourd’hui, comme Mère Nature nous y invite en cette saison, de laisser vivre
le bel automne de l’Eglise ?... Car
l’automne est d’abord cette belle saison
des récoltes : maïs, betteraves, carottes,
pommes, poires, sans oublier les vendanges du raisin…
Dans
l’Eglise aussi, il y a de beaux champs à
récolter et on en découvre chaque jour lorsque des parents viennent
demander le baptême pour leur enfant « parce
que nous aussi, nous avons reçu le baptême et nous voudrions que notre enfant
le reçoive comme nous… » ; lorsqu’un couple vient demander le sacrement de Mariage
: « on fait peut-être les choses à
l’envers puisqu’on a déjà un bébé, mais c’est important pour nous de passer à
l’église pour demander la bénédiction de notre amour… » ; lorsqu’une
personne qui était dans le « creux » comme on dit et qui a eu la chance de
rencontrer sur son chemin des baptisés qui ont travaillé avec elle pour sortir
de ce creux, vient vous dire : « aujourd’hui,
je suis bien, j’ai réussi à fonder une famille, j’ai trouvé un travail et je
peux maintenant assurer le bonheur des miens »… Des exemples comme ceux-là,
je pourrais en reprendre autant qu’il y a de fruits récoltés dans les vergers
et les champs de Mère Nature… Oui, dans l’Eglise, l’automne, c’est le temps des
récoltes aussi, et bien souvent, ce n’est pas nous qui avons semé, mais quelle
joie de récolter ce que d’autres ont semé avant nous… 



L’automne, c’est aussi préparer les
terres, les labourer, y
répandre la fumure, l’enfouir pour qu’elle nourrisse les sols et les prépare
aux prochains semis… Dans l’Eglise aussi, il faut déjà préparer les terrains de
demain : ainsi, la catéchèse vient de reprendre dans nos clochers, pour les enfants
et adolescents, les familles et tous les adultes… Quel magnifique défi que
celui-là ! Donner à tous ceux qui souhaitent faire un bout de chemin avec le
Christ Jésus l’occasion de découvrir le projet de bonheur qu’il
souhaite pour
chacun, chacune… Donner envie de découvrir ce Dieu d’amour et de compassion qui
est notre Dieu, pour que demain, ils puissent venir frapper à la porte de ceux
qui viendront après nous et, à leur tour, dire leur joie d’être chrétien et
leur souhait de transmettre cela dans le baptême de leurs enfants ou tel
service rendu auprès des plus petits… Nous aurons préparé la terre en cet automne et d’autres auront la joie de découvrir plus tard les fruits beaux et mûrs…
souhaite pour
chacun, chacune… Donner envie de découvrir ce Dieu d’amour et de compassion qui
est notre Dieu, pour que demain, ils puissent venir frapper à la porte de ceux
qui viendront après nous et, à leur tour, dire leur joie d’être chrétien et
leur souhait de transmettre cela dans le baptême de leurs enfants ou tel
service rendu auprès des plus petits… Nous aurons préparé la terre en cet automne et d’autres auront la joie de découvrir plus tard les fruits beaux et mûrs… Bien
sûr ! L’automne, c’est aussi la chute
des feuilles… Tout le monde se souvient sans doute de nos rédactions à
l’école primaire quand nous étions enfants : les feuilles qui virevoltent au
vent d’automne pour se déposer et former le grand tapis cuivré des feuilles
mortes… Il est nécessaire à Dame Nature d’ainsi se dépouiller. Durant l’été,
ses feuilles ont fait la parure des plus beaux chênes, mais elles ont fait leur
temps, et le chêne majestueux accepte de se dénuder ; ce dénuement lui permet
de reprendre des forces : le géant majestueux peut se reposer, et ses feuilles
viennent nourrir ses racines dans cet humus qu’elles formeront à son pied et
qui le protégera durant l’hiver…
Ce dénuement, c’est la condition de la survie
du chêne ou du rosier. Dans l’Eglise aussi, il nous faut accepter que les
feuilles mortes tombent et cela est aussi la condition de sa survie… Cela ne
veut pas dire que ce qui a brillé hier était mauvais et qu’il faut s’en
débarrasser ; non bien sûr ! les roses ont été magnifiques sur le rosier du
jardin cet été, et le chêne dans le parc était si fier avec ses branches feuillues
qui lui permettaient de nous offrir son ombre rafraîchissante dans les chaleurs
de juillet et d’août. Mais, dans l’Eglise aussi, il faut
accepter que
ce qui a été beau hier doive aujourd’hui se détacher sous le vent de l’Esprit
et virevolter pour se déposer sur le tapis du souvenir et venir nourrir l’Arbre
de Vie de demain… Car demain, le grand chêne sera différent de celui de
cette année et le beau rosier du jardin aura ses fleurs disposées autrement sur
ses branches ; même, le gros hortensia verra parfois ses fleurs changer de
couleurs d’une année à l’autre… Comme dans l’Eglise, où doit tomber ce qui doit
tomber, pour que l’Arbre de la Croix puisse se parer de nouvelles feuilles, de
nouvelles fleurs, de nouvelles couleurs d’Evangile…
Ce dénuement, c’est la condition de la survie
du chêne ou du rosier. Dans l’Eglise aussi, il nous faut accepter que les
feuilles mortes tombent et cela est aussi la condition de sa survie… Cela ne
veut pas dire que ce qui a brillé hier était mauvais et qu’il faut s’en
débarrasser ; non bien sûr ! les roses ont été magnifiques sur le rosier du
jardin cet été, et le chêne dans le parc était si fier avec ses branches feuillues
qui lui permettaient de nous offrir son ombre rafraîchissante dans les chaleurs
de juillet et d’août. Mais, dans l’Eglise aussi, il faut
accepter que
ce qui a été beau hier doive aujourd’hui se détacher sous le vent de l’Esprit
et virevolter pour se déposer sur le tapis du souvenir et venir nourrir l’Arbre
de Vie de demain… Car demain, le grand chêne sera différent de celui de
cette année et le beau rosier du jardin aura ses fleurs disposées autrement sur
ses branches ; même, le gros hortensia verra parfois ses fleurs changer de
couleurs d’une année à l’autre… Comme dans l’Eglise, où doit tomber ce qui doit
tomber, pour que l’Arbre de la Croix puisse se parer de nouvelles feuilles, de
nouvelles fleurs, de nouvelles couleurs d’Evangile…C’est la loi de la Vie…
Vous
voyez… L’automne dans lequel Dame Nature
nous fait entrer en ces jours de septembre peut nous aider à vivre plus
sereinement l’automne de notre Eglise. Il
nous invite à engranger les beaux fruits de l’été afin de nourrir notre
hiver ; il nous invite à ne pas baisser les bras mais, comme l’agriculteur, à
nous mettre doublement à l’ouvrage pour préparer les terres qui donneront
fruits à l’été prochain ; il nous invite à laisser nos « feuilles mortes » se
détacher pour que de nouveaux bourgeons puissent naître et apporter leurs
fleurs pour demain… Alors… bel automne à
vous !
Chanoine Patrick Willocq

Intentions de prière pour la semaine

+ Pour ton Eglise, Seigneur…
Ouvrier
de l’Evangile, que chacun se sache accueilli et aimé et qu’il annonce en
paroles et en actes la gratuité de ton amour pour tous… Nous te prions,
Seigneur !
+
Pour tous les peuples, mais aussi pour les responsables de la justice entre les
hommes… Que leurs efforts vers une plus grande équité soient féconds… Nous te
prions, Seigneur !
+
Pour notre communauté paroissiale ici rassemblée, pour les malades qui n’ont pu
nous rejoindre et pour ceux qui ont oublié ce rendez-vous du Dimanche… Que
chacun et tous ensemble nous vivions de ton amour et en témoignons chaque jour…
Nous te prions, Seigneur !
CONTACTS
M. le Chanoine Patrick Willocq, curéResponsable de l’Unité pastoraleCuré de tous les clochers de l’entité de LeuzeTour Saint-Pierre 157900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.030479/62.66.20M. le Diacre Jean-Marie BourgeoisPastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaireGrand-Rue 567900 Leuze-en-Hainaut0470/100 340M. le Diacre Michel HubletMise à jour du site internetAvenue de la Croix-Rouge 447900 Leuze-en-HainautRèglement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,Curé - Adresse : voir plus hautDélégué à la protection des données :Secrétaire général de la Conférence épiscopale belge -Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1, 1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -Mail : ce.belgica@interdio.beAutorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -Secrétariat décanalTour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.03Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen
Nous porterons dans notre prière ...
Baptêmes
- Le dimanche 25
octobre, à 10h00, en
l’église de Leuze : Matt Ferdin Hanot,
enfant de Lydie Hanot et Jason Ferdin.
Que ces enfants découvrent combien notre Dieu les aime comme ses propres enfants.
Mariages
- Le vendredi 25 septembre, à 15h00, en l’église de Thieulain : Kaori Eto et Joceran Moreau
- Le samedi 17 octobre, à 14h00, en l’église de Pipaix : Stéphanie Materne et Hugues Dubuisson
Que tous nos vœux de bonheur et notre prière accompagnent les nouveaux époux !
Funérailles
Monsieur Michel Noullez
demeurait à Leuze. La célébration des Funérailles a eu lieu en l’église de
Leuze le 19 septembre 2026.
Aux proches, nous redisons toute notre sympathie dans la foi et l’espérance de l’Evangile.
Dans notre Unité pastorale…




Pour les familles… les jeunes… les enfants …
Dans notre Diocèse de Tournai…








Dans l’Église de Belgique…

La formation des nouveaux évêques se poursuit à Rome jusqu'à jeudi. Mgr Fabien Lejeusne et Mgr Frédéric Rossignol, ordonnés en décembre dernier pour Namur et Tournai, comptent parmi les 147 participants. Au programme: liturgie, abus, gestion de crise. Et, pour finir, une audience avec Léon XIV.
Ils sont 147, venus des cinq continents. Deux d'entre eux sont belges. Depuis le 2 septembre, Mgr Fabien Lejeusne, évêque de Namur, et Mgr Frédéric Rossignol, évêque de Tournai, suivent à Rome la formation des nouveaux évêques que le Saint-Siège organise chaque année. Selon nos informations, ils sont les seuls Belges de cette promotion.
Ce mardi matin, pour la fête de la Nativité de la Vierge Marie, les participants se sont retrouvés à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Le cardinal Baldassare Reina, vicaire général du pape pour le diocèse de Rome, y a présidé la messe. L'après-midi les ramenait à l'Université pontificale urbanienne, sur le Janicule, pour une session consacrée à la formation des prêtres.
Un rendez-vous annuel des nouveaux évêques à Rome
Le rendez-vous existe depuis 2000, à l'initiative de Jean-Paul II, et revient chaque septembre. Il s'adresse aux évêques ordonnés dans l'année écoulée. Les médias du Vatican le décrivent comme une sorte de mini-master: neuf jours de cours donnés par les chefs de dicastères de la curie romaine, entrecoupés de messes, de repas communs et de temps d'échange entre pasteurs venus de contextes qui n'ont souvent rien à voir entre eux.
La session se dédouble. Quarante-neuf évêques issus des territoires de mission suivent le parcours du Dicastère pour l’Évangélisation, intitulé cette année "Serviteurs de la communion dans l’Église". Les autres relèvent du Dicastère pour les Évêques, sur le thème "En Christ, gardiens de la Magnifica humanitas en période de transformation", une référence à l'encyclique de Léon XIV. C'est donc ce second parcours que Mgr Lejeusne et Mgr Rossignol suivent. Depuis 2024, les deux groupes se retrouvent malgré tout pour deux journées communes.
Une semaine de formation intense
Le programme tient de l'inventaire des chantiers ouverts. Le cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin, a ouvert le parcours; Mgr Vittorio Viola a enchaîné sur la liturgie. Le 4 septembre, l'après-midi entier est allé à la protection des mineurs et à la gestion des cas d'abus, avec Mgr Thibault Verny, président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs.
Le cardinal Pietro Parolin est intervenu sur la paix et l'action diplomatique du Saint-Siège. Le cardinal José Tolentino de Mendonça a traité des mutations culturelles, et le pénitencier majeur, le cardinal Angelo De Donatis, du for interne, le domaine de la conscience, dont relève notamment le secret de la confession.
Lundi, en session commune, le cardinal Michael Czerny a présenté
Magnifica humanitas aux 147 évêques réunis. L'après-midi, le cardinal Mario Grech, secrétaire général du synode des évêques, et le cardinal Roberto Repole, archevêque de Turin, ont abordé l'ecclésiologie synodale. Restent, mercredi, deux séances sur la gestion des crises dans le clergé et sur la responsabilité des Églises particulières en matière de protection des mineurs et des adultes vulnérables, avec le père jésuite Hans Zollner et Mgr Peter Beer, de l'Institut d'anthropologie de la Grégorienne.
Deux évêques belges qui connaissent déjà la ville sainte
Ni l'un ni l'autre ne débarque à Rome en terrain inconnu. Frédéric Rossignol y vivait encore l'an dernier: depuis juillet 2024, le spiritain était directeur spirituel de la communauté Poullart des Places, au Collège pontifical Saint-Paul. Il a quitté la ville pour son ordination, le 14 décembre, à la cathédrale Notre-Dame de Tournai. Fabien Lejeusne, lui, se trouvait à la maison générale des assomptionnistes quand la nonciature l'a convoqué. "Cela a été un petit choc", racontait-il alors. L'évêque de Namur avait d'ailleurs annoncé lui-même ce déplacement en juin, au moment de faire le bilan de ses six premiers mois. Depuis janvier, il est aussi l'évêque référent pour les jeunes en Belgique francophone, ainsi que pour les vocations et les paroisses universitaires: la séance de mardi après-midi sur la formation sacerdotale, confiée aux cardinaux Luis Antonio Tagle et Lazarus You Heung-sik, le concerne directement. Mgr Rossignol, de son côté, est référent pour les relations avec l'islam au sein de la conférence épiscopale.
Les deux hommes ont cinquante-deux ans, à trois mois près. Tous deux religieux, tous deux passés par la mission à l'étranger avant d'être rappelés au pays par Léon XIV en octobre dernier.
Une audience avec Léon XIV
Le parcours s'achève le 10 septembre. Les 147 évêques se retrouveront dans la basilique Saint-Pierre pour une messe présidée par le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique, suivie de la vénération des reliques de l'apôtre. Léon XIV les recevra ensuite en audience. C'est le point d'orgue annoncé de ces neuf jours.
L'an dernier, devant la promotion précédente, le pape avait insisté sur un point: "L'évêque est un serviteur, l'évêque est appelé à servir la foi du peuple." Il avait aussi énuméré ce qui attend les Églises locales, de la crise de la transmission de la foi aux guerres en cours.









