Une Parole … Une Prière
27ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« … S’ÉTANT REPENTI … »

« En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 21, 33 – 43
Illustration : Lettrine décorée représentant la parabole des vignerons homicides.
Miniature de Liberale da Verona (1445-1529) provenant d'un livre de chœur (Cod.
20/5. c.2.) de la cathédrale de Sienne, Italie

Méditation du Pape Léon XIV
LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 26 août 2026
Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II
IV. La Constitution Pastorale Gaudium et spes 2. La dignité humaine : don et responsabilité

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
La Constitution conciliaire Gaudium et spes (GS), qui consacre son premier chapitre à la dignité de la personne humaine, souligne que celle-ci est le fondement et la condition de ces « valeurs qui sont aujourd’hui les plus estimées », mais qu’il est nécessaire qu’elles ne perdent pas le lien avec « leur source divine », afin d’échapper aux éventuelles déformations dues à la « corruption du cœur humain » (GS, 11).
Le chemin qui a permis de mettre en lumière les traits et les droits fondamentaux de la dignité de la personne représente certainement l’une des pages les plus significatives de l’histoire humaine. Cependant, le parcours à accomplir n’est pas terminé et doit faire face aux contradictions, anciennes et nouvelles, qui empêchent sa pleine mise en œuvre.
L’Église apporte clairement sa contribution, en rappelant que la dignité humaine découle de l’être même de la personne. J’ai eu l’occasion de le réaffirmer également dans la récente encyclique Magnifica humanitas: « chaque personne est conçue et voulue par Dieu pour entrer dans une histoire de communion avec Lui, avec les autres et avec la création. Sa dignité ne dépend pas des capacités qu’elle possède, de ses richesses ou du rôle qu’elle occupe, des choix justes ou erronés qu’elle pose, mais elle est un don, qui la précède et la dépasse, placé par Dieu comme expression de son amour qui ne fait jamais défaut. » (n° 50). La dignité infinie de l’être humain trouve donc son fondement dans son identité de créature faite « “à l’image de Dieu”, capable de connaître et d’aimer son Créateur », projet et don d’amour qui transcende les autres réalités créées, lesquelles sont confiées à ses soins « pour qu’il les gouverne et s’en serve à la gloire de Dieu » (GS, 12).
C’est dans la foi que nous pouvons comprendre le fondement ultime de la dignité de la personne, car le Fils, « dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à luimême et lui découvre la sublimité de sa vocation » (n° 22).
La personne implique toujours une relation, une communion, une participation vis-à-vis de Dieu et des autres ; il s’agit donc d’une relation filiale avec Dieu le Père et d’une relation fraternelle avec le Christ et avec tous les hommes. Elle exclut tout repli sur soi. Être une personne, c’est se percevoir comme un don à partager, en grandissant et en mûrissant dans l’accueil, la réciprocité et le service.
Cette dignité relève de la responsabilité de chacun : en même temps, elle exige aussi de la solidarité et une attention mutuelle, en surmontant les nombreuses falsifications et manipulations qui en déforment encore aujourd’hui la perception et en entravent la réalisation. En effet, en raison des choix contraires à sa dignité opérés au cours de l’histoire, aujourd’hui encore « l’homme se trouve divisé en lui-même » et « toute la vie humaine, tant individuelle que collective, présente les traits d’une lutte dramatique entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres ». Cette condition fragile et limitée peut toutefois être envisagée avec espérance, car « le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement et jetant dehors “le prince de ce monde” (Jn 12, 31), qui le retenait dans l’esclavage du péché » (GS, 13).
La constitution Gaudium et spes affirme en outre que la dignité humaine concerne la personne dans sa totalité et qu’il faut donc dépasser les visions dualistes : l’être humain est « une unité de l’âme et du corps ». La réduction du corps à un “objet” dont on peut disposer arbitrairement constitue toujours une négation de la dignité de la personne : « il est donc interdit à l’homme de dédaigner la vie corporelle […] », et il faut « il doit estimer et respecter son corps qui a été créé par Dieu et qui doit ressusciter au dernier jour », en veillant « sans le laisser asservir aux mauvais penchants de son cœur » (GS, 14), puisque nous sommes tous marqués par le péché.
Enfin, Gaudium et spes évoque trois expressions particulièrement significatives de la dignité de la personne : l’intelligence, qui fait de l’être humain un chercheur insatiable de vérité (n° 15) ; la conscience, grâce à laquelle il donne unité et sens à sa vie (n° 16) ; la liberté, qui fait de lui l’acteur responsable de ses propres décisions (n° 17). Ces dimensions sont étroitement liées entre elles : c’est dans la conscience que la vérité est reconnue comme telle et que la liberté peut la vivre comme son fondement et sa possibilité. Le SaintEsprit, qui donne vie en Christ, nous rend libres et nous assure sans cesse de notre dignité d’enfants de Dieu, en nous libérant de la peur et en nous guidant vers le but ultime, cette vie en plénitude au-delà de la mort que le Christ nous a promise : c’est en Lui seul que le mystère de l’homme trouve sa véritable lumière, c’est de Lui que nous recevons la lumière sur l’énigme de la douleur et de la mort, et c’est avec Lui que nous allons à la rencontre de la résurrection.
Chers frères et sœurs, créés à l’image de Dieu, par le Christ et en vue de Lui, nous avons reçu une dignité unique et indélébile. Engageons-nous à la promouvoir et à la défendre toujours, à la lumière et avec la force de l’Évangile.
Pape Léon XIV
Copyright © Dicastère pour la Communication - Libreria Editrice Vaticana
Chers frères et sœurs, Je remercie Dieu de la grâce qui m’est offerte de me
trouver ici, sur cette place de la Concorde, pour célébrer l’Eucharistie. Oui,
comme il est bon et doux pour des frères et sœurs de se retrouver ensemble (cf.
Ps 132, 1), afin de magnifier la
grandeur de Dieu. Puisse ma présence au milieu de vous confirmer votre foi, et
vous encourager à sans cesse rayonner et transmettre la vie, la paix et l’amour
de Notre Seigneur bien aimé Jésus-Christ.
« Si quelqu’un a
soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jn
7, 37). Frères et sœurs, notre communauté assoiffée s’élance vers le Christ,
source d’eau vive ; cette eau qui désaltère et fait fleurir la vie, cette eau
de l’amour de Dieu « répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été
donné » (Rm 5, 5).
Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond, et nous
crions avec le Psalmiste : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Ps 41, 3) ! C’est le cri d’un homme,
humble et passionné, dont la soif la plus intérieure et existentielle ne cesse
de grandir. Or c’est Jésus-Christ, par son incarnation, qui rejoint tout homme
dans son histoire et se révèle à lui comme la véritable source d’eau vive
capable d’étancher sa soif. Il ne s’agit pas tant d’une soif matérielle que
d’une soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le cœur de
chacun. Jésus répond à ce désir profond de relation, de communion avec Dieu, en
qui réside la plénitude de la vie pour toujours.
Dans la première Lecture, le prophète Ézéchiel voyait l’eau
jaillir du Temple et, se répandant dans le désert, purifier et fertiliser toute
chose (cf. Ez 47, 1-2.8-9.12). Plus
tard, saint Jean verra l’eau jaillir du côté transpercé de Jésus rendant
l’Esprit (cf. Jn 19, 30-34). Tous peuvent alors s’abreuver à cette source afin de
renaître et recevoir le don de l’Esprit pour devenir enfants de Dieu, des
créatures nouvelles.
Frères et sœurs, force est de constater qu’ici-bas, rien ne
parvient à nous combler pleinement. Lorsque nous croyons enfin notre recherche
achevée et nos efforts récompensés, bien souvent le vide intérieur resurgit,
plus profond encore. Alors, pour le combler, il se peut que nous recherchions
de nouveaux plaisirs, que nous voulions posséder de nouvelles choses, que nous
fassions tout pour nous "divertir" afin de ne plus ressentir ce
malaise intérieur !
La Liturgie de la Parole de ce jour nous invite à sonder notre
cœur : quelle est notre soif la plus profonde ? Que cherchons-nous vraiment
dans la vie ? Nous aspirons tous au bonheur, à l’amour, à l’épanouissement.
Mais à quelle source cherchons-nous à étancher notre soif ? Nous
contentons-nous de biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites
idoles si nombreuses qui promettent monts et merveilles mais laissent notre
cœur vide ? Baptisés, nous avons reçu l’eau vive dont parle l’Évangile, mais
avons-nous vraiment rencontré le Christ personnellement ? L’être humain est
fondamentalement un être de désir et seul Dieu peut combler le vide intérieur.
Oui, frères et sœurs, Jésus-Christ, le Bon Pasteur nous guide, comme le berger
guide ses brebis, vers la source du bonheur et de la paix. Il connaît chacun et
chacune de nous par son nom. Rien ne lui échappe de nos secrets, de nos
intentions, de nos faiblesses. Il scrute les profondeurs de notre cœur. Il a
donné sa vie pour nous et continue de la donner par les sacrements. Il porte
sur ses épaules les brebis fatiguées ou blessées, et ramène avec délicatesse
celles qui se sont égarées. Jésus révèle l’amour inconditionnel de Dieu pour
nous. Pour Lui, aucun de nous n’est un numéro sur une carte d’identité, ni un
matricule, mais une personne, une personne unique et irremplaçable.
Vous voyant ici rassemblés, frères et sœurs, héritiers
d’une longue et belle histoire sainte en France, je vous dis : abreuvez-vous, à
votre tour, à cette source qu’est le Cœur de Jésus transpercé. Oui, vous avez
soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur.
Vous aspirez à redécouvrir un horizon lumineux, à bâtir une nation renouvelée à
partir de ses racines irriguées par la foi. Ne gardez pas cette foi en
Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler
les personnes que vous rencontrez. Il vous revient d’apporter l’espérance là où
règnent le découragement et la sécheresse spirituelle.
C’est en acceptant de vivre en vérité sous le regard de Jésus
que nous sommes authentiques, que nous pouvons regarder nos vies avec lucidité.
Elles sont, certes, fragiles, vulnérables, vouées au passage de la mort, mais
elles sont aussi merveilleuses, miraculeuses, capables de se renouveler dans
leurs relations et de s’ouvrir au véritable amour. « Celui qui croit en moi,
[…] de son cœur couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7, 38). En nous abreuvant à la source qu’est le cœur du Christ,
nous devenons nous-mêmes, comme l’a écrit Origène, des puits, des sources et
des fleuves pour les autres (cf. Homélie
12, 1, 2-3). Le croyant qui y boit devient lui aussi source de vie par son lien
existentiel avec le Christ et communique cette même vie au prochain.
Chers frères et sœurs, l’eau vive de l’Esprit Saint s’est
répandue en abondance et continue à porter ses fruits dans l’Église par les
missionnaires et les témoins dans toutes les cultures et de tous les peuples.
Elle féconde tout ce qui se laisse toucher, transformer par elle pour produire
son fruit, c’est-à-dire la sainteté de ceux qui adorent le Dieu véritable et
servent leurs frères et sœurs dans la charité avec générosité. Dans ce beau
pays qu’est la France, beaucoup se sont abreuvés à cette eau vive au fil des
siècles et ont totalement consacré leur vie au bien : les premiers martyrs tels
Blandine, Pothin, Irénée ; les saints fondateurs et fondatrices d’Ordre
religieux, les saints évêques comme Martin, François de Sales ; les hommes et
les femmes au cœur sensible aux besoins de leurs prochains comme Vincent de
Paul, Frédéric Ozanam, Jeanne Jugan, et tant d’autres. Encore aujourd’hui, ils
sont nombreux dans notre société, nos paroisses, nos différentes activités,
ceux qui continuent à s’engager en faveur de la vie, de la famille, de la
vérité, de la paix, de la fraternité, de la justice.
De cette belle ville de Paris, je prie avec ferveur pour
que l’eau vive de l’Esprit Saint se répande sur toute la France. Je pense à
vous, chères familles, qui, malgré les multiples difficultés que vous affrontez
au quotidien, persévérez courageusement dans votre mission. Je vous remercie du
fond du cœur pour tout le bien qui se réalise à travers vous : que Jésus soit
toujours concrètement présent au milieu de vous. Je pense à vous chers jeunes,
vous êtes l’Église d’aujourd’hui. Comme il est beau de voir votre enthousiasme,
votre dynamisme, votre engagement et la joie au sein des communautés
chrétiennes. Je pense également à vous, chers catéchumènes et néophytes qui
entreprenez le chemin de la foi, de la conversion et de l’initiation
chrétienne. Puissiez-vous témoigner à d’autres autour de vous du cheminement
que vous vivez et les motiver à s’interroger à leur tour. Que le don de
l’Esprit Saint fasse de vous des témoins vivants prêts à répandre autour de
vous la civilisation de l’amour.
Frères et sœurs, tournons-nous vers la Mère de Dieu, Source
de Salut, celle qui guide nos vies vers son Fils, Auteur de toute grâce. Par
son "oui" libre et confiant, elle est devenue l’écrin, humble et
voulu par Dieu, où l’amour du Père s’est incarné pour se donner au monde.
Invoquons-la avec confiance, afin que par son intercession,
des sources d’eau vive jaillissent au sein du Peuple de Dieu et fassent partout
fleurir en France des germes de foi, d’espérance et de charité.
Amen !
Frères et sœurs, pèlerins venus de France et du monde
entier, en vous regardant ce matin, réunis dans la maison de notre Mère, je
vois le visage universel de l’Église. Certains de vous ont traversé des
continents, surmonté des fatigues, apporté vos joies et vos fardeaux jusqu’à
cette Grotte sacrée. Quel bonheur d’être ensemble, un seul cœur, une seule
famille ! Un solo corazón, una sola
famiglia !
Je tiens à saluer tout particulièrement les pèlerins venus
de toutes les provinces et diocèses de France. Vous foulez aujourd’hui le sol
de cette terre bénie qui a reçu tant de grâces. Que ce pèlerinage ravive la
flamme de la foi dans vos foyers et dans vos paroisses. Portez le réconfort de
Lourdes à vos voisins, à vos proches et à tout le peuple français.
Les textes que la Liturgie nous propose en ce dimanche
rejoignent un aspect central du message que la Vierge Marie est venue confier à
sainte Bernadette : un appel, tendre et pressant, à la conversion. Jésus pose
dans l’Évangile un regard de vérité et de profonde tristesse sur les cœurs
fermés : "Vous ne vous êtes pas repentis !" (Mt 21, 32). Pourquoi cette blessure dans le cœur du Christ ? Parce
que Dieu ne veut pas la perte de ses enfants. Le prophète Ézéchiel nous le
rappelle : "Tout homme qui commet le mal et meurt dans cet état, c’est à
cause de son mal qu’il mourra" alors que s’il se convertit, s’il
"ouvre les yeux et se détourne de ses crimes, c’est certain, il vivra, il
ne mourra pas" (cf. Ez 18,
26.28). C’est pourquoi les appels à la pénitence résonnent sans cesse dans les
Saintes Écritures, et traversent la prédication de l’Évangile au cours des
siècles. Ils revêtent une gravité salutaire pour en manifester l’urgence et la
nécessité : c’est aujourd’hui – pas demain – qu’il faut se convertir ; c’est aujourd’hui
le moment favorable, le jour du salut (cf. 2
Co 6, 2). Oui, Dieu désire que l’homme vive, qu’il ouvre les yeux et
retourne à Lui. Se convertir, c’est quitter les chemins de l’errance pour
s’engager sur la voie de la vie, en ouvrant notre cœur à la seule joie qui ne
passe pas.
Jésus lui-même ne mâche pas ses mots lorsqu’Il exhorte à la
pénitence, comme nous le rapporte, par exemple, saint Luc : "Si vous ne
vous convertissez pas, vous périrez tous" (13, 5). Mais Il élargit
l’horizon de la vie terrestre à celui de la vie éternelle. Alors que le bonheur
ici-bas est une réalité éphémère, relative, parfois hélas inaccessible pour
certains, le bonheur véritable est en revanche promis à tous, en espérance ; et il devrait faire
l’objet principal de notre recherche, de nos efforts et de nos choix. La Vierge
Marie n’a-t-elle pas dit à sainte Bernadette : "Je ne te promets pas
d’être heureuse en ce monde mais dans l’autre" ?
Cette promesse, proclamée ici-même, résonne avec une force
particulière en cette terre de France et bouscule nos mentalités
contemporaines. Dans ce moment de l’histoire, au sein d’une société en quête de
progrès et de bien-être matériel, mais parfois tentée d’oublier l’horizon de
l’éternité, Marie vient nous rappeler la grandeur et l’ampleur de notre
vocation à la vie, à la vie éternelle. Face aux courants actuels qui cherchent
à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la
vieillesse, la Grotte de Massabielle se dresse comme un sanctuaire de
l’espérance chrétienne. Ici, aucune fragilité n’est rejetée. Vos béquilles, vos
fauteuils roulants, vos larmes cachées ne sont pas des obstacles : ils sont le
lieu par excellence où vous êtes pleinement respectés, accueillis et
transformés par l’amour infini de Dieu. Lourdes est le lieu béni d’une
profession de foi en la beauté et la sacralité de la vie, car elle y est
accueillie comme un don précieux de Dieu, appelé à s’épanouir pour l’éternité
dans l’amour du Père.
"Je te promets" ! Oui, la vie éternelle est une promesse solide, certaine, que le
Seigneur nous fait. Il nous l’a déjà obtenue par sa mort sur la croix et sa
résurrection, et il la réalise déjà chaque jour en nous par la grâce du
baptême. Elle est à notre portée, mais il nous appartient de l’accueillir
librement, de la saisir, de ne pas y faire obstacle ; or l’obstacle à la grâce
et à la vie éternelle, le seul obstacle, c’est le péché, le repli sur soi, ce
refus de Dieu qui nous enferme dans nos obscurités ! Notre responsabilité
personnelle est donc en jeu, et elle est grande ! Dieu nous a voulu libres, car
la liberté est une condition de l’amour ; on ne peut pas aimer par contrainte.
Cette liberté qui nous est donnée, nous devons l’engager dans un "oui"
au Christ, avec le secours de sa grâce, et à la suite de Marie ; un
"oui" sans cesse renouvelé, et cela jusqu’à notre dernier souffle :
"maintenant et à l’heure de notre mort…" disons-nous dans le "Je
vous salue Marie".
On retrouve cet appel insistant à la conversion dans les paroles
que Marie prononça ici-même : "Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !".
Elle répète le mot trois fois… ! et invite Bernadette à en accomplir certains
gestes ! Pourquoi donc ? Serions-nous lents à comprendre ? Nous estimons-nous
trop facilement sans péché ? Ne la pratiquons-nous pas assez ? La Vierge nous demande de faire pénitence,
non seulement pour nous-mêmes qui en avons besoin, mais aussi "pour les
pécheurs", pour un monde qui va mal. Comment nos cœurs ne seraient-ils pas
interpellés face aux conflits de plus en plus répandus, qui détruisent tant de
vies innocentes. Or le mal que connaît notre époque vient du cœur de l’homme,
Dieu n’en n’est pas responsable : "Ce n’est pas ma conduite qui n’est pas
bonne – dit-il aux fils d’Israël –, c’est la vôtre" (Ez
18, 25). C’est donc le cœur des hommes qu’il faut changer,
à commencer par le nôtre.
La pénitence est une œuvre suscitée par l’amour en solidarité
avec le genre humain : amour pour Dieu dont on veut réparer la blessure de son
Cœur causée par nos péchés ; amour pour tous nos frères les hommes qui
n’entendent pas cet appel à la conversion et que leurs fautes entraînent vers
la mort. Cette exigence de conversion engage l’Église elle-même dans son
pèlerinage terrestre. Elle doit avoir le courage de vivre cette conversion en
premier lieu. Pour guérir des blessures profondes, des infidélités et des
égarements douloureux commis en son sein, nous devons nous tenir humblement
sous le regard purificateur du Seigneur. Reconnaître nos propres fautes est
indispensable à notre progression spirituelle, comme l’écrivait Saint Augustin
: "Que te déplaise toujours ce que tu es, si tu veux atteindre ce que tu
n’es pas" (Disc. 169, 15.18)
Le rappel de notre Mère à notre devoir de prière et de
conversion nous remplit d’une grande espérance, car elle nous indique le moyen
pour changer le cours des choses, moyen qui n’est autre que celui de nous
associer à la passion du Christ. Chers malades qui connaissez la souffrance, si
nombreux à Lourdes, il vous est possible de vivre vos peines et vos douleurs
dans cet esprit d’offrande,pour entrer dans cette démarche rédemptrice dont le
monde a tant besoin. En ce sens vous êtes vraiment au cœur de l’Église, et
votre rôle est irremplaçable. Pèlerins, frères et sœurs, vous ne repartirez pas
de Lourdes comme vous y êtes arrivés : vous repartirez en missionnaires de
l’espérance ! Tel est le miracle de ce lieu : susciter la joie de l’espérance
au cœur même de l’épreuve et de la peine. La Vierge Marie guérit nos regards et
transfigure nos cœurs en leur donnant la paix. Devenez dans vos pays, vos
diocèses et vos familles, les témoins actifs de cette force et de cette
tendresse divines qui nous permettent de continuer la route et d’atteindre le
but. Portés par la prière des malades et l’amour de notre Mère, marchez avec
confiance vers l’avenir. Ne craignez pas les tempêtes du monde : la sainte Mère
de Dieu veille sur notre marche, elle enveloppe l’Église de son manteau de
tendresse ; Étoile radieuse du matin, elle guide nos pas pour nous enfanter,
dans la joie, à la vie même de son Fils Jésus.
Amen.

Prier avec le Pape
PRIER AVEC LE PAPE
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - OCTOBRE 2026
« Pour la pastorale de la santé mentale »
Cliquez sur l'illustration pour avoir accès à la vidéo
(n’oubliez pas d’activer les sous-titres en français)
Dieu de la vie,
Tu connais les profondeurs les plus intimes de nos cœurs,
la lumière et les ombres qui nous habitent,
les blessures silencieuses que parfois personne ne voit.
Aujourd’hui, nous te présentons nos frères et sœurs
qui font face à des difficultés liées à leur santé mentale,
qui souffrent dans la solitude de l’anxiété,
de la dépression ou de toute autre maladie mentale.
Tu les appelles chacun par leur nom, avec tendresse,
et en Toi, ils trouvent leur dignité et leur espérance.
Pardonne-nous les fois où nous avons détourné le regard,
alimentant la stigmatisation et la discrimination
envers les personnes atteintes de maladies mentales.
Fais de ton Église une maison ouverte,
un lieu sûr où chacun a sa place,
une communauté qui accompagne et n’exclut jamais,
qui écoute sans juger et se fait proche sans crainte.
Nous te prions, Seigneur, pour ceux qui prennent soin:
professionnels, proches, bénévoles,
hommes et femmes qui, avec patience et amour,
construisent des ponts de compréhension et de réconfort.
Donne-leur la force et la compassion nécessaires
pour soutenir ceux qui en ont besoin.
Envoie sur nous ton Esprit,
afin que nous apprenions à accueillir et à intégrer le soin de la santé mentale
dans la vie et la mission de nos communautés et de toute l’Église,
et qu’ainsi nous devenions un signe vivant de Ta miséricorde,
Toi qui n’abandonnes jamais personne
et qui relèves toujours ceux qui tombent.
Amen.

Beaucoup, dans l’Eglise mais pas uniquement, encouragent à lire la première Encyclique du Pape Léon XIV (voir aussi notre rubrique « Lecture du soir… Lecture du matin… »). C’est pourquoi nous allons la publier petit à petit dans notre Chronique. Bonne lecture !

Ce que
nous ne pouvons pas perdre
112.
Après avoir rappelé les questions de responsabilité et de
gouvernance de l’IA, il faut revenir à notre thème central : que signifie
préserver l’humain ? Le risque n’est pas seulement que certaines technologies
soient mal utilisées, mais que le paradigme technocratique dans lequel nous
sommes plongés, renforcé par la révolution numérique et l’IA, fasse passer pour
juste et normale une vision anti-humaine, selon laquelle la plénitude de la vie
consisterait à avoir plus, à réduire la fragilité, à éliminer l’imprévu, à
contrôler chaque chose. Lorsque l’efficacité devient la mesure de la valeur,
l’être humain est tenté de se considérer comme un projet à optimiser plutôt que
comme une créature appelée à la relation et à la communion.
113.
En réalité, absolutiser une seule dimension de l’être humain est
toujours une erreur. En effet, ce n’est pas seulement le manque qui engendre le
désordre. Ce qui se développe sans mesure peut lui aussi devenir une forme de
pauvreté. Dans un écosystème, l’harmonie se brise lorsqu’une seule espèce
prolifère au détriment des autres. Chez l’être humain, il en va de même
lorsqu’une faculté prétend devenir la mesure de tout. Ainsi, l’intelligence, si
elle est absolutisée, finit par occulter d’autres dimensions essentielles de la
vie : l’affection, la volonté, le dévouement ou la relation. Le pouvoir
technique, s’il n’est pas équilibré, ne nous rend pas plus capables : il nous
rend plus seuls, et plus exposés aux logiques de domination et d’exclusion. Il
ne s’agit certainement pas de s’opposer à l’intelligence, mais de rappeler que
celle-ci, lorsqu’elle se replie sur elle-même, oublie qu’elle est faite pour
servir la vie et la personne humaine.
114.
La qualité d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance de
ses moyens, mais à l’attention qu’elle sait offrir, à sa capacité à reconnaître
l’autre comme un visage et non comme une fonction. La capacité à prendre soin
les uns des autres est une dimension importante de notre humanité. Cette
capacité s’apprend et se perfectionne avec l’expérience. Lire des contes à un
enfant, tenir compagnie à une personne âgée, rendre un espace accueillant sont
des gestes qui se vivent dans un environnement familial mais qui nous aident à
apprendre et à intérioriser l’importance de la bienveillance au niveau social
et nous entraînent à reconnaître l’autre comme une personne digne d’attention.
La technologie peut aussi soutenir l’attention mutuelle entre les personnes, par
exemple si elle offre des instruments qui aident à prévenir et à organiser,
mais sans priver de liberté ni de jugement l’être humain, sujet des relations
et responsable des décisions.
Récits
de fond : transhumanisme et posthumanisme
115.
En essayant de faire émerger les présupposés culturels qui
accompagnent la révolution numérique en cours, je voudrais maintenant
m’intéresser à certains courants qui interprètent le progrès comme un
dépassement de l’humain et que l’on peut regrouper sous les noms de
transhumanisme et de posthumanisme. Ils constituent les fondements idéologiques
qui animent certains centres de pouvoir technologique et colonisent
l’imaginaire collectif sous une forme simplifiée, en particulier dans les
médias et sur les réseaux sociaux, entrainant l’enthousiasme pour les nouvelles
technologies d’une vision futuriste de l’ “homme amélioré” ou de l’ “homme
hybridé” avec la machine.
116.
Le transhumanisme et le posthumanisme comprennent en leur sein
une multitude de courants et de sensibilités, et il est difficile d’en donner
une description univoque. On peut les comparer à un archipel d’îles
conceptuelles différentes, reliées toutefois par le même océan de présupposés :
la centralité de la technique et le rêve de dépasser les limites de la
condition humaine. En général, le transhumanisme imagine un renforcement de
l’être humain grâce aux technologies (biomédecine, ingénierie corporelle, dispositifs,
algorithmes), avec l’ambition d’accroître les performances et les capacités. Le
posthumanisme, surtout dans ses versions les plus radicales, va plus loin : il
critique l’anthropocentrisme et envisage une forme d’hybridation entre l’être
humain, la machine et l’environnement, allant jusqu’à imaginer un
franchissement de seuil où l’humanité se surpassera en entrant dans une
nouvelle étape évolutive. Même si ces hypothèses restent en grande partie
spéculatives, elles acquièrent une importance, car elles modifient l’imaginaire
collectif et, par conséquent, orientent les choix sociaux, économiques et
politiques. [129]
117.
À la lumière de la Doctrine sociale de l’Église, le point
crucial n’est pas l’usage de la technique en tant que telle, mais la vision qui
la soustend : si l’être humain est traité comme un matériau à perfectionner ou
à surpasser, il devient alors plus facile d’accepter que certains soient
considérés comme moins utiles, moins désirables, moins dignes. Au nom du
progrès, on peut en venir à imaginer des “sacrifices nécessaires” et à faire
payer aux plus fragiles le prix d’une prétendue optimisation de l’espèce.
L’avertissement déjà mentionné de saint Paul VI reste alors d’une grande
clairvoyance : ce sont véritablement les acquis de la science et de la
technique libérés du progrès moral et social qui finissent par se retourner
contre l’homme. [130] C’est pourquoi il faut distinguer clairement : une chose
est d’intégrer les technologies dans une vision humaine et relationnelle ; une
autre est de se laisser guider par un imaginaire qui minimise les limites et
promet un “salut” purement technique.
(A suivre)
LEON XIV
[129]
Cf. Commission Théologique
Internationale, Quo vadis, humanitas? Réfléchir à l’anthropologie chrétienne
face à certains scénarios sur l’avenir de l’humanité (9 février 2026), n. 63.
[130]
Cf. Saint Paul VI, Discours à l’occasion
du 25e anniversaire de la FAO (16 novembre 1970) : AAS 62 (1970), p. 833.
(Source : Le Saint-Siège)

Parole de Mgr Frédéric Rossignol


Chers
frères et sœurs,
Traditionnellement,
le mois de septembre est pour beaucoup d’entre nous le temps de la reprise.
Certains ont eu comme moi la joie de vivre un été assez différent du quotidien,
avec des temps de vacances et des rencontres dans un cadre différent de celui
qui fait le quotidien. Reprendre le rythme habituel est en soi positif mais se
retrouver à nouveau pris par la routine et les responsabilités qui nous
incombent peut susciter des inquiétudes, un véritable stress ou nous sembler
peu excitant. Dans une société des loisirs et du divertissement, ce qui fait
l’essentiel de notre vie, la simplicité du quotidien, peut nous paraitre dénoué
de sens. Et pourtant ! C’est dans le quotidien que Dieu nous appelle à vivre la
vocation exigeante qu’est la nôtre, celle de devenir des saints. Le pape
François nous y encourageait dans sa lettre Gaudete
et exultate [1]
(Réjouissez-vous et exultez) que je voudrais parcourir avec vous. Tout d’abord, le pape nous rappelle quelque
chose d’essentiel mais qui n’a rien d’évident en soi, celui que nous sommes
appelés au bonheur, mais que ce bonheur ne se construit pas sans exigences.
Loin d’une vie zen, sans préoccupations, sans responsabilités, soyons heureux
de donner notre vie et interrogeons-nous d’abord sur ces deux éléments de notre
vie : Ma vie est-elle de fait une vie de sacrifices pour les autres et suis-je
heureux de donner ma vie pour les autres ? « Chacun doit donner ce qu'il a
décidé dans son cœur, sans tristesse et sans être forcé. En effet, Dieu aime
celui qui donne avec joie », écrit saint Paul dans
sa Lettre aux Corinthiens (2 Cor 9, 7). Cette phrase est intéressante parce
qu’elle souligne deux choses : d’abord que se donner pour les autres est une
décision. Elle met en jeu notre volonté. D’autre part, il nous est demandé de
le faire sans tristesse, sans être forcé mais avec joie ! Quel défi ! Pourtant,
nous sommes souvent acculés à prendre des décisions qui impliquent un vrai
sacrifice mais étant forcés de le faire, nous nous sentons floués par les
contraintes qui sont les nôtres. Comment alors trouver sa joie dans la
contrainte ? Le pape François nous dit
d’emblée que pour vivre notre vie comme un chemin de sainteté, il nous faut
d’abord regarder les exemples des gens
qui vivent saintement, que ce soit ceux de notre entourage ou les modèles
que nous offre l’Église.
« J’aime voir la sainteté dans le
patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs
enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à
la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de
sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la
sainteté de l’Église militante. » (GE 7)
Il
y a en effet autour de nous une multitude de gens qui vivent des sacrifices
semblables aux nôtres ou parfois bien plus lourds et qui affrontent avec
courage, sérénité et joie leurs épreuves. Les regarder vivre, nous abreuver de
leur enthousiasme et de leur sagesse et générosité nous aide à vivre nos
propres défis avec un esprit semblable au leur. Le pape précise quelque chose
d’important : se laisser inspirer par les autres ne veut pas dire copier à la
lettre leur manière d’être. Nous sommes chacun uniques, nous avons nos
capacités, nos limites, notre histoire et un chemin de sainteté qui nous est
propre. Lorsque je suis devenu évêque, Mgr Terlinden, qui m’a ordonné et qui
est un ami de longue date, m’a donné ce précieux conseil : « Sois toi-même ».
Il ne s’agit donc pas de suivre un idéal inaccessible ni de nous comparer aux
autres, deux écueils dans lesquels nous tombons si souvent !
Le
deuxième pas dans chemin vers la sainteté, c’est celui de vivre les choses avec foi et dans le désir de mettre nos pas dans ceux
du Christ. Il s’agit de vivre les évènements de notre vie dans un dialogue
constant avec le Seigneur et dans la joie de passer par des épreuves semblables
aux siennes. C’est ce regard de foi qui donne tout son sens à notre vie sur
terre. Pour vivre les choses avec foi, nous ne pouvons évidemment pas rester
passifs et invoquer « la fatalité de notre vie ». Dieu nous a donné l’intelligence
et la volonté pour poser des choix. Il nous faut donc discerner ce que Dieu
attend de nous et le mettre en pratique, tout en sachant que tout est grâce.
Dans nos succès, nous remercions le Seigneur pour la force qu’Il nous donne de
faire sa volonté. Dans nos échecs, nous reconnaissons humblement que nous
sommes encore et toujours en chemin et nous remercions Dieu pour sa patience et
sa miséricorde ! L’important nous rappelle le pape n’est pas d’être des gens
parfaitement cohérents en toute chose, mais d’être réellement en chemin.
« Tout ce que dit un saint n’est pas
forcément fidèle à l’Évangile, tout ce qu’il fait n’est pas nécessairement
authentique et parfait. Ce qu’il faut considérer, c’est l’ensemble de sa vie,
tout son cheminement de sanctification, cette figure qui reflète quelque chose
de Jésus-Christ et qui se révèle quand on parvient à percevoir le sens de la
totalité de sa personne. » (GE
22)
En
ce début d’année pastorale, je vous remercie pour la sainteté de vos vies qui
me réjouit et me porte dans mon propre chemin. Je prie pour vous, pour votre
générosité et votre engagement au quotidien et je vous remercie de continuer à
me porter par votre prière et votre amitié. Les défis qui nous attendent ne
sont pas minces mais c’est le Seigneur qui mène la barque, alors nous savons
qu’il nous mènera au bon port !
[1]
Gaudete et Exultate (GE), exhortation
apostolique du Pape François, sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel,
2018. J’analyserai cette exhortation comme trame de plusieurs de mes éditoriaux
à venir.
Votre frère et pasteur,
+ Frédéric Rossignol

Un mot du Curé…


Ce Maître, ce vigneron amoureux de sa Vigne, vous l’avez
reconnu, c’est le Père… Dieu le Père… et sa Vigne, c’est son Peuple hier,
aujourd’hui et demain… Que de soins il lui a prodigués à sa Vigne : retourner
la terre, retirer les pierres, choisir un plant de qualité, dresser une clôture
pour la protéger des bêtes, creuser un pressoir, bâtir une tour de garde… Le Maître a travaillé, planté, protégé…
Il a fait l’essentiel… Il a pris toute la peine… C’est sa sueur qui a fécondé
sa Vigne… Et, tout cela étant accompli, il
partit en voyage… Dieu qui part en voyage… Dieu qui se retire… qui prend de
la distance… pour créer un espace… pour créer une liberté… pour créer une confiance…
Le Maître qui part en voyage, ce n’est pas le Maître
qui se lave les mains de tout et qui prend des vacances… C’est le Maître qui
part pour donner leur liberté aux vignerons… leurs responsabilités donc… leur
raison d’être peut-être…
Dieu nous confie « sa » Vigne,
son univers, son peuple bien-aimé… Il nous la confie à nous tous… Tous, en
Eglise, nous sommes les vignerons de Dieu… Tous, nous avons reçu la Vigne en
fermage… Il y a les Diacres dont la prière d’ordination rappelle combien ils doivent
« prendre soin des malades et des pauvres », leur première mission, appelés
qu’il sont à imiter le Christ lui-même, « venu pour servir et non pour être
servi »…
Il y a les Religieux et Religieuses, témoins prophétiques du Royaume et de
l’amour de Dieu pour tous…
Et puis, il y a tous les Baptisés… vous tous qui formez
ce peuple de Dieu… tous appelés à participer à la mission de l’Eglise, chacun selon
sa vocation propre…
Et puis, aussi, il y a les Pasteurs, Evêques et Prêtres, tous sacrements
de l’unique Pasteur qu’est le Christ… C’est sur eux que je souhaite revenir
aujourd’hui, eux qui ont particulièrement cette « charge », comme dit le terme
latin de munus, de faire grandir la
Vigne du Peuple de Dieu, de la nourrir de la Parole divine, de la protéger des
fausses doctrines, de la fortifier par les Sacrements, de veiller sur chacun
des pieds de la Vigne, surtout les plus faibles, de la faire vivre d’espérance
vraie… Vous comme moi, nous savons que les candidats ne se pressent pas au
portillon des séminaires…
Est-ce pécher par manque d’espérance
quand on le regrette ? Est-ce se montrer infidèle à la parole de saint Paul
quand il nous dit : Ne soyez inquiets de
rien ?... Peut-être…
Bien sûr ! quand un prêtre part, c’est
pour aller ailleurs, du moins s’il en la force et la santé… et quand il arrive
doucement dans le grand âge, comme tout le monde, il est bien en droit de se
reposer… Mais autrefois, quand il
partait, un autre le remplaçait… Certains diront et penseront car ils le
pensent vraiment : « Mais on peut se passer du prêtre !... » Ils ont
probablement raison : ils peuvent se passer de la personne et seront eux-mêmes
ou ils trouveront parmi leurs connaissances de bien meilleurs gestionnaires,
administrateurs, comptables voire même de bien meilleurs connaisseurs des Ecritures
ou des Sacrements… Mais ils auront perdu
le signe sacramentel qu’est le prêtre en vertu de son Ordination… Car ce n’est
pas de lui-même qu’il est ce signe… C’est par l’Eglise dans l’imposition des
mains de l’Evêque et le souffle de l’Esprit
Saint que l’homme devient sacrement
du Christ Pasteur… prêtre au cœur du monde d’aujourd’hui… Et en cela, seul un prêtre
peut remplacer un prêtre. L’Eglise a et aura toujours besoin de prêtres, et ce
jusqu’au retour du Maître pour la vendange…
Pour cela, il faut que la
question de la vocation, de l’appel puisse résonner dans nos communautés, dans
nos familles… La laissonsnous résonner dans notre paroisse ?... dans nos
familles ?... On a beaucoup appelé les laïcs à se mettre au service de l’Eglise
et ce, au nom de leur vocation de baptisés… Il fallait le faire, c’est
important et il faut continuer… Mais il faut appeler aussi au sacerdoce ministériel du prêtre… Alors, au début de cette
année pastorale, je vous redis :
Levez-vous, Vignerons de Dieu
pour aujourd’hui,
ici dans
nos villes et villages !
Levez-vous
pour œuvrer avec vos
prêtres, signe sacramentel
du
Pasteur éternel !
Levez-vous,
mais n’oubliez
pas d’appeler
au milieu
de vous certains
d’entre vous pour qu’ils deviennent
vos
prêtres de demain !
Levez-vous,
vous les jeunes, et n’hésitez pas
à vous poser la question :
Jésus ne m’appelle-t-il pas
à le suivre pour être prêtre
dans son Eglise ?
Et surtout n’ayez pas peur :
le Seigneur
n’abandonne jamais
ceux qu’il envoie !
Il nous faut réentendre
la parole du Ressuscité qui,
avant de retourner
auprès
de son Père,
envoie ses
disciples en mission
et promet :
Et moi, je suis avec
vous tous les
jours jusqu’à la fin du monde !
(Mt 28,
20).
Bon dimanche !
Chanoine Patrick Willocq
Intentions de prière pour la semaine

+ Seigneur, regarde le
monde et les hommes qui se déchirent… Maître de la vigne, fais aux hommes la
grâce de la paix, nous t’en prions…
+ Seigneur, regarde le monde et tous ceux qui s’accaparent ses richesses… Maître
de la vigne, fais aux hommes la grâce de la justice, nous t’en prions…
+ Seigneur, regarde le monde et tous ceux qui manquent de
tout pour vivre… Maître de la vigne, fais à notre temps la grâce du partage,
nous t’en prions…
+ Seigneur, regarde ton Eglise et tous ceux qui y exercent
des responsabilités… Maître de la vigne, fais-leur la grâce du service, nous
t’en prions…
CONTACTS
M. le Chanoine Patrick Willocq, curéResponsable de l’Unité pastoraleCuré de tous les clochers de l’entité de LeuzeTour Saint-Pierre 157900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.030479/62.66.20M. le Diacre Jean-Marie BourgeoisPastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaireGrand-Rue 567900 Leuze-en-Hainaut0470/100 340M. le Diacre Michel HubletMise à jour du site internetAvenue de la Croix-Rouge 447900 Leuze-en-HainautRèglement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,Curé - Adresse : voir plus hautDélégué à la protection des données :Secrétaire général de la Conférence épiscopale belge -Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1, 1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -Mail : ce.belgica@interdio.beAutorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -Secrétariat décanalTour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.03Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen
Nous porterons dans notre prière ...
Baptêmes
- Le dimanche 25 octobre, à 10h00, en l’église de Leuze : Matt Ferdin Hanot, enfant de Lydie Hanot et Jason Ferdin.
Que ces enfants découvrent combien notre Dieu les aime comme ses propres enfants.
Mariages
- Le samedi 17 octobre, à 14h00, en l’église de Pipaix : Stéphanie Materne et Hugues Dubuisson
Que tous nos vœux de bonheur et notre prière accompagnent les nouveaux époux !
Funérailles
- Madame Eliane Parent demeurait à Leuze. La
Liturgie des Funérailles a été célébrée en l’église de Leuze le 30 septembre
2026.
- Madame Josiane Baudart demeurait à Tournai. La
Liturgie des Funérailles sera célébrée en l’église de Tourpes le lundi 05
octobre 2026 à 11h00.
- Monsieur Pierre
Duval demeurait à Pipaix. La Liturgie des Funérailles sera célébrée en
l’église de Pipaix le mardi 06 octobre 2026 à 11h00. Aux proches, nous redisons toute notre sympathie dans la foi et l’espérance de l’Evangile.
Dans notre Unité pastorale…







Pour les familles… les jeunes… les enfants …
Dans notre Diocèse de Tournai…





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