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Paroisse de Leuze-en-Hainaut

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UNITE PASTORALE DE LEUZE-EN-HAINAUT
Unité pastorale refondée
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Une Parole … Une Prière

DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR
« QUI EST CET HOMME ?... »


« Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers.
Alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : ‘Le Seigneur en a besoin’. Et aussitôt on les laissera partir. »
Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : « Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. »
Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »
Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 21, 1-11
Illustration : Pietro Lorenzetti, Arrivée du Christ à Jérusalem, 1320, fresque, Basilique de St François d’Assise, Assise

Méditation du Pape Léon XIV

PAPE LÉON XIV
Audience générale - Catéchèses
Place St-Pierre, Rome – 18mars 2026

LE CONCILE VATICAN II À TRAVERS SES DOCUMENTS (X)
II. LA CONSTITUTION DOGMATIQUE LUMEN GENTIUM
4. L’EGLISE, PEUPLE SACERDOTAL ET PROPHÉTIQUE
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Aujourd’hui, je voudrais m’attarder à nouveau sur le second chapitre de la Constitution conciliaire Lumen gentium (LG), consacré à l’Église comme peuple de Dieu.
Le peuple messianique (LG, 9) reçoit du Christ la participation à l’œuvre sacerdotale, prophétique et royale où s’accomplit sa mission salvifique. Les Pères conciliaires enseignent que le Seigneur Jésus a institué, par la nouvelle et éternelle Alliance, un royaume de prêtres, en constituant ses disciples en un « sacerdoce royal » (1 P 2, 9 ; cf. 1 P 2, 5 ; Ap 1, 6). Ce sacerdoce commun des fidèles est donné par le Baptême, qui nous rend capables d’adorer Dieu en esprit et en vérité et de « professer devant les hommes la foi que par l’Église ils ont reçue de Dieu » (LG, 11). De plus, par le sacrement de la Confirmation, tous les baptisés « sont liés plus parfaitement à l’Église, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et ainsi plus strictement obligés tout à la fois à répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ » (ibid.). Cette consécration est à la base de la mission commune qui unit les ministres ordonnés et les fidèles laïcs.
À ce sujet, le pape François faisait remarquer : « Regarder le peuple de Dieu signifie rappeler que nous faisons tous notre entrée dans l’Église en tant que laïcs. Le premier Sacrement, celui qui scelle pour toujours notre identité et dont nous devrions toujours être fiers, est le Baptême. À travers lui et avec l’onction de l’Esprit Saint, (les fidèles) « sont consacrés pour être une demeure spirituelle et un sacerdoce saint » (Lumen gentium, n. 10). Notre consécration première et fondamentale prend ses racines dans notre baptême» (Lettre au Président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, 19 mars 2016).
L’exercice du sacerdoce royal se réalise de multiples façons, toutes orientées vers notre sanctification, avant tout par la participation à l’offrande de l’Eucharistie. Par la prière, l’ascèse et la charité agissante, nous témoignons ainsi d’une vie renouvelée par la grâce de Dieu (cf. LG, 10). Comme le résume le Concile, « le caractère sacré et la structure organique de la communauté sacerdotale se réalisent par les sacrements et les vertus » (LG, 11).
Les Pères conciliaires enseignent ensuite que le peuple saint de Dieu participe également à la mission prophétique du Christ (cf. LG, 12). C’est dans ce contexte qu’ils introduisent le thème important du sens de la foi et du consensus des fidèles. La Commission Doctrinale du Concile précisait que ce sensus fidei « est comme une faculté de toute l’Église, grâce à laquelle elle reconnaît dans sa foi la révélation transmise, en distinguant le vrai du faux dans les questions de foi, et en même temps, elle y pénètre plus profondément et l’applique plus pleinement dans la vie » (cf. Acta Synodalia, III/1, 199). Le sens de la foi appartient donc aux fidèles non pas à titre individuel, mais en tant que membres du peuple de Dieu dans son ensemble.
Lumen gentium met l’accent sur ce dernier aspect et le relie à l’infaillibilité de l’Église, à laquelle est liée, en la servant, celle du Souverain Pontife. La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint-Esprit (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs, elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel (cf. LG, 12). L’Église, donc, en tant que communion des fidèles qui inclut évidemment les pasteurs, ne peut se tromper dans la foi : l’organe de cette propriété, fondé sur l’onction du Saint-Esprit, est le sens surnaturel de la foi de tout le peuple de Dieu, qui se manifeste dans le consentement des fidèles. De cette unité, que le Magistère ecclésial préserve, il découle que chaque baptisé est un sujet actif de l’évangélisation, appelé à rendre un témoignage cohérent du Christ selon le don prophétique que le Seigneur insuffle à toute son Église.
L'Esprit Saint, qui nous vient du Christ Ressuscité, dispense en effet « parmi les fidèles de tous ordres les grâces spéciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Église » (LG, 12). La vie consacrée, qui ne cesse de germer et de fleurir sous l’action de la grâce, offre une manifestation particulière de cette vitalité charismatique. Les formes d’association ecclésiales sont elles aussi un exemple lumineux de la variété et de la fécondité des fruits spirituels pour l’édification du Peuple de Dieu.
Très chers, réveillons en nous la conscience et la gratitude d’avoir reçu le don de faire partie du Peuple de Dieu ; ainsi que la responsabilité que cela implique.

Pape Léon XIV
( :Le Saint-Siège)
Copyright © Dicastère pour la Communication - Libreria Editrice Vaticana


Prier avec le Pape
PRIER AVEC LE PAPE
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - MARS 2026
« Pour le désarmement et la paix »


Pour le désarmement et la paix Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur de la Vie, toi qui as façonné chaque être humain
à ton image et ressemblance,
nous croyons que tu nous as créés pour la communion,
non pour la guerre,
pour la fraternité, non pour la destruction.
Toi qui as salué tes disciples en disant :
« La paix soit avec vous »,
accorde-nous le don de ta paix
et la force de la rendre réelle dans l’histoire.
Aujourd’hui, nous élevons notre prière
pour la paix dans le monde,
en suppliant que les nations renoncent aux armes
et choisissent le chemin du dialogue et de la diplomatie.

Désarme nos cœurs de la haine,
du ressentiment et de l’indifférence,
afin que nous devenions des instruments de réconciliation.
Aide-nous à comprendre que la véritable sécurité
ne naît pas du contrôle nourri par la peur,
mais de la confiance, de la justice
et de la solidarité entre les peuples.
Seigneur, éclaire les dirigeants des nations,
pour qu’ils aient le courage d’abandonner
les projets de mort,
d’arrêter la course aux armements
et de placer au centre la vie des plus vulnérables.
Que jamais plus la menace nucléaire ne conditionne
l’avenir de l’humanité.

Esprit Saint, fais de nous des bâtisseurs fidèles et créatifs
de paix quotidienne :
dans nos cœurs, nos familles,
nos communautés et nos villes.
Que chaque parole bienveillante,
chaque geste de réconciliation
et chaque choix de dialogue soient les semences
d’un monde nouveau.
Amen.



Parole de Mgr Frédéric Rossignol



La messe chrismale est un temps fort de la liturgie de l’année, qui passe souvent inaperçu pour bien des chrétiens, ayant lieu entre le lundi et le jeudi de la semaine sainte (le mardi dans le diocèse de Tournai). C’est pourtant un moment très significatif, puisque c’est au cours de cette célébration que l’évêque bénit ou consacre les saintes huiles qui serviront pour les baptêmes, les confirmations, les ordinations des prêtres et évêques et pour les malades. C’est également au cours de cette célébration que les prêtres renouvellent les promesses sacerdotales, c’est-à-dire leur engagement comme prêtre.
 
Alors que nous nous préparons à vivre la messe chrismale (le 31 mars dans la Basilique Saint-Christophe de Charleroi, à 18h), permettez-moi de souligner un des aspects de cette célébration, celui de l’importance de la prêtrise pour notre Église. Je me permets de le faire parce que l’heure est grave, mes chers amis, car nous n’avons plus de séminaristes (de futurs prêtres en formation !) au sein de notre diocèse, à l’exception d’un jeune en fin de formation, ordonné diacre il y a peu et qui sera prêtre à l’été prochain.
 
Beaucoup diront : « Nous en sommes bien conscients, mais qu’est-ce qu’on peut bien y faire ? » Je crois au contraire que nous pouvons « y faire », chacun à partir de son expérience de chrétien. Tout d’abord, il est bon de remercier Dieu pour les modèles de prêtres qui nous ont fait et nous font encore grandir dans la foi, et ils sont nombreux ! Comment ces prêtres nous inspirent-ils ? Certainement par leur vie de foi, par la manière dont ils célèbrent l’Eucharistie, en la vivant avec enthousiasme, avec profondeur, avec régularité. Ils sont là, que l’assemblée soit grande ou petite, qu’elle participe activement ou non, qu’elle chante merveilleusement ou poussivement… Ils nous accueillent en début de célébration, nous demandent comment nous allons. Ils préparent leurs homélies avec soin : elles sont concrètes, enthousiasmantes, elles nous apprennent de nouvelles choses sur la foi, elles sont touchantes de sincérité. Lorsqu’ils prononcent les paroles de la consécration et qu’ils nous donnent la communion, nous savons avec certitude et reconnaissance que Dieu se rend présent. Ces prêtres nous rappellent combien la sainteté d’une personne peut avoir tellement d’impact dans la vie d’une multitude de gens qui ont besoin de sentir que Dieu les aime.
 
Les prêtres nous interpellent aussi par leur esprit de sacrifice. Ils ont renoncé à une vie de famille, à des êtres chers qui leur disent qu’ils sont aimés de manière unique et préférentielle. Eux sont là pour tous, et renoncent donc à un amour exclusif. Les prêtres sont aussi des hommes de compassion. Ils écoutent les souffrances de leurs contemporains, dans le sacrement de la confession ou dans les confidences qui leur sont faites à d’autres moments, et Dieu sait si cela fait du bien d’être écouté avec bienveillance. Les prêtres cherchent aussi à créer le lien au sein des communautés chrétiennes. C’est un exercice difficile. Beaucoup de gens sont attachés à leurs habitudes, leurs privilèges, leur sensibilité. Travailler ensemble, se préoccuper des autres, ça n’est pas toujours naturel !
 
Mais certains diront : « Le problème, c’est que les prêtres que je vois, je ne veux pas en dire du mal, mais pour dire la vérité, ils sont loin d’être des modèles tels que vous les décrivez ! » Et oui, la prêtrise n’a rien de magique ! Comme toute vocation, elle s’inscrit dans un appel à grandir dans le don de soi, mais peut se transformer en un chemin de superficialité et d’égocentrisme, et comme pour nombre d’entre nous, beaucoup de prêtres ont des penchants édifiants et d’autres aspects de leur personnalité moins glorieux.
 
La première chose, si nous voulons retrouver des vocations, c’est donc de remercier Dieu et les prêtres pour leur vocation et de prier pour la conversion des prêtres qui s’égarent. La deuxième, c’est de montrer un amour profond et authentique pour les sacrements, en particulier pour l’Eucharistie et la confession. Allons à la messe avec un profond désir de recevoir le Christ dans son corps et son sang. Allons nous confesser avec un profond désir de nous réconcilier avec Dieu et d’entendre de la bouche du prêtre : « Et moi, je te pardonne tous tes péchés, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » La troisième démarche est de prier pour les vocations, de dire des chapelets, de supplier le Seigneur de nous envoyer des ouvriers pour sa moisson. La quatrième initiative à prendre est de parler de la vocation à la prêtrise dans les catéchèses, dans les célébrations, de demander aux prêtres d’en parler eux-mêmes,… La dernière initiative est de donner de l’argent pour la formation des prêtres. Former un prêtre, c’est au minimum sept ans d’études. Aujourd’hui, nous constatons un nouvel élan de jeunes qui demandent le baptême. Certes, beaucoup d’entre eux ont à faire un long chemin pour que la foi s’enracine au plus profond de leur vie, mais étant donné qu’ils découvrent la joie de suivre le Christ, nous pouvons et nous devons espérer que plusieurs d’entre eux découvriront un jour le Christ leur dire : « Ne veux-tu pas me suivre entièrement une vie donnée pour le service de l’Église ? J’ai besoin de prêtres, veux-tu en faire partie ? »
 
Restons dans la confiance, le Seigneur a fait des merveilles, il continuera d’en faire dans les générations à venir. Bonne fête chrismale à tous et… venez nombreux à la Basilique Saint-Christophe le 31 mars à 18h !



+ Frédéric Rossignol
Diocèse de Tournai
Un mot du Curé…
PÂQUES 2026

LE CŒUR DU TRIDUUM PASCAL :
LA DESCENTE DU CHRIST JÉSUS
DANS LES ENFERS DES HOMMES




Pour découvrir Pâques, savez-vous bien compter ?... Pour comprendre cette question étrange, suivons le chemin de l’Histoire…
1ère étape : Dans l’Antiquité chrétienne, le Triduum (= trois jours) pascal était défini comme le « Sacratissimum triduum Crucifixi, Sepulti et Ressuscitati » (St Augustin), le « très saint Triduum du Crucifié, du Déposé dans le tombeau, et du Ressuscité ». Ainsi, le Triduum pascal  
+ commençait le jeudi soir avec la « Messe de la Cène » jusqu’au vendredi soir avec l’« Office de la Passion » ; c’était le 1er jour, celui du Crucifixi (littéralement : celui qui est crucifié) ;  
+ puis du vendredi soir au samedi soir venait le 2ème jour, celui du Sepulti (littéralement : celui qui est déposé dans le tombeau) ;
+ enfin du samedi soir (Vigile pascale) au dimanche soir (Vêpres du Dimanche de Pâques), se déployait le 3ème jour, celui du Ressuscitati (littéralement : celui qui est ressuscité). Au centre du Triduum, on trouvait donc le moment du « Sepulti », du Christ déposé dans le tombeau (du vendredi soir après l’Office de la Passion au samedi soir avant la Vigile), ce moment où Jésus « descend aux enfers » pour entraîner l’Humanité avec lui, dans la Vie nouvelle.  
2ème étape : Quand, en 1566, St Pie V va interdire la célébration de la Messe en après-midi, la Messe de la Cène sera célébrée le jeudi matin. Cette décision aura pour conséquence que le Triduum commençait maintenant  
+ le jeudi matin, le 1er jour, qui sera appelé « Jeudi-Saint » ;  
+ puis se poursuivait le vendredi matin, le 2ème jour, soit le « Vendredi-Saint » : durant le Moyen Âge, l’Office de la Passion va être progressivement anticipé dans la journée et, au XVIème siècle, il est fixé au matin tandis que l’après-midi était réservé au Chemin de la Croix ;  
+ pour s’achever le samedi matin, le 3ème jour, le « SamediSaint » où l’on célébrait, la Vigile pascale… tôt le matin. Dans cette façon de concevoir le Triduum pascal, non seulement le Dimanche de Pâques en était exclu (un comble !), mais surtout le  centre du Triduum, le 2ème jour, n’était plus le samedi, mais bien le Vendredi-Saint et la commémoration de sa mort sur la Croix.
3ème étape : Avec la restauration de la Vigile pascale (1951, 1955), le Pape Pie XII permet à l’Eglise de retrouver le Triduum pascal dans sa forme antique :  
+ du jeudi soir au vendredi soir, venait le 1er jour, composé de la célébration de la Passion depuis la Messe de la Cène jusqu’à la Mise au tombeau comprise ;
+ du vendredi soir (après l’Office de la Passion) au samedi soir (avant la Grande Vigile),  le 2ème jour se déployait : le Christ Jésus descend dans les « enfers » des humains ;
+ du samedi soir (avec la Vigile) au dimanche soir, venait le 3ème jour où l’on chantait la Résurrection dans la nuit de Pâques jusqu’au Vêpres du Dimanche.
Non seulement le Dimanche de Pâques retrouvait sa place dans le Triduum, mais on retrouvait comme centre du Sacratissimum Triduum, le 2ème jour, ce moment où le Christ descend aux Enfers pour rejoindre et sauver l’Humanité.
Vous l’aurez compris : utiliser le bon vocabulaire est important : nos appellations « Jeudi Saint – Vendredi Saint – Samedi Saint » restent calquées sur la règlementation mise en place par St Pie V : elles centrent le Triduum sur la Croix du Vendredi et non sur le Tombeau du Samedi et elle exclut du Triduum le Dimanche de Pâques ; il me semble dommage que la nouvelle édition du Missel
Romain ait gardé ces appellations. Mais surtout, il me semble important de retrouver la spiritualité qui habite le silence du 2ème jour, le jour du Tombeau !
Malheureusement, nous n’aimons pas ce silence : nous sommes ainsi faits que nous aimons « faire des choses » ; alors, on s’active pour préparer dimanche des Rameaux, messe du jeudi soir, veillée pascale : sacristains, choristes, organistes, décoratrices, diacres, prêtres… s’affairent sans cesse… et le 2ème Jour du Triduum est souvent oublié… On fait des choses et on oublie de se laisser faire ! Oui, se laisser sauver par le Christ qui descend aux « Enfers » (voir le Symbole des Apôtres), c’est-à-dire qu’il vient rejoindre l’Humanité dans ses plus grandes fragilités, sa plus grande faiblesse, dans ses tourments… dans sa mort… et Dieu sait combien notre humanité aujourd’hui est fragilisée, blessée, tourmentée…
En fait, c’est quand l’Eglise se tait que Dieu fait tout… C’est durant ce « jour sans », ce jour de silence que le Christ vient accomplir le sommet du projet du Père : délivrer l’Humain des entraves du mal et de la mort… que le Christ vient tendre la main à chaque être humain qui l’accepte, pour l’emmener avec Lui, dans la Vie divine… que le Christ Jésus vient ouvrir à tout humain qui l’accepte, un chemin de Résurrection.  
Célébrer Pâques, c’est donc avoir foi en Jésus le Christ qui descend aujourd’hui comme hier aux
Enfers de nos vies pour ouvrir nos tombeaux et nous conduire vers la Vie… C’est cela qui se joue dans le silence du 2ème Jour Saint !
Laissons-le faire !... Laissons-nous ressusciter avec le Christ…
Chanoine Patrick Willocq




Intentions de prière pour la semaine

+ Pour l’Eglise : pour qu’elle soit présente à tous ceux qui souffrent, par Jésus-Christ, nous te prions, Père !
+ Pour les adultes, les jeunes et les enfants qui recevront les Sacrements de l’Initiation chrétienne durant la Nuit pascale : pour qu’ils entraînent tous les baptisés sur le chemin d’une foi vivante, par Jésus-Christ, nous te prions, Père !
+ Pour notre monde déchiré : pour que cessent toutes violences, guerres et injustices et que ton amour ouvre les yeux et touche les cœurs : par Jésus-Christ, nous te prions, Père !
+ Pour tous les souffrants : pour que ton amour les accompagne de ta tendresse et que ta présence éclairante soit aux côtés de ceux qui les soignent : par Jésus-Christ, nous te prions, Père !
+ Pour notre communauté : pour que nous vivions cette Semaine Sainte avec un cœur ouvert à Toi et aux autres, par Jésus-Christ, nous te prions, Père !
CONTACTS

M. le Chanoine Patrick Willocq, curé
Responsable de l’Unité pastorale
Curé de tous les clochers de l’entité de Leuze
Tour Saint-Pierre 15
7900 Leuze-en-Hainaut
069/77.79.03
0479/62.66.20

M. le Diacre Jean-Marie Bourgeois
Pastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaire
Grand-Rue 56
7900 Leuze-en-Hainaut
0470/100 340

M. le Diacre Michel Hublet
Mise à jour du site internet
Avenue de la Croix-Rouge 44
7900 Leuze-en-Hainaut

Règlement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018


Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,
Curé - Adresse : voir plus haut
Délégué  à la protection des données :
Secrétaire général de la Conférence  épiscopale belge -
Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1,  1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -
Autorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -

Secrétariat décanal
Tour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut
069/77.79.03
Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00
En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen

Nous porterons dans notre prière ...

 
Baptêmes

- Le dimanche 05 avril, à 14h30, en l’église de Leuze, Livio Liénard, enfant de Charlène Foucart et Jason Liénard ; Rosie Lefebvre, enfant de Aymerance Mercier et Quentin Lefebvre ; Jayranza De Winter, enfant de Laetitia Lankmans et Michaël De Winter.

- Le samedi 11 avril, à 14h30, en l’église de Tourpes, Emylia Roger, enfant de Syndel Liard et Andy Roger.

- Le dimanche 12 avril, à 14h30, en l’église de Leuze, Louana Barbieux, enfant de Marine Moulart et Anthony Barbieux.

- Le samedi 18 avril, à 14h30, en l’église de Leuze, Rosalie Dhaussy, enfant de Laurena Nicodème et Gaëtan Dhaussy ; Oscar Vandecaveye, enfant de Marie Rolland et Guillaume Vandecaveye.

-Le samedi 25 avril, à 14h30, en l’église de Leuze, Liah Gerlach Cambier, enfant de Margaux Cambier et Alexandre Gerlach ; Leyanna Sferazza, enfant de Pamela Sferrazza et Roy Duvivier

Que ces enfants découvrent combien notre Dieu les aime comme ses propres enfants.
 

Dans notre Unité pastorale…








Pour les familles… les jeunes les enfants

Dans notre Diocèse de Tournai…


La synodalité n’est pas un slogan ni une méthode parmi d’autres. Elle est une manière d’être, une manière de marcher, une manière de croire.
La journée de formation des Équipes d’Animation Pastorale (EAP) au collège Saint-Vincent de Soignies le samedi 21 mars 2026 a rassemblé près de 200 participants. Les interventions de Monseigneur Frédéric Rossignol, du professeur Arnaud Join-Lambert et du Professeur Rick van Lier, coordinateur scientifique d’EcclesiaLab, en ont révélé la profondeur spirituelle, ecclésiale et missionnaire. Ensemble, elles dessinent un chemin : celui d’une Église qui écoute, qui discerne et qui se laisse conduire par l’Esprit.
Une Église appelée à marcher autrement
En commentant l’Évangile de Jean (7, 40-53), Mgr Rossignol a mis en lumière un épisode saisissant : une foule divisée, enfermée dans ses certitudes, incapable d’écouter. Chacun reste sur sa position, et la scène se termine par une dispersion : « Ils s’en allèrent chacun chez soi. » Cette image est l’exact contraire de la synodalité. Pas d’écoute, pas de dialogue, pas de discernement commun.
À l’inverse, l’Église d’aujourd’hui se sait engagée sur un chemin où l’Esprit Saint précède, inspire et rassemble. Ce chemin n’est pas nouveau : il plonge ses racines dans le concile Vatican II, qui a profondément renouvelé la compréhension que l’Église a d’elle-même. Avec Lumen gentium, elle se reconnaît comme Peuple de Dieu, un peuple de baptisés où chacun reçoit une dignité et une mission. L’Église n’est pas d’abord une institution, mais un mystère enraciné dans la Trinité, un sacrement de communion avec Dieu et d’unité pour l’humanité.

La mission baptismale : prêtre, prophète et roi
Chaque baptisé reçoit une onction qui le configure au Christ prêtre, prophète et roi.
      Prêtre, en offrant sa vie, en transformant ses gestes quotidiens en prière, en portant les autres dans l’intercession.
      Prophète, en écoutant la Parole, en discernant ce que Dieu dit aujourd’hui, en témoignant avec vérité.
      Roi, en servant comme Jésus, en protégeant les plus fragiles, en faisant grandir la vie autour de soi.
Cette triple mission n’est pas réservée à quelques-uns. Elle est la vocation de tous. Elle fonde la participation active de chacun à la vie et à la mission de l’Église.
L’Esprit Saint, source d’unité et de diversité
L’Esprit Saint donne à l’Église une étonnante capacité d’unité dans la diversité. Il offre :
      des dons hiérarchiques, qui assurent la cohésion et la communion ;
      des dons charismatiques, ajustés aux besoins de chaque époque.
Ces charismes ne sont pas accessoires. Ils sont nécessaires, complémentaires, et chacun a le droit et le devoir de les mettre au service de la communauté. La synodalité consiste précisément à reconnaître, accueillir et articuler ces dons pour la mission.
Évaluer pour discerner : une exigence pour marcher juste
Arnaud Join-Lambert a rappelé que la synodalité est un style, des processus et des événements. Elle invite les communautés à oser expérimenter, à essayer des formes nouvelles de mission, puis à discerner ce qui porte du fruit. Pour cela, des critères sont indispensables : cohérence ecclésiale, référence évangélique, participation de tous, transparence, discernement spirituel, protection des plus fragiles, adaptation au contexte missionnaire.
Les Équipes d’Animation Pastorale ont un rôle clé : par la prière, le partage, le silence et la mise en commun, elles peuvent faire émerger une véritable boussole commune. La synodalité n’est pas un exercice ponctuel, mais une conversion durable qui ouvre l’Église à une mission plus humble, plus fraternelle et plus audacieuse.
Une spiritualité synodale : quel type de missionnaires voulons-nous devenir ?
Rick van Lier a replacé la synodalité dans son enracinement spirituel. Le Synode rappelle qu’elle est d’abord une disposition intérieure, une manière de vivre l’Évangile au quotidien. Pour éclairer la question « Quel type de missionnaires voulons-nous devenir ? », quatre grandes figures spirituelles ont été présentées.
Saint Benoît – La paix (Pax)
Sa tradition conjugue silence, stabilité, écoute et discernement communautaire. Les bénédictins offrent à l’Église une sagesse de la paix et de l’harmonie des dons. Saint Dominique – La vérité (Veritas)
Son ordre, fondé sur la prédication, la fraternité, la prière et l’étude, pratique depuis huit siècles un mode de gouvernement participatif où le chapitre est lieu de décision commune.
Saint Ignace de Loyola – Pour la plus grande gloire de Dieu (AMDG)
Les jésuites apportent une spiritualité du discernement, une disponibilité apostolique et une capacité à « trouver Dieu en toutes choses », jusque dans les frontières culturelles et géographiques.
Vénérable François Libermann – La docilité à l’Esprit Saint
Sa vision missionnaire, marquée par l’inculturation, la simplicité et la proximité des périphéries, anticipe les appels contemporains de l’Église. « Faites-vous Africains avec les Africains » demeure un appel puissant à la rencontre.
Devenir missionnaires aujourd’hui
Ces quatre figures montrent que la mission naît toujours d’un charisme, d’une communauté, d’un discernement et d’une disponibilité à l’Esprit. De Benoît, nous recevons la paix ; de Dominique, la vérité ; d’Ignace, le discernement ; de Libermann, la docilité et l’inculturation.
Marcher ensemble aujourd’hui, c’est laisser ces héritages inspirer une Église :
      humble et fraternelle,
      en sortie,
      attentive aux cultures,
      guidée par l’Esprit,
      où chaque baptisé trouve sa place et sa voix.
La synodalité n’est pas un supplément. Elle est la manière concrète de vivre l’Évangile dans notre temps. Elle nous apprend à écouter, à discerner, à avancer ensemble. Elle nous invite à devenir une Église qui ne se disperse pas « chacun chez soi », mais qui se rassemble pour marcher, prier et servir, unie par l’Esprit et envoyée pour la mission.
André Ronflette
Membre de l’Équipe diocésaine d’Accompagnement Pastoral (EDAP)
(: Diocèse de Tournai)





La prochaine session de formation permanente aura lieu aux FUCaM les mardi 21 et mercredi 22 avril 2026. Le titre en sera : « Tu n’auras pas d’autres dieux que moi ». Actualité et enjeu de l’interdit biblique de l’idolâtrie
L’interdit de l’idolâtrie est central dans la Bible. Placé en tête du Décalogue, il est répété et mis en scène dans la Torah, et il occupe une place importante dans la littérature prophétique et de sagesse. Mais cet interdit de l’idolâtrie, si central dans la Bible, n’apparaît-il pas aujourd’hui désuet ? A-t-il encore une quelconque pertinence pour nous qui vivons dans une société sécularisée, pour nous qui n’adorons plus ni les Baals ni les Ashéras ?
Pour retrouver l’actualité et l’enjeu de l’interdit biblique de l’idolâtrie, il faut sans doute, d’une part, en approfondir et en élargir la notion et, d’autre part, nous interroger sur la réalité de fait de la sécularisation de nos sociétés. En quoi consiste l’idolâtrie ? Quels en sont les ressorts ? Quels en sont les effets ? Est-il si évident que l’idolâtrie soit définitivement révolue ? Se cantonne-t-elle au champ religieux ou se dissimule-t-elle aussi ailleurs ?
Ne sommes-nous pas prompts, aujourd’hui encore, à idolâtrer un système économique, un pouvoir politique ou la technique, et à en attendre le salut ? Le croyant ne risque-t-il pas d’absolutiser indûment formules dogmatiques, préceptes moraux ou règles liturgiques, ou de vénérer démesurément saints, papes ou prêtres ? Et la confession chrétienne elle-même, qui voit en Jésus le Fils de Dieu, respecte-t-elle l’interdit de l’idolâtrie ?
Sans doute faut-il se méfier d’un certain usage de cet interdit qui, voulant détruire chez l’autre l’idolâtrie, risque toujours de virer au fanatisme violent. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’en voir l’enjeu fondamental, qui est d’extirper de chez nous les idoles de mort qui aliènent et de nous ouvrir au Dieu de vie qui libère. Se pourrait-il que crépuscule des idoles et aurore du vrai Dieu aient ainsi partie liée ?
 
Programme
Mardi 21 avril
             9h Accueil
             9h30 Présentation de la session
             9h45 Se faire esclave de soi : l’idolâtrie selon le Décalogue et la Torah (André Wénin)
             10h30 Temps de questions-réponses
             10h45 Pause-café
             11h15 La dénonciation de l’idolâtrie dans la littérature prophétique et les écrits de sagesse (Anne-Marie Pelletier)
             12h Temps de questions-réponses
             12h15 Temps de prière
             12h30 Repas
             14h La portée de l’interdit de l’idolâtrie dans le champ de l’économie (Étienne Raemdonck)
             14h45 Temps de questions-réponses
             15h La portée de l’interdit de l’idolâtrie dans le champ ecclésial (Christine Pedotti)
             15h45 Temps de questions-réponses
             16h Temps d’appropriation
             16h30 Fin de la première journée
Mercredi 22 avril
             9h30 Rappel de la première journée
             9h45 La confession de foi christologique face à l’interdit de l’idolâtrie (Xavier Gué)
             10h30 Temps de questions-réponses
             10h45 Pause-café
             11h15 La portée de l’interdit de l’idolâtrie dans les champs de la politique et de la technique (Laurence Flachon)
             12h Temps de questions-réponses
             12h15 Temps de prière
             12h30 Repas
             14h Un regard critique sur l’usage de l’interdit de l’idolâtrie (Luis Martinez Saavedra)
             14h45 Temps de questions-réponses
             15h Exposé conclusif : l’enjeu de l’interdit de l’idolâtrie (Paul Scolas)
             15h45 Temps de questions-réponses
             16h Mot d’envoi de Mgr Frédéric Rossignol
             16h15 Fin de la session
Modalités d’inscription
La session aura lieu les mardi 21 et mercredi 22 avril 2026, à l’UCLMons FUCaM, 151 chaussée de Binche, 7000 Mons. Pour rappel, elle est réservée aux prêtres, diacres, animateurs et animatrices pastoraux ainsi qu’aux membres bénévoles des équipes d’animation pastorale. Le coût de la formation est de 45 € (cafés et repas compris), à payer sur le compte BE51 1990 2380 1162/CREGBEBB. En plus du paiement, et pour éviter toute erreur, n’oubliez pas de vous inscrire aussi en renvoyant la feuille d’inscription annexée à Église de Tournai de février ou en envoyant un mail à stanislas.deprez@evechetournai.be. Merci de faire cette démarche pour le vendredi 27 mars au plus tard.
 
 
 
 
Nous espérons que les unités pastorales encourageront les membres des EAP à venir à la formation, si possible en les aidant financièrement. Merci aux responsables d’EAP de centraliser les inscriptions. Ceci nous facilitera grandement la tâche.
Stanislas Deprez
(: Diocèse de Tournai)



Le Service diocésain des Pèlerinages a le plaisir d’annoncer la sortie de son nouveau catalogue, Itinéraires 2026.
 
Vous y découvrirez l’ensemble des pèlerinages proposés cette année, en Belgique et à l’étranger: Banneux, Lisieux, Paris, Lourdes, Portugal,… mais aussi d’autres destinations pour vivre un temps de ressourcement, de rencontre et de cheminement spirituel.
 
Le catalogue sera disponible en version imprimée dans toutes les paroisses du diocèse dans les prochaines semaines. Si ce n’est pas le cas près de chez vous, n’hésitez pas à nous
 
contacter: nous vous le ferons parvenir avec plaisir.
 
Toutes nos propositions sont également à découvrir sur notre site internet, entièrement renouvelé pour l’occasion!
 
Plus d’infos:
 
Service diocésain des Pèlerinages 069 22 54 04
 
pelerinages@evechetournai.be www.pelerinages-tournai.be
 
(: Diocèse de Tournai)
 
Dans l’Église de Belgique…


Avec leur chasuble, les prêtres passent parfois pour des super-héros. Ils ne sont pourtant pas moins humains que les autres… Chargés de prendre soin des âmes, ils sont parfois eux-mêmes découragés, fatigués. Une fatigue silencieuse face au manque de reconnaissance. Comment les aider? Delphine Lepour, membre du service de la pastorale des jeunes du Brabant wallon, ose des mots et nous ouvre des voies.
Il y a dans l’Évangile une scène que nous méditons rarement sous cet angle : au jardin de Gethsémani, Jésus demande à ses disciples de veiller avec lui. Ce n’est pas une demande “fonctionnelle”, mais profondément humaine : il demande une présence. Une consolation. Un soutien. Jésus lui-même a éprouvé ce mystère : la mission ne supprime pas les besoins du cœur. Et c’est précisément cette simple humanité dont j’ai l’impression que beaucoup de prêtres manquent aujourd’hui.
La reconnaissance : un besoin humain, pas un caprice
On imagine souvent que les prêtres vivent essentiellement de spiritualité, de prière, de sens. Et certes, leur vocation leur offre une force intérieure que beaucoup admirent à juste titre. Mais le sens, si profond soit-il, ne suffit pas à combler tous les besoins humains. Même les plus saints restent faits de chair, de vulnérabilité et de désir de relation.
La psychologie sociale l’a montré : tout être humain a besoin de sécurité, de lien, de reconnaissance et de sens. La fameuse pyramide de Maslow n’est plus considérée comme une hiérarchie stricte, mais ses catégories restent éclairantes. Or, si les prêtres vivent intensément du sens de leur mission, j’observe qu’ils manquent souvent de ce qui soutient l’équilibre intérieur : le lien et la reconnaissance.
Paul Ricœur, philosophe français, soulignait que la capacité d’agir dépend étroitement de la capacité d’être reconnu. Autrement dit : on ne peut contribuer pleinement que si l’on se sait vu, accueilli, reconnu dans ce que l’on est et dans ce que l’on apporte.
Nos prêtres sont des hommes à qui, sous le couvert de leur ministère, nous demandons souvent, sans même nous en rendre compte, d’avoir tous les charismes : bon communicateur, compatissant, humble mais leader, attentif aux jeunes, aux pauvres, aux personnes âgées, aux familles, proche mais jamais trop, distant mais pas froid, ouvert mais pas progressiste, fidèle à l’Évangile mais pas traditionnaliste, disponible pour toutes les activités locales, et encore davantage !
Mais sommes-nous, nous-mêmes, aussi parfaits que ce que nous attendons d’eux ? Peut-être devons-nous apprendre à regarder au-delà du col romain ou de la croix épinglée sur le pull : à voir l’homme derrière le prêtre, avec sa sensibilité, ses besoins, ses fragilités, rigoureusement identiques aux nôtres. Exposés pour servir, invisibles pour être
Dans notre Église, le prêtre est celui qui écoute, accueille, console, se rend disponible. Ce qu’il vit, en retour, demeure souvent invisible. Il donne son temps, son énergie, parfois jusqu’à l’épuisement. Et pourtant, lorsqu’il rentre chez lui après une journée dense, il ne trouve pas ce que la plupart d’entre nous considèrent comme allant de soi : un regard qui réconforte, une main posée avec douceur, ou les bras d’un enfant qui se jettent spontanément autour du cou. Ces gestes, comme le toucher qui apaise, la proximité qui rassure, ils n’y auront jamais accès. S’en priver fait partie de leur choix, certes, mais est-ce qu’un choix, même libre et lumineux, supprime le besoin ? Nous savons bien que non. Nos propres décisions, même heureuses, n’effacent ni les manques, ni les soirs de doute, ni le besoin d’être soutenus. Pourquoi serait-ce différent pour eux ?
Depuis sept ans que je travaille au service de l’Eglise, je l’entends régulièrement dans les conversations, d’abord à demi-mot, puis plus nettement quand la confiance s’installe : beaucoup de prêtres vivent une fatigue silencieuse. Pas seulement physique : une fatigue intérieure, non pas liée à une foi qui s’épuise, mais liée à la solitude, la charge pastorale, et parfois le découragement.
Certes, ils savent qu’ils sont les bienvenus dans le bureau de leur évêque, mais pourquoi attendre qu’ils fassent eux-mêmes le premier pas ? Ils ont troqué la sécurité d’une famille de sang pour une famille plus vaste : la nôtre. Alors, dans cette nouvelle famille, qui devient leur appui ? Qui incarne ces gestes simples qui manquent tant ? A priori, c’est à nous d’occuper cette place, tout simplement.
Il est vrai que beaucoup de paroissiens invitent leur prêtre à dîner. C’est précieux ! Cela brise la solitude et rappelle que le ministère se vit au milieu des vivants. Mais cela ne comble pas tout. En trois heures autour d’une table, le prêtre reste souvent… le prêtre. L’homme derrière la fonction, celui qui doute, qui se décourage, qui aimerait parfois simplement être vulnérable, peut rarement dévoiler ce visage. Souvent parce qu’il ne veut pas peser, inquiéter, décevoir, mais aussi par peur de ne pas être compris dans sa vocation si singulière.
Dans les relations paroissiales, l’affection cohabite souvent avec une forme de demande permanente. Le prêtre est celui qu’on sollicite : pour un baptême, une messe, un conseil, un conflit, une présence. Les moments où quelqu’un lui demande « Comment allez-vous, vraiment ? » , « Y a-t-il des choses qui vous préoccupent ? » sont rares. Ceux où on lui demande ce qui lui ferait plaisir le sont encore davantage. Et les paroles de gratitude gratuite, offertes pour ce qu’il est, pas seulement pour ce qu’il fait, se font parfois attendre.  
L’Église n’est pas une entreprise… mais l’humain fonctionne partout de la même manière
Dans le monde du travail, on sait qu’un collaborateur non reconnu finit par s’essouffler. Les études en management comme en psychologie organisationnelle convergent : personne ne peut porter durablement les autres sans être soi-même porté.
Comme le rappelle le pape François : « Les prêtres ne sont pas des super-héros. Ils ont besoin d’une communauté qui les soutienne, qui les reconnaisse, qui les aime ». Leur vocation ne les transforme pas en êtres infatigables. Elle leur donne un appui spirituel immense, mais pas un cœur de pierre. Ils ont besoin, comme chacun, d’être encouragés, estimés, entourés. Non pour flatter l’ego, mais pour soutenir l’humain qu’ils sont, et la mission. Penser qu’ils devraient tenir sans faillir parce qu’ils sont prêtres manquerait d’humilité de notre part comme de la leur: la grâce n’abolit pas la fragilité humaine, elle l’accompagne.  
Psychologiquement, les prêtres vivent une charge émotionnelle semblable à celle des soignants car ils accompagnent les personnes en deuil, misère, conflits familiaux, solitude, perte de sens... Les études sur l’épuisement compassionnel montrent que les métiers où l’on « donne de soi » nécessitent justement le plus de soutien.
Là où un prêtre est porté, l’Église rayonne
Il ne s’agit pas de trouver des solutions miracles, mais de retrouver un réflexe familial envers ceux qui veillent sur nous. Le prêtre est père, certes, mais nul n’est père sans famille. Que fait-on pour que notre famille se sente bien ? La réponse est sans doute la même à apporter pour soutenir les prêtres.
Quand un mon enfant fait quelque chose de bien, je le félicite et l’encourage à continuer. Quand mon mari rentre tourmenté du travail, je m’assieds une heure à côté de lui pour qu’il puisse déposer ses préoccupations. Dans une famille, on prend soin presque naturellement.
Un prêtre n’est pas un enfant ni un conjoint, mais il appartient à cette famille élargie qu’est l’Église. Alors peut-être la vraie question est simplement : Que faisons-nous pour que notre famille se sente bien ? La réponse n’est pas très différente pour eux : une présence, un mot vrai, une attention délicate, un regard qui accompagne.
Enfin, peut-être faut-il simplement… les aimer avec leurs limites aussi. Non pas les idolâtrer, ni les ménager comme des statues fragiles, mais les aimer vraiment : en percevant la personne, l’humain avant le ministère.
Prendre soin de nos prêtres n’est pas juste un geste de gentillesse. C’est aussi un acte ecclésial. Là où un prêtre retrouve la joie, une communauté respire. Là où un prêtre est porté, c’est toute l’Église qui avance, car ce n’est qu’avec cette reconnaissance et cette présence fraternelle qu’il peut pleinement s’accomplir dans son humanité et dans sa mission.
Veillons les uns sur les autres
Revenir à Gethsémani nous rappelle une vérité essentielle : Jésus ne reproche pas à ses disciples de ne pas l’avoir sauvé. Il leur reproche doucement de ne pas avoir veillé.
Veiller, c’est être présent. Voir l’autre. Lui offrir un espace où il peut respirer.
Veiller, c’est reconnaître la fatigue, la fragilité, l’humanité de celui qui se tient debout pour les autres.
Veiller, c’est ne pas laisser seul celui qui porte plus de poids qu’il n’en montre.
Nos prêtres n’attendent ni qu’on les idéalise ni qu’on les plaigne. Ils attendent qu’on les accompagne comme Jésus l’a demandé aux siens :
avec une présence vraie, un regard qui voit, un cœur qui écoute.
Parce que personne ne peut traverser les nuits seul, pas même Jésus. Et sûrement pas ceux qui ont choisi de marcher à sa suite.
Delphine Lepour
(:Cathobel)
 








Lecture du soir… ou du matin…


ILS SONT PARTIS MARCHER VERS COMPOSTELLE ET SONT REVENUS BOULEVERSÉS.

L’Art qui conduit à la Transcendance


* ARTS VISUELS :
LA SEMAINE SAINTE DANS L’ART



* LIVRES :
FRANCINE CARRILLO, L’OMBRE DU DÉLIANT


* MUSIQUE :
+ JEAN-SÉBASTIEN BACH : LA CANTATE BWV 77
+ DE CARÊME À PÂQUES : LA PASSION SELON SAINT MATTHIEU, DE JEAN- SÉBASTIEN BACH

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