Une Parole … Une Prière
26ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« … S’ÉTANT REPENTI … »

« En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. »
Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 21, 28 – 32
Illustration : Andrei Mironov, La parabole des deux fils - Own work, CC BY-SA 4.0,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24735119

Méditation du Pape Léon XIV
LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 26 août 2026
Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II
IV. La Constitution Pastorale Gaudium et spes 1. L'Église à l'écoute et au service du monde

Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue!
Nous entamons aujourd’hui une réflexion sur la Constitution pastorale Gaudium et spes, par laquelle le Concile Vatican II a souhaité approfondir un thème fondamental, à savoir la relation de l’Église avec le monde contemporain. Saint Jean XXIII, dès son discours inaugural du 11 octobre 1962, avait tenu à se démarquer des « prophètes de malheur » qui, « bien qu’animés d’un zèle religieux […] ne cessent de répéter que notre époque, comparée aux siècles passés, est bien pire ; et vont jusqu’à se comporter comme s’ils n’avaient rien à apprendre de l’histoire » (Discours Gaudet Mater Ecclesia, 11 octobre 1962, 4.2). D’où la tâche confiée aux Pères conciliaires : « Dans l’état actuel des événements humains, où l’humanité semble entrer dans un nouvel ordre des choses, il faut plutôt y voir les desseins mystérieux de la Divine Providence, qui se réalisent au fil du temps par l’œuvre des hommes, et souvent au-delà de leurs attentes, et qui, dans sa sagesse, dispose de tout, même des événements humains défavorables, pour le bien de l’Église » (Gaudet Mater Ecclesia, 4.4).
Trois ans plus tard, la promulgation de Gaudium et spes reconnaissait dans ce discernement un élément essentiel de la nature de l’Église, décrivant son caractère pastoral comme constitutif : d’où la définition de “Constitution pastorale”. Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf, mais d’une fidélité renouvelée au Mystère du Christ qui, en s’incarnant, choisit de partager notre vie : il s’est rendu « en tout semblable à ses frères » (Hé 2, 17 ; cf. 4, 15) et a pris sur lui les conséquences du péché, mourant « en rançon pour tous » (1Tm 2, 6). Ce partage avec l’humanité est la voie que le Christ demande à l’Église ; c’est pourquoi la Constitution conciliaire Gaudium et Spes s’ouvre en déclarant que l’Église fait siennes « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (GS 1).
C’est un partage qui nous appelle à sortir de toute passivité et indifférence face aux événements qui se produisent, à l’histoire et à la vie des personnes, surtout face au changement rapide et profond que nous vivons aujourd’hui. Il n’est pas possible de rester des spectateurs désintéressés ; il faut au contraire écouter avec le cœur, se laisser interpeller, s’impliquer. Avec le Christ et soutenus par la force de son Esprit, les croyants sont appelés à prendre en charge les difficultés de leurs frères et sœurs, en particulier celles et ceux qui sont écrasés par l’injustice, la discrimination et la violence. En effet, ce n’est que par le partage et l’engagement qu’il est possible de parvenir à des réponses adéquates, toujours soutenues par la certitude « qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous »(Rm 8, 18).
En ce sens, la proximité avec l’humanité ouvre la voie à une lecture plus profonde des événements et de la Révélation elle-même ; dans cette même perspective, Gaudium et Spes rappelle le « devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile » (GS 4). Cette constitution conciliaire a donc appelé l’Église à un engagement permanent de conversion, afin de témoigner qu’elle n’est mue par « aucune ambition terrestre », mais qu’elle « ne vise qu’un seul but : continuer, sous l’impulsion de l’Esprit consolateur, l’œuvre même du Christ, venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, pour sauver, non pour condamner, pour servir, non pour être servi » (GS 3). Il ne s’agit pas, en effet, d’une disposition purement morale. Le pape François nous a rappelé que, pour l’Église, « l’option pour les pauvres est une catégorie théologique avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philosophique. […] Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, 198).
Le partage chrétien nous engage à prendre en charge la réalité et aussi à mettre à nu les contradictions qui caractérisent la vie personnelle et sociale du monde contemporain : par exemple, un progrès scientifique et technologique qui offre sans cesse de nouvelles possibilités, mais uniquement à certains, et que l’être humain ne parvient pas toujours à mettre « à son service » ; ou une connaissance plus claire des « lois de la vie sociale », accompagnée toutefois d’incertitudes « quant à la direction à lui donner » ; ou encore, une plus grande disponibilité de « richesses, de possibilités et de puissance économique », qui, malheureusement, aujourd’hui comme à l’époque du Concile, laisse « une grande partie des habitants de la planète […] encore en proie à la faim et à la misère » (GS 4) ; ou encore, une prise de conscience partagée que l’avenir de la planète est en jeu et, en même temps, l’incapacité à renoncer à la consommation égoïste et à l’illusion selon laquelle la guerre serait un moyen efficace de construire la paix.
À une époque marquée par de profonds changements, d’où découlent des déséquilibres préoccupants, l’Église est appelée à servir l’être humain, en écoutant et en accueillant les interrogations les plus profondes de son cœur et les aspirations qui l’habitent, en désignant en Christ « la clé, le centre et la fin de toute l’histoire humaine » (GS 10). C’est pourquoi, dans l’Église, à tous les niveaux et à toutes les époques, doit se réaliser la kénose miséricordieuse du Christ qui « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, […] devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8).
Chers frères et sœurs, que la joie et l’espérance – gaudium et spes – soient les traits distinctifs d’une Église qui annonce et témoigne de l’Évangile, en se rapprochant des femmes et des hommes de notre temps.
Pape Léon XIV
Copyright © Dicastère pour la Communication - Libreria Editrice Vaticana

Prier avec le Pape
PRIER AVEC LE PAPE
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - SEPTEMBRE 2026
« Pour la protection de l’eau »
Cliquez sur l'illustration pour avoir accès à la vidéo
(n’oubliez pas d’activer les sous-titres en français)
Tu nous as donné le don de l’eau,
source de fécondité, de fraîcheur et d’espérance.
Elle étanche la soif, féconde la terre et guérit les blessures.
Nous te rendons grâce
car elle est aussi le symbole de ta grâce et de ton amour,
qui nous renouvelle par le Baptême.
Aujourd’hui, nous te demandons d’apprendre à la préserver
avec gratitude, justice et responsabilité.
Pardonne-nous de l’avoir transformée en marchandise,
oubliant qu’elle est un don universel,
un droit sans frontières destiné à tous tes enfants.
Nous voyons avec douleur tant de frères et sœ urs
privés d’eau potable,
parcourant des kilomètres pour en trouver,
et tombant malades par manque d’accès.
Que ton Esprit fasse de nous des pèlerins de l’essentiel,
capables de vivre avec sobriété,
de dénoncer le gaspillage et la pollution,
et de défendre le droit de chacun
à boire sans crainte, sans inégalité.
Que notre soin de l’eau
soit un signe d’amour pour le Créateur
et un engagement envers la vie des plus pauvres,
en éduquant les nouvelles générations
à la valoriser et à la protéger.
Amen.

Beaucoup, dans l’Eglise mais pas uniquement, encouragent à lire la première Encyclique du Pape Léon XIV (voir aussi notre rubrique « Lecture du soir… Lecture du matin… »). C’est pourquoi nous allons la publier petit à petit dans notre Chronique. Bonne lecture !

Une aide précieuse qui requiert de
l’attention
100.
À
la lumière de ce que nous venons de dire, nous pouvons mieux comprendre
pourquoi l’IA peut être une aide précieuse tout en nécessitant une approche
mesurée et vigilante. Ces dernières années, son utilisation à des fins privées
s’est considérablement développée et de nombreuses voix s’élèvent pour
réfléchir aux opportunités et aux risques liés à sa diffusion rapide. Dans un
usage personnel, trois aspects en particulier doivent être pris en compte : la
facilité d’obtenir un résultat, l’impression d’objectivité et la simulation de
la communication humaine. La rapidité et la simplicité avec lesquelles il est
possible d’obtenir des indications, des élaborations complexes, des contenus
médiatiques et des formes d’assistance concrète simplifient nos vies, mais
peuvent aussi nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses
immédiates, affaiblissant notre jugement personnel et notre créativité.
L’impression d’objectivité que les réponses et les propositions de ces systèmes
peuvent susciter risque de nous faire oublier qu’elles reflètent les paramètres
culturels de ceux qui les ont conçus et formés, avec toutes leurs qualités et
leurs défauts. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive –
paroles de conseil, d’empathie, d’amitié, d’amour – peut s’avérer gratifiante
et même utile, mais chez des utilisateurs peu avertis, elle peut induire en
erreur et donner l’illusion d’être en relation avec un sujet personnel
authentique. Lorsque la parole est simulée, elle ne construit pas une relation,
mais son apparence. L’imitation artificielle de la relation de soins ou
d’accompagnement peut devenir dangereuse lorsqu’elle s’insinue dans un contexte
pauvre en relations et en affections réelles : le risque n’est alors pas tant
qu’une personne croie parler à une autre personne, mais qu’elle perde le désir
même de rechercher véritablement l’autre.
101.
En
élargissant notre regard sur le recours à l’IA dans nos sociétés, nous
constatons qu’elle est désormais présente dans les processus décisionnels dans
tous les domaines et à différents niveaux : dans la communication, la gestion,
le contrôle. Les avantages en termes d’efficacité et le potentiel
d’amélioration de certains services sont évidents ; cependant, une adoption
rapide et sans discernement nous expose à divers risques, notamment celui de
sous-estimer son impact environnemental. Les systèmes d’IA actuels nécessitent
de grandes quantités d’énergie et d’eau, ils ont un impact significatif sur les
émissions de dioxyde de carbone et consomment des ressources de manière
intensive. Avec l’augmentation de la complexité, notamment dans les grands
modèles linguistiques, les besoins en puissance de calcul et en capacité de
stockage augmentent également, s’appuyant sur un ensemble de machines, de
câbles, de centres de données et d’infrastructures énergivores. C’est pourquoi
il est essentiel de développer des solutions technologiques plus durables afin
de réduire l’impact sur l’environnement et de prendre soin de notre Maison
commune. [124]
Responsabilité,
transparence et gouvernance de l’IA
102.
L’utilisation
de l’IA n’est jamais un fait purement technique : lorsqu’elle intervient dans
des processus qui ont une incidence sur la vie des personnes, elle touche aux
droits, aux opportunités, à la réputation et à la liberté. Des décisions
délicates qui touchent au travail, au crédit, à l’accès aux services et à la
réputation des personnes risquent d’être entièrement confiées à des systèmes
automatisés qui ne connaissent pas « la compassion, la miséricorde, le pardon
et, surtout, l’ouverture à l’espérance d’un changement de la personne », [125]
et peuvent ainsi engendrer de nouvelles formes d’exclusion. Il peut y avoir des
utilisations manifestement inhumaines, comme la manipulation de l’information
ou la violation de la vie privée, mais il peut aussi y avoir un danger moins
évident, lorsque les systèmes d’IA, se présentant comme neutres et objectifs,
reflètent et renforcent les stéréotypes ou les positions idéologiques de ceux
qui les ont conçus et formés.
103.
Confier,
dans les faits, à un algorithme le pouvoir de sélectionner qui mérite et qui ne
mérite pas sans que personne n’assume plus le poids de cette décision, revient
à lui confier la tâche de redéfinir les limites des possibilités humaines. Ce
qui fait défaut dans ce processus, ce n’est pas seulement l’empathie envers
l’exclu, qui peut être imitée artificiellement, mais la responsabilité
politique, car l’écartement des plus faibles est revêtu de neutralité et
d’objectivité, face auxquelles il est impossible de protester. Ainsi,
l’injustice devient silencieuse, et la compassion, la miséricorde et le pardon,
non pas comme de simples apparences, mais comme des gestes politiques
disparaissent de l’horizon.
104.
Il
en découle une conséquence simple mais incontournable : nous ne pouvons pas
considérer l’IA comme moralement neutre. En réalité, tout dispositif technique
implique des choix et des priorités : ce qu’il mesure, ce qu’il ignore, ce
qu’il optimise, et la manière dont il classe les personnes et les situations.
Si un système est conçu ou utilisé de manière à traiter certaines vies comme
moins dignes ou à les exclure sans possibilité d’appel, il ne s’agit pas d’un
simple instrument “à bien utiliser” ; il introduit déjà un critère qui
contredit la dignité inaliénable de la personne. C’est pourquoi le discernement
éthique ne peut se limiter à se demander si nous utilisons un certain système à
des fins bonnes ou mauvaises, mais doit également s’interroger sur la manière
dont il est conçu et sur la conception de la personne et de la société qui est
inscrite dans les données et les modèles qui le guident. [126]
105.
Pour
que l’IA respecte la dignité humaine et serve véritablement le bien commun, il
est essentiel que les responsabilités soient clairement définies à chaque étape
: depuis ceux qui conçoivent et programment les systèmes jusqu’à ceux qui les
utilisent ou ceux qui décident de leur confier des choix concrets. Cependant,
dans de nombreux cas, les processus internes qui mènent à un résultat peuvent
manquer de transparence, ce qui rend plus difficile l’attribution des
responsabilités et la correction des erreurs. C’est là que la responsabilité
devient décisive, à savoir la possibilité d’identifier qui doit “rendre compte”
des décisions, les motiver, les contrôler et, si nécessaire, les contester et
réparer les dommages qui en dérivent. [127]
106.
Appeler
à la prudence, à des contrôles rigoureux et parfois même à un ralentissement
dans l’adoption de l’IA ne signifie pas être contre le progrès, mais faire
preuve d’une attention responsable envers la famille humaine. Cette exigence
est d’autant plus urgente qu’il existe souvent un déséquilibre entre la vitesse
du développement technologique et le rythme auquel se développent les
consciences, les normes, les contrôles et les institutions capables d’en
réguler les effets. Il ne suffit pas d’invoquer de façon générale l’éthique :
il faut des cadres juridiques adéquats, une surveillance indépendante,
l’éducation des utilisateurs, une politique qui n’abdique pas son devoir.
Autrement le changement ne sera régi que par des logiques technocratiques et
présenté comme nécessaire et inévitable, finissant par imposer des règles
dictées par ceux qui possèdent les données, les infrastructures et les
capacités de calcul.
107.
Nous
ne pouvons pas nous contenter d’invoquer la moralisation de la machine, ce
qu’on appelle “l’alignement” de l’IA sur les valeurs humaines, sans avoir le
courage de poser une condition supplémentaire : la possibilité de débattre du
code éthique à utiliser, en le soumettant à des critères de justice sociale
partagés. Sans cela ceux qui contrôlent l’IA imposeront leur propre vision
morale qui deviendra l’infrastructure invisible des systèmes. Une IA plus
morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée de personnes.
Il faut une politique plus présente, capable de ralentir là où tout s’accélère
et de protéger les espaces où les communautés peuvent encore participer et
s’interroger.
108.
En
effet, comme c’est le cas pour toute grande avancée technologique, l’IA tend
surtout à renforcer le pouvoir de ceux qui disposent déjà de ressources
économiques, de compétences et de l’accès aux données. À la lumière du bien
commun et de la destination universelle des biens, ce phénomène suscite de
sérieuses préoccupations : de petits groupes très influents peuvent orienter
l’information et la consommation, conditionner les processus démocratiques et
influencer les dynamiques économiques à leur avantage, en contradiction avec la
justice sociale et la solidarité entre les peuples. C’est pourquoi il est
indispensable que l’utilisation de l’IA – surtout lorsqu’elle touche aux biens
publics et aux droits fondamentaux – s’accompagne de critères clairs et de contrôles
effectifs, inspirés de la participation et de la subsidiarité : les communautés
et les corps intermédiaires ne peuvent être réduits à de simples destinataires
de décisions prises ailleurs, mais doivent pouvoir contribuer au discernement
et à la vigilance. En outre, la propriété des données ne peut être confiée
uniquement à des acteurs privés, mais doit être réglementée. Elles sont le
fruit de la contribution de nombreux acteurs et ne peuvent être vendues ou
confiées à quelquesuns. Une créativité capable de les gérer comme un bien
commun ou collectif est nécessaire, dans une logique de partage, comme le
suggérait déjà saint Jean-Paul II à propos des biens collectifs. [128] 109. Les
principes de la Doctrine sociale nous aident à lire cette nouvelle réalité.
Dans un monde où quelques sujets concentrent les données, les ressources
informatiques et le pouvoir réglementaire, parler de bien commun signifie
démasquer cette nouvelle asymétrie épistémique, économique et politique, en
dénonçant les nouveaux monopoles de l’IA. Parler de destination universelle des
biens signifie trouver des moyens d’assurer l’accès universel aux technologies
et à la formation. Parler de subsidiarité exige de protéger la capacité des
communautés à choisir et à corriger, sans reléguer leur intervention à un
simple rôle de surveillance, une fois que les normes ont été établies ailleurs.
Parler de solidarité oblige à reconnaître le travail invisible, souvent
exploité, qui alimente les modèles algorithmiques. Parler de justice impose de
s’interroger sur les géographies du pouvoir définissant qui peut entraîner les
modèles et qui n’est qu’objet d’entraînement, et de reconnaître que la justice
sociale n’est pas seulement un objectif à protéger après l’adoption des
technologies, mais une condition préalable à mettre en œuvre dès leur
conception. 110. Je voudrais enfin employer un mot qui me tient à cœur :
“désarmer”.
Désarmer l’IA, c’est la soustraire à la logique de la compétition armée qui
n’est plus aujourd’hui seulement militaire, mais aussi économique et cognitive.
C’est la course à l’algorithme le plus performant et à la banque de données la
plus vaste dans le but de consolider un avantage géopolitique ou commercial sur
tous les autres. Désarmer, c’est rompre cette équivalence entre la puissance
technique et le droit de gouverner. Désarmer ne signifie pas renoncer à la
technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. Cela signifie la soustraire
aux monopoles, la rendre discutable, contestable, et donc habitable, en la
restituant à la pluralité des cultures humaines et des formes de vie. La tâche,
aujourd’hui, n’est pas seulement éthique ou technique : elle est écologique au
sens le plus radical, car elle met en jeu une nouvelle dimension de notre
Maison commune. L’IA est déjà un environnement dans lequel nous sommes immergés
et un pouvoir avec lequel nous devons composer. C’est pourquoi il ne suffit pas
de la réglementer : elle doit être désarmée et rendue accessible.
111.
J’adresse un appel particulier à ceux qui développent les intelligences
artificielles. L’innovation technologique peut être, d’une certaine manière,
une forme humaine de participation à l’acte divin de la création. Les
développeurs portent donc une responsabilité éthique et spirituelle
particulière, car chaque choix de conception exprime une vision de l’humanité.
Tout comme l’auteur d’une œuvre artistique ou littéraire est tenu de prendre en
compte les valeurs qu’elle exprime, ils sont appelés à traiter avec le sérieux
qui s’impose les valeurs qu’ils insufflent à leurs projets : avec transparence,
avec responsabilité envers les communautés impliquées et en veillant à vérifier
que ce qui est cultivé est véritablement un bien.
(A suivre)
LEON XIV
[124] Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi –
Dicastère pour la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier
2025), n. 96 : AAS 117 (2025), p. 201. [125] François, Discours aux
participants à la rencontre des « Minerva Dialogues » organisée par le
Dicastère pour la Culture et l’Éducation (27 mars 2023) : AAS 115 (2023), p.
465.
[126]
Cf. Dicastère pour la Doctrine de la Foi – Dicastère pour
la Culture et l’Éducation, Note Antiqua et nova (14 janvier 2025), n. 41 : AAS
117 (2025), p. 178.
[127]
Cf. ibid., nn. 44-45 : AAS 117 (2025), pp. 179-180.
[128]
Cf. Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er
mai 1991), n. 40 : AAS 83 (1991), p. 843.

Parole de Mgr Frédéric Rossignol


Chers frères et sœurs,
Traditionnellement,
le mois de septembre est pour beaucoup d’entre nous le temps de la reprise.
Certains ont eu comme moi la joie de vivre un été assez différent du quotidien,
avec des temps de vacances et des rencontres dans un cadre différent de celui
qui fait le quotidien. Reprendre le rythme habituel est en soi positif mais se
retrouver à nouveau pris par la routine et les responsabilités qui nous
incombent peut susciter des inquiétudes, un véritable stress ou nous sembler
peu excitant. Dans une société des loisirs et du divertissement, ce qui fait
l’essentiel de notre vie, la simplicité du quotidien, peut nous paraitre dénoué
de sens. Et pourtant ! C’est dans le quotidien que Dieu nous appelle à vivre la
vocation exigeante qu’est la nôtre, celle de devenir des saints. Le pape
François nous y encourageait dans sa lettre Gaudete
et exultate [1]
(Réjouissez-vous et exultez) que je voudrais parcourir avec vous.
Tout
d’abord, le pape nous rappelle quelque chose d’essentiel mais qui n’a rien
d’évident en soi, celui que nous sommes appelés au bonheur, mais que ce bonheur
ne se construit pas sans exigences. Loin d’une vie zen, sans préoccupations,
sans responsabilités, soyons heureux de donner notre vie et interrogeons-nous
d’abord sur ces deux éléments de notre vie : Ma vie est-elle de fait une vie de
sacrifices pour les autres et suis-je heureux de donner ma vie pour les autres
? « Chacun
doit donner ce qu'il a décidé dans son cœur, sans tristesse et sans être forcé.
En effet, Dieu aime celui qui donne avec joie », écrit saint Paul dans
sa Lettre aux Corinthiens (2 Cor 9, 7). Cette phrase est intéressante parce
qu’elle souligne deux choses : d’abord que se donner pour les autres est une
décision. Elle met en jeu notre volonté. D’autre part, il nous est demandé de
le faire sans tristesse, sans être forcé mais avec joie ! Quel défi ! Pourtant,
nous sommes souvent acculés à prendre des décisions qui impliquent un vrai
sacrifice mais étant forcés de le faire, nous nous sentons floués par les
contraintes qui sont les nôtres. Comment alors trouver sa joie dans la
contrainte ? Le pape François nous dit
d’emblée que pour vivre notre vie comme un chemin de sainteté, il nous faut
d’abord regarder les exemples des gens
qui vivent saintement, que ce soit ceux de notre entourage ou les modèles
que nous offre l’Église.
« J’aime voir la sainteté dans le
patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs
enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à
la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de
sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la
sainteté de l’Église militante. » (GE 7)
Il
y a en effet autour de nous une multitude de gens qui vivent des sacrifices
semblables aux nôtres ou parfois bien plus lourds et qui affrontent avec
courage, sérénité et joie leurs épreuves. Les regarder vivre, nous abreuver de
leur enthousiasme et de leur sagesse et générosité nous aide à vivre nos
propres défis avec un esprit semblable au leur. Le pape précise quelque chose
d’important : se laisser inspirer par les autres ne veut pas dire copier à la
lettre leur manière d’être. Nous sommes chacun uniques, nous avons nos
capacités, nos limites, notre histoire et un chemin de sainteté qui nous est
propre. Lorsque je suis devenu évêque, Mgr Terlinden, qui m’a ordonné et qui
est un ami de longue date, m’a donné ce précieux conseil : « Sois toi-même ».
Il ne s’agit donc pas de suivre un idéal inaccessible ni de nous comparer aux
autres, deux écueils dans lesquels nous tombons si souvent !
Le
deuxième pas dans chemin vers la sainteté, c’est celui de vivre les choses avec foi et dans le désir de mettre nos pas dans ceux
du Christ. Il s’agit de vivre les évènements de notre vie dans un dialogue
constant avec le Seigneur et dans la joie de passer par des épreuves semblables
aux siennes. C’est ce regard de foi qui donne tout son sens à notre vie sur
terre. Pour vivre les choses avec foi, nous ne pouvons évidemment pas rester
passifs et invoquer « la fatalité de notre vie ». Dieu nous a donné l’intelligence
et la volonté pour poser des choix. Il nous faut donc discerner ce que Dieu
attend de nous et le mettre en pratique, tout en sachant que tout est grâce.
Dans nos succès, nous remercions le Seigneur pour la force qu’Il nous donne de
faire sa volonté. Dans nos échecs, nous reconnaissons humblement que nous
sommes encore et toujours en chemin et nous remercions Dieu pour sa patience et
sa miséricorde ! L’important nous rappelle le pape n’est pas d’être des gens
parfaitement cohérents en toute chose, mais d’être réellement en chemin.
« Tout ce que dit un saint n’est pas
forcément fidèle à l’Évangile, tout ce qu’il fait n’est pas nécessairement
authentique et parfait. Ce qu’il faut considérer, c’est l’ensemble de sa vie,
tout son cheminement de sanctification, cette figure qui reflète quelque chose
de Jésus-Christ et qui se révèle quand on parvient à percevoir le sens de la
totalité de sa personne. » (GE
22)
En
ce début d’année pastorale, je vous remercie pour la sainteté de vos vies qui
me réjouit et me porte dans mon propre chemin. Je prie pour vous, pour votre
générosité et votre engagement au quotidien et je vous remercie de continuer à
me porter par votre prière et votre amitié. Les défis qui nous attendent ne
sont pas minces mais c’est le Seigneur qui mène la barque, alors nous savons
qu’il nous mènera au bon port !
[1]
Gaudete et Exultate (GE), exhortation
apostolique du Pape François, sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel,
2018. J’analyserai cette exhortation comme trame de plusieurs de mes éditoriaux
à venir.
Votre frère et pasteur,
+ Frédéric Rossignol

Un mot du Curé…


L’ISTDT est l’Institut Supérieur de Théologie du Diocèse de Tournai, dont le siège se trouve au Grand Séminaire Episcopal de Tournai. Présidé par notre Evêque, cet Institut a la mission d’assurer la recherche et l’enseignement de la Théologie dans notre Diocèse, et de proposer un chemin de découverte des contenus de notre Foi chrétienne à toute personne soucieuse de grandir dans la Foi.
Cette formation est destinée notamment aux enseignants du cours de Religion catholique, que ce soit dans l’Enseignement fondamental maternel et primaire, ou l’Enseignement secondaire y compris l’Enseignement spécialisé. Cette formation est encore destinée aux candidats diacres et aux animateurs/trices en pastorale de notre Diocèse de Tournai. Mais bien sûr, indépendamment de ces créneaux liés à une responsabilité, toute personne qui le souhaite peut s’inscrire aux formations dispensées par l’ISTDT.
Toutes ces formations s’organisent autour des piliers classiques : la Philosophie, la Théologie, les Sciences humaines, la Pédagogie. Comme directeur de cet Institut, ce 16 septembre, j’avais la joie d’ouvrir la nouvelle année académique 2026-2027.
La rencontre a débuté par l’Eucharistie présidée par Mgr Rossignol qui rappela l’importance de la formation et de la transmission : « Lors de cette célébration, Monseigneur a placé la foi au cœur de son propos. Une foi qui ne se vit pas uniquement de manière individuelle, mais se construit aussi à travers l’expérience de tout un peuple qui nous a précédés et qui, avant nous, a cherché à découvrir qui était Dieu… » (Site du Diocèse) 
Ensuite, nous nous sommes rendus au grand auditoire pour l’allocution de rentrée ; dans un contexte où l’enseignement se retrouve au cœur de nombreux débats et où l’avenir peut parfois sembler incertain, c’est un message de confiance et de sérénité que nous avons essayé d’adresser à ces jeunes enseignants : « Nous devons apprendre à traverser ces moments avec paix. La paix, ce n’est pas l’indifférence, ce n’est pas la résignation, c’est la capacité à rester ancré dans ce qui ne change pas, notre mission éducative… Aujourd’hui, en ce moment où l’autorité académique vous certifie de façon solennelle, elle ne vous remet pas simplement un document administratif vous donnant l’autorisation d’enseigner. Elle vient vous rappeler que cette formation que vous avez reçue a fait de vous des passeurs de sens, des veilleurs de conscience, des artisans de paix intérieure et sociale et des témoins du projet de bonheur que notre Dieu veut pour notre monde et que le Christ Jésus est venu révéler à tous et réaliser pour tous… » (Site du Diocèse)

Venait alors la proclamation des Etudiant/e/s finalistes qui recevaient leur attestation ou certificat des mains de notre Evêque : un beau moment où beaucoup de sourires disaient la joie de terminer un beau chemin mais aussi la joie de ce qui a été vécu au cours de cette formation ; beaucoup d’applaudissements aussi des proches venus accompagner nos Etudiants.
Enfin, le « verre de l’amitié » nous attendaient dans le réfectoire du Séminaire. 

* Cette année, Mgr Rossignol a pu remettre les documents de réussite de la « Formation complémentaire » habilitant un/e instituteur/trice à assurer le cours de Religion catholique dans la classe dont il/elle est titulaire à 2 enseignantes maternelles et 13 enseignants primaires. Mais également aux Etudiants ayant obtenu le Certificat d’Université : Didactique du Cours de Religion catholique (CDER), délivré par la Faculté de Théologie et d’étude des Religions de l’UCL en collaboration avec l’ISTDT : le CDER habilitant à enseigner le cours de Religion catholique dans l’Enseignement fondamental au titre de « Maître spécial de Religion catholique » a été décerné à 1 étudiante et le CDER habiliant à enseigner le cours de Religion catholique a été décerné à 10 étudiants.
Ainsi, pas moins de 26 Etudiant/e/s furent proclamés et méritaient bien les chaleureux applaudissements délivrés par les proches qui les accompagnaient, par notre Evêque, le Corps professoral de l’ISTDT, les Conseillers pédagogiques présents, ainsi que M. Samuel Bruyninckx, délégué épiscopal pour l’Enseignement dans notre Diocèse, et M. Stanislas Deprez, délégué épiscopal pour la formation dans notre Diocèse. Souhaitons-leur bonne chance dans cette magnifique mission et surtout portons-les dans notre prière.
Bon dimanche !
Chanoine Patrick Willocq

Intentions de prière pour la semaine

+ Dieu notre Père, assiste tous les
ministres de l’Eglise dans l’annonce de l’Evangile et la construction de ton
Royaume…
+
Dieu notre Père, guide les responsables des nations dans la recherche du droit,
de la justice, et la défense des plus pauvres…
+
Dieu notre Père, que ton Esprit allume et entretienne en chaque chrétien
l’ardeur de l’amour du prochain ;
+
Dieu notre Père, éveille notre communauté chrétienne aux vrais appels que tu
lui adresses pour que nous soyons témoins de ta présence…
CONTACTS
M. le Chanoine Patrick Willocq, curéResponsable de l’Unité pastoraleCuré de tous les clochers de l’entité de LeuzeTour Saint-Pierre 157900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.030479/62.66.20M. le Diacre Jean-Marie BourgeoisPastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaireGrand-Rue 567900 Leuze-en-Hainaut0470/100 340M. le Diacre Michel HubletMise à jour du site internetAvenue de la Croix-Rouge 447900 Leuze-en-HainautRèglement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,Curé - Adresse : voir plus hautDélégué à la protection des données :Secrétaire général de la Conférence épiscopale belge -Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1, 1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -Mail : ce.belgica@interdio.beAutorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -Secrétariat décanalTour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.03Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen
Nous porterons dans notre prière ...
Baptêmes
- Le dimanche 25 octobre, à 10h00, en l’église de Leuze : Matt Ferdin Hanot, enfant de Lydie Hanot et Jason Ferdin.
Que ces enfants découvrent combien notre Dieu les aime comme ses propres enfants.
Mariages
- Le vendredi 25 septembre, à 15h00, en l’église de Thieulain : Kaori Eto et Joceran Moreau
- Le samedi 17 octobre, à 14h00, en l’église de Pipaix : Stéphanie Materne et Hugues Dubuisson
Que tous nos vœux de bonheur et notre prière accompagnent les nouveaux époux !
Funérailles
- Monsieur Guy Gauthier demeurait à Pipaix. La
célébration des Funérailles a eu lieu en l’église de Pipaix le 23 septembre
2026.
- Madame Anne-Marie Boutiau
demeurait à Lomme (France). La célébration des Funérailles a eu lieu en
l’église de Leuze le 25 septembre 2026.
Aux proches, nous redisons toute notre sympathie dans la foi et l’espérance de l’Evangile.
Dans notre Unité pastorale…



Pour les familles… les jeunes… les enfants …
Dans notre Diocèse de Tournai…


Ce
lundi 21 septembre 2026, Mgr Rossignol, son nouveau conseil épiscopal et les
curés du diocèse ont fait leur «rentrée pastorale» au Séminaire de Tournai.
Réunis dans la grande salle Saint-François récemment rénovée, ils ont échangé
autour du thème désormais familier de la «synodalité», sous un aspect un peu
plus pratique cette fois-ci, comme souhaité par notre pape Léon XIV: comment la synodalité peut inspirer les
chrétiens du monde entier, et plus particulièrement, selon les évêques de
Belgique, comment les nouveaux venus
bousculent nos manières d’être Église.
Notre
évêque a rappelé dans son mot d’introduction à la journée les éléments
indispensables pour porter la mission de l’Église ensemble: une écoute vraie,
qui nécessite à un moment donné l’effacement de chacun, une Église qui
s’évalue, et l’importance de la formation qui permet à la communauté chrétienne
de dialoguer. Le temps de travail en groupes a donné l’occasion aux
participants de vivre une démarche de type synodal. Les responsables d’UP ont
ainsi pu «tester» le guide d’animation réalisé par l’équipe synode du diocèse
pour travailler concrètement la synodalité, afin d’ensuite promouvoir la
démarche dans les unités pastorales au cours des prochains mois.
Lors
de l’eucharistie et de la liturgie de la Parole, saint Paul nous a également
invités à la synodalité: «À chacun
d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ»
(Ep 4,1-7.11-13), tandis que saint Matthieu nous a encouragés à nous laisser
interpeler par l’inconnu et les périphéries, via les collecteurs d’impôts et
les pécheurs (Mt 9,9-13).
En
début d’après-midi, l’abbé Théophile Kisalu, vicaire épiscopal en charge de la
synodalité, et Stanislas Deprez, membre de l’équipe synode diocésaine, ont
partagé quelques récits d’expérience personnelle interpellants avant de
conclure en insistant sur l’enjeu du partage de la mission et des
responsabilités de chacun, en se mettant à l’écoute de ce que nous dit l’Esprit
Saint à travers les autres.
Prochain
rendez-vous début 2027!
Brigitte Wautier

Les diacres permanents de notre diocèse
et leurs épouses se sont retrouvés autour de Mgr Rossignol pour une journée de
rencontre, de partage et de prière. Ce temps privilégié a permis de renforcer
les liens fraternels, d’approfondir la compréhension de la mission diaconale et
de se laisser renouveler par l’appel du Christ au service.
Ce
dimanche 20 septembre 2026 a débuté par la célébration eucharistique présidée
par Mgr Frédéric Rossignol. Dans son homélie, il a mis en lumière les deux
piliers de la vocation du diacre: la prière et le service. La prière a été
présentée comme le lieu privilégié de la rencontre personnelle avec le Christ,
non comme une simple pratique religieuse, mais comme une véritable relation
d’amitié. C’est auprès de Lui que le diacre reçoit la force, le discernement et
l’élan nécessaires pour accomplir sa mission.
Cette
mission s’incarne ensuite dans le service concret de tous, en commençant par
les personnes les plus vulnérables. Notre Évêque a cité le témoignage d’un
diacre: «Le diacre, c’est le ministère de
l’humilité. Le diacre ne sert à rien; il sert.» Une formule qui a suscité
de nombreux sourires, tout en exprimant avec justesse l’essence même du
diaconat. En citant un autre témoignage, il a également souligné que le diacre
demeure un «serviteur inutile certes,
mais heureux d’être utile quand même», à l’image du Christ serviteur.
Par
sa présence et son engagement, le diacre est un signe pour toute la communauté:
il rappelle que la mission de la prière et du service est confiée à chaque
baptisé. C’est bien là la vocation commune de tous les chrétiens.
Le temps des mercis
Après
la célébration, les participants ont partagé un repas convivial dans une
ambiance chaleureuse. Ces moments simples d’échange ont permis de nourrir les
relations humaines tant au sein de la fraternité diaconale diocésaine qu’avec
l’Évêque.
En
début d’après-midi, les diacres ont tenu à remercier chaleureusement l’abbé
Daniel Procureur en lui remettant une statue de saint Laurent, leur saint
patron. Ce cadeau symbolique exprimait leur profonde reconnaissance pour les 23
années durant lesquelles il les a accompagnés, alors qu’il s’apprête aujourd’hui
à répondre à un nouvel appel au service de l’Église.
L’après-midi
a ensuite été consacré à un riche temps de dialogue avec Mgr Rossignol à partir
des témoignages des diacres et de leurs épouses. Tous ont souligné combien
l’appel au diaconat s’enracine dans une relation vivante avec le Christ et se
déploie dans un envoi au service de l’Église et du monde. Le diacre est appelé
à être proche des réalités humaines, attentif aux joies, aux questions et aux
souffrances de ses contemporains, particulièrement des pauvres et des personnes
fragilisées.
Les
échanges ont également mis en évidence la spécificité du diaconat vécu dans le
cadre du mariage. Pour les nombreux diacres mariés présents, le ministère se
vit dans une complémentarité précieuse avec leur épouse. Cette mission
constitue souvent un engagement supplémentaire et une générosité de surcroît;
elle demande un juste équilibre entre vie familiale, professionnelle,
ecclésiale et personnelle, mais devient aussi une source de fécondité dans
chacun de ces milieux de vie.
Au
fil des interventions, une conviction s’est dégagée avec force: le Christ doit
toujours demeurer au centre de la vie et du ministère du diacre. À partir de
cette relation fondatrice, celui-ci est appelé à être, le cas échéant avec son
épouse, un ferment d’unité dans sa paroisse et dans les communautés qu’il sert,
un artisan de communion et un témoin de l’Évangile au cœur du monde.
L’importance de la formation
La
rencontre s’est poursuivie par un dialogue ouvert où questions, réponses,
réflexions et interpellations mutuelles ont permis à chacun d’approfondir sa
compréhension de la mission diaconale et des défis qu’elle rencontre
aujourd’hui. Notre Évêque a insisté sur la nécessité de continuer à se former
pour toujours servir mieux.
La
journée s’est conclue par la célébration des vêpres. Dans la prière de l’Église
est montée cette invocation qui résumait à elle seule l’esprit de la rencontre:
«Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t’aimer et à aimer son
prochain.» Un appel simple et exigeant qui demeure la source et l’horizon de
tout ministère de service.
Les
participants sont repartis enrichis par cette journée, fortifiés dans leur
vocation et renouvelés dans leur désir de marcher à la suite du Christ
Serviteur, au service de leurs frères et sœurs.
Texte: Philippe et Véronique Fortemps
Photos: Ph. F. et Yaya Meatchi

Plusieurs imams et fidèles de la
communauté musulmane de la région de Charleroi ont accueilli Mgr Rossignol et
une délégation catholique à la Grande mosquée Arrahma, à Marchienne-au-Pont.
Une rencontre pour poser des bases d’amitié, de respect mutuel et de
connaissance réciproque entre les deux traditions.
Initialement
prévue à la mi-juin 2026, c’est finalement le 16 septembre que s’est tenue
cette rencontre islamo-catholique à l’initiative du Père Sylvestre Eves,
responsable de la Commission diocésaine pour le dialogue interreligieux. Autour
du thème «Cheminer ensemble dans la Province du Hainaut», des représentants des
deux communautés se sont retrouvés pendant quelques heures pour évoquer leurs
réalités, leurs attentes et certaines initiatives déjà mises en place en
matière de dialogue.
Mgr
Rossignol et les membres de la délégation catholique ont ainsi été accueillis
très chaleureusement dans la Grande mosquée Arrahma, établie sur la rive droite
de l’Eau d’Heure à Marchienne-au-Pont. Un premier tour de table a permis à
chacun de se présenter. Dans la bouche des uns comme des autres, les mots qui
reviennent le plus souvent sont «créer des liens», «vivre ensemble», «faire
ensemble» ou encore paix et amitié. Mais avant de poursuivre plus avant les
échanges, participants et participantes sont invités à passer à table: «Chez nous, on ne parle pas le ventre vide»,
lance l’un des responsables des lieux dans un grand sourire. Et partager un
repas, c’est aussi une façon de se découvrir.
S’ouvrir
aux autres
L’imam
Abdullah, converti à l’islam depuis près de 20 ans, insiste: «Il n’y a pas besoin d’être identiques pour
bien vivre ensemble, mais il est important de se connaître.» Aujourd’hui,
beaucoup de gens aux cultures et aux religions différentes se côtoient, vivent
les uns à côté des autres, mais sans vraiment se connaître, parfois sans même
avoir jamais parlé ensemble. «Il y a
l’image véhiculée par les médias, par les réseaux sociaux… Venir dans une
mosquée ne veut pas dire devenir musulman: on peut être très attaché à sa foi
en étant ouvert aux autres.» Sans pour autant nier nos différences.
S’il
n’a pas eu l’occasion de côtoyer la communauté musulmane pendant ses longues
années de mission en Asie, c’est néanmoins pour avoir vécu dans une réalité de
minorité religieuse (minorité chrétienne dans un environnement bouddhiste) que
le nouvel évêque de Tournai a été désigné comme évêque référent pour le
dialogue avec l’islam. Mgr Rossignol a toutefois mis le doigt sur une autre
réalité: «Nous vivons dans une société où
la plupart des gens n’ont pas de religion (…) et où la religion est devenue
quelque chose de privé.» Un élément commun aux chrétiens et aux musulmans
dans l’Europe sécularisée d’aujourd’hui.
Pour
Mgr Rossignol, de nombreux défis sont présents: bien former les membres de nos
communautés, accueillir les nouveaux croyants, nourrir la fraternité –parfois
difficile à vivre autour de soi et dans sa propre communauté– et le dialogue: «L’Église doit être en dialogue face à une
certaine radicalisation actuelle. On ne doit pas juste considérer la théorie
mais prendre en compte la réalité des gens, les accueillir.»
Un
éventail d’initiatives
Peu
avant 14h, l’appel à la prière retentit en arabe dans la mosquée Arrahma.
L’imam Abdullah en traduit les paroles pour la délégation catholique, qui est
invitée à assister au rassemblement des fidèles musulmans. Les échanges
reprennent de plus belle juste après. Un temps pour présenter ce qui se fait
déjà en Hainaut pour favoriser la rencontre et le vivre ensemble.
Comme le GRAIR (Groupe de Rencontres et d’Actions Inter-
Religieuses), mis sur pied à Charleroi au lendemain
des attentats du 11 septembre. Par diverses activités, comme la visite avec des
écoles de lieux dédiés aux différents cultes ou des animations dans des groupes
confrontés à des problèmes de radicalisation, ce mouvement citoyen s’attache à
lutter contre la méfiance et la peur. Il y a aussi EfesiaBelgique, qui se tourne vers la figure de Marie,
vénérée dans les deux traditions, pour établir des ponts. Ou encore la Semaine annuelle de
rencontres islamo-chrétiennes, qui se décline et se vit à Charleroi.
Et bien sûr, au niveau interdiocésain, la CIRI (Commission Interdiocésaine
pour les Relations avec l’Islam), qui souhaite établir un partenariat
avec la communauté musulmane pour organiser une journée annuelle.

«Le dialogue interreligieux n’est pas
quelque chose de compliqué»,
a conclu Mgr Rossignol, très heureux de cette rencontre et de tous ces
échanges. «Il faut parler ensemble,
s’écouter. Et c’est à nous, personnes engagées, de provoquer le dialogue,
d’être des facilitateurs. Pas pour se comparer les uns aux autres, mais pour
partager ce que l’on vit.»
Agnès MICHEL







Dans l’Église de Belgique…



Lettre ouverte à Madame Anneleen Van Bossuyt, ministre de l’Asile et de la Migration, et à Monsieur Maxime Prévot, Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères
Bruxelles, le 18 septembre 2026
Madame la Ministre, Monsieur le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères,
Treize étudiants et chercheurs palestiniens de Gaza ont obtenu une bourse leur permettant de poursuivre leurs études ou leurs travaux de recherche dans notre pays. Des universités belges sont prêtes à les accueillir. Pourtant, à ce jour, ils n’ont pas obtenu de visa.
Nous sommes conscients qu’il appartient aux autorités de définir et de faire respecter un cadre clair en matière de séjour et de migration. Cela ne devrait toutefois pas nous empêcher de prendre en considération la situation exceptionnelle de ces treize étudiants et chercheurs et de trouver pour eux une solution respectueuse de la dignité humaine.
Il s’agit de personnes sélectionnées dans le cadre d’un parcours académique bien défini. Elles ont par ailleurs exprimé leur intention de retourner ensuite dans leur pays. Leur permettre de poursuivre leur formation ou leurs recherches en Belgique, c’est leur offrir aujourd’hui une perspective d’avenir. C’est aussi leur donner la possibilité de mettre demain leurs connaissances et leurs compétences au service de la reconstruction de Gaza.
Dans les circonstances dramatiques que connaît la population de Gaza, nous croyons que notre pays doit poser ce geste de solidarité et d’espérance. La dignité de toute personne humaine, l’attention particulière portée aux victimes de la guerre ainsi que l’importance de l’éducation et du savoir sont des valeurs fondamentales qui nous guident.
C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la Ministre, Monsieur le Vice-Premier Ministre, de poursuivre le dialogue au sein du Gouvernement afin qu’une solution puisse être trouvée rapidement pour ces treize étudiants et chercheurs, dans le respect des responsabilités de chacun.
Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cet appel.
Par délégation du Conseil permanent de la Conférence des Évêques
Mgr Luc Terlinden, archevêque de Malines-Bruxelles
Mgr Patrick Hoogmartens, évêque de Hasselt
Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège
Secrétaire général de la Conférence des Evêques de Belgique)








