Une Parole … Une Prière
TEMPS DE NOËL – FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR 
…CELUI-CI EST MON FILS BIEN-AIMÉ …

« Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bienaimé en qui je trouve ma joie . »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 3, 13-17
Illustration : Chapiteau du cloître (galerie nord) du Monastère de Santa Maria de l’Estany, XIIe siècle

Méditation du Pape Léon XIV
PAPE LÉON XIV 
Messe en la Solennité de la Très Sainte Mère de Dieu
59ème Journée mondiale de la Paix
Basilique St-Pierre, Rome
Homélie
01 janvier 2026

Chers frères et sœurs, aujourd’hui, en
cette solennité de Marie, la Très Sainte Mère de Dieu, qui marque le début de
la nouvelle année civile, la liturgie nous offre le texte d’une très belle
bénédiction : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse
briller sur toi son visage, qu’Il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne
vers toi son visage, qu’Il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26).
Dans le livre des Nombres, elle fait
suite aux indications concernant la consécration des nazirs, soulignant la
dimension sacrée et féconde du don dans la relation entre Dieu et le peuple
d’Israël. L’homme offre au Créateur tout ce qu’il a reçu et Celui-ci répond en
tournant vers lui son regard bienveillant, comme au commencement du monde (cf.
Gn 1, 31). Le peuple d’Israël, à qui cette bénédiction s’adressait, était un
peuple de libérés, d’hommes et de femmes nés de nouveau après un long
esclavage, grâce à l’intervention de Dieu et à la réponse généreuse de son
serviteur Moïse. En Égypte, ce peuple jouissait de certaines sécurités — la
nourriture ne manquait pas, tout comme un toit et une certaine stabilité —,
mais cela au prix de la servitude, de l’oppression d’une tyrannie qui réclamait
toujours plus en donnant toujours moins (cf. Ex 5, 6-7). À présent, dans le
désert, beaucoup de ces certitudes du passé ont disparu, mais il y a en échange
la liberté qui se concrétise par une voie ouverte vers l’avenir, par le don
d’une loi de sagesse et la promesse d’une terre où vivre et grandir sans plus
de chaînes ni de fers : en somme, une nouvelle naissance.
Ainsi, la liturgie nous rappelle, en ce
début de nouvelle année, que chaque jour peut devenir, pour chacun, le début
d’une vie nouvelle grâce à l’amour généreux de Dieu, à sa miséricorde et à la
réponse de notre liberté. Il est beau de penser l’année qui commence comme un
chemin ouvert à découvrir et où nous aventurer, libres par grâce et porteurs de
liberté, pardonnés et dispensateurs de pardon, confiants dans la proximité et
la bonté du Seigneur qui nous accompagne toujours.
Nous gardons tout cela à l’esprit alors
que nous célébrons le mystère de la Maternité Divine de Marie qui, par son
“oui”, a contribué à donner un visage humain à la Source de toute miséricorde
et de toute bienveillance : le visage de Jésus dont l’amour du Père nous touche
et nous transforme, par ses yeux d’enfant, puis de jeune homme.
En ce début d’année, alors que nous nous
mettons en route vers les jours nouveaux et uniques qui nous attendent,
demandons au Seigneur de sentir à chaque instant, autour de nous et sur nous,
la chaleur de son étreinte paternelle et la lumière de son regard bienveillant,
afin de comprendre de mieux en mieux et d’avoir toujours à l’esprit qui nous
sommes et vers quelle destinée merveilleuse nous avançons (cf. Conc. œcum. Vat.
II, Const. past. Gaudium
et spes, n. 41). Mais en même
temps, rendons-Lui gloire par la prière, par la sainteté de notre vie et en
devenant les uns pour les autres le reflet de sa bonté.
Saint Augustin enseignait qu’en Marie «
le créateur de l’homme est devenu homme afin que, bien qu’Il soit le maître des
étoiles, Il puisse téter le sein d’une femme ; bien qu’Il soit le pain (cf. Jn
6, 35), Il puisse avoir faim (cf. Mt 4, 2) ; […] pour nous libérer même si nous
sommes indignes » (Sermon 191, 1.1). Il rappelait ainsi l’un des traits
fondamentaux du visage de Dieu : celui de la gratuité totale de son amour par
lequel il se présente à nous – comme j’ai tenu à le souligner dans le Message
de cette Journée Mondiale de la Paix –, “désarmé et désarmant”,
nu, sans défense comme un nouveau-né dans son berceau. Et cela pour nous
enseigner que le monde ne se sauve pas en aiguisant les épées, en jugeant, en
opprimant ou en éliminant les frères, mais plutôt en s’efforçant inlassablement
de comprendre, de pardonner, de libérer et d’accueillir chacun, sans calcul ni
crainte.
Tel est le visage de Dieu que Marie a
laissé se former et grandir dans son sein, changeant complètement sa vie. C’est
le visage qu’elle a annoncé par la lumière joyeuse et fragile de son regard de
future mère ; le visage dont elle a contemplé la beauté jour après jour, tandis
que Jésus grandissait dans sa maison, enfant, adolescent et jeune homme ; et
qu’elle a ensuite suivi avec son cœur d’humble disciple, alors qu’Il parcourait
les sentiers de sa mission, jusqu’à la croix et à la résurrection. Pour cela, elle
aussi a abaissé toutes ses défenses en renonçant à ses attentes, à ses
prétentions et à ses garanties - comme savent le faire les mères -, en
consacrant sans réserve sa vie à son Fils qu’elle a reçu par grâce, afin de le
redonner à son tour au monde.
Dans la Maternité Divine de Marie, nous
voyons la rencontre de deux immenses réalités “désarmées” : celle de Dieu qui
renonce à tous les privilèges de sa divinité pour naître selon la chair (cf.
Phil 2, 6-11), et celle de la personne qui, avec confiance, embrasse totalement
sa volonté, Lui rendant l’hommage, dans un acte parfait d’amour, de sa plus
grande puissance : la liberté.
Saint Jean-Paul II, méditant sur ce
mystère, invitait à regarder ce que les bergers avaient trouvé à Bethléem : «
La tendresse désarmante de l’Enfant, la pauvreté surprenante dans laquelle Il
se trouve, l’humble simplicité de Marie et de Joseph » ont transformé leur vie
en faisant d’eux des « messagers du salut » (Homélie
lors de la messe de Marie, Mère
de Dieu, 34e Journée
mondiale de la paix, 1er janvier
2001). Il le disait à la fin du grand Jubilé de l’an 2000, avec des mots qui
peuvent nous faire réfléchir nous aussi : « Combien de dons – affirmaitil -
combien d’occasions extraordinaires le grand Jubilé a-t-il offert aux croyants!
Dans l’expérience du pardon reçu et donné, dans le souvenir des martyrs, dans
l’écoute du cri des pauvres du monde [...] nous avons nous aussi ressenti la
présence salvifique de Dieu dans l’histoire. Nous avons comme touché de façon
tangible son amour qui renouvelle la face de la terre » (ibid.), et il concluait : «
Comme aux pasteurs qui accourent pour l’adorer, le Christ demande aux croyants,
auxquels il a offert la joie de le rencontrer, une disponibilité courageuse
afin de repartir pour annoncer son Évangile, ancien et toujours nouveau. Il les
invite à vivifier l’histoire et les cultures des hommes avec son message
salvifique » (ibid.).
Chers frères et sœurs, en cette fête
solennelle, au début de la nouvelle année, à l’approche de la fin du Jubilé de
l’espérance, approchons-nous avec foi de la crèche comme le lieu par excellence
de la paix “désarmée et désarmante”, lieu de bénédiction où nous nous souvenons
des prodiges que le Seigneur a accomplis dans l’histoire du salut et dans notre
existence, afin de repartir comme les humbles témoins de la grotte, en «
glorifiant et louant Dieu » (Lc 2,20) pour tout ce que nous avons vu et entendu.
Que ce soit notre engagement, notre résolution pour les mois à venir, pour
notre vie chrétienne.
Pape Léon XIV
Prier avec le Pape
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - JANVIER 2026
« Pour prier avec la Parole de Dieu »
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur Jésus, Parole vivante du Père,
en Toi nous trouvons la lumière qui guide nos pas.
Nous savons que le cœur humain vit dans l’inquiétude,
assoiffé de sens,
et seul ton Évangile peut lui donner repos et plénitude.
Apprends-nous à t’écouter chaque jour dans les Écritures,
à nous laisser interpeller par ta voix
et à discerner nos choix
dans la proximité de ton Cœur.
Que ta Parole soit nourriture dans la fatigue,
espérance dans l’obscurité
et force dans nos communautés.
Seigneur, que jamais ne manque sur nos lèvres
ni dans notre cœur
la Parole qui fait de nous des fils et des frères,
des disciples et des missionnaires de ton Royaume.
Fais de nous une Église qui prie avec la Parole,
qui s’édifie en elle et la partage avec joie,
pour qu’en chaque personne renaisse
l’espérance d’un monde nouveau.
Que notre foi mûrisse dans la rencontre avec Toi
à travers ta Parole,
et nous pousse, du fond du cœur,
à aller à la rencontre des autres,
à servir les plus vulnérables,
à pardonner, construire des ponts et annoncer la vie.
Amen.
Parole de Mgr Frédéric Rossignol


Voilà une année qui commence sous les meilleurs auspices pour notre diocèse ! En ce premier dimanche de 2026, notre tout nouvel évêque a ordonné prêtre Étienne-Marie Bahati, de la communauté des Barnabites.

La paroisse Saint-Maur à Herseaux (UP des 5 Clochers) a fêté en beauté le passage à la nouvelle année. En ce dimanche 4 janvier, elle a accueilli une ordination presbytérale. La première de l’épiscopat de Mgr Rossignol. Malgré la neige, prêtres, diacres, paroissiens mais aussi amis et membres de la famille (certains venus tout spécialement d’Italie) ont répondu présent pour l’occasion… Et pour ceux qui ne pouvaient se déplacer, la célébration était retransmise en direct sur internet.
Dans l’église chauffée, chacun a troqué le froid extérieur pour une ambiance joyeuse et chaleureuse. Pour beaucoup, c’était aussi l’occasion de se retrouver et de se souhaiter une bonne année. Ceux arrivés avec un peu d’avance ont même pu profiter d’un mini concert grâce aux dernières répétitions d’une chorale au diapason.
Une célébration particulière
Lorsque les portes se sont ouvertes pour accueillir la procession d’entrée, un vent plus solennel a soufflé sur l’assemblée. Autour de Mgr Rossignol se trouvaient le père Étienne Ntale, supérieur général des Barnabites et le père Vincente Guitierez, supérieur provincial pour la Belgique et l’Espagne. Parmi les célébrants se trouvaient également M. l’abbé Olivier Frölich, vicaire général du diocèse de Tournai, M. l’abbé Michel Vermeulen, doyen de Mouscron et le père Emmanuel Barhakomerwa, curé de l’UP des 5 Clochers.
« Nous célébrons aujourd’hui la solennité de l’Epiphanie du Seigneur, c’est-à-dire la manifestation du Christ au monde », a rappelé dans son mot d’accueil le père Emmanuel Barhakomerwa. « L’Épiphanie, c’est le mystère de la manifestation du Seigneur dans un petit bébé, de manière apparente. Personne ne peut imaginer que l’on a devant soi le fils de Dieu et pourtant ça nous est révélé. Ça nous est donné comme un don de la Foi de reconnaître en l’Enfant Jésus la présence de Dieu luimême », a renchérit Mgr Rossignol. En ce jour qui rappelle l’amour de Dieu pour les hommes, l’ordination d’un nouveau prêtre barnabite en était un symbole de plus. « Dans une ordination presbytérale, le prêtre est invité à vivre de nouveau cette Épiphanie à chaque fois qu’il célèbre l’Eucharistie », a rajouté notre évêque.
Cette célébration était toute particulière car il s’agissait non seulement de la première ordination de Mgr Rossignol mais de la première pour la communauté barnabite d’Herseaux. Elle aurait dû avoir lieu en RDC mais les circonstances ne l’ont pas permis.
Un parcours varié
Dès le début de la célébration, le père Emmanuel a présenté le futur prêtre. Né dans la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo en 1982, ÉtienneMarie Bahati « a ressenti le besoin de se consacrer à Dieu » lors de ses études secondaires dans un collège Barnabite. Il a alors « commencé à s’impliquer dans la vie pastorale de sa paroisse, ce qui l’a amené à s’engager dans l’aide aux enfants et aux jeunes ». Après avoir fait l’expérience de la vie communautaire comme aspirant dans deux communautés religieuses, il a tenté d’intégrer une autre communauté religieuse puis est entré au séminaire diocésain de Murhesa (archidiocèse de Bukavu) afin de rejoindre le clergé diocésain. Après avoir reçu le ministère de l’acolytat puis quitté le séminaire, il s’est tourné vers l’enseignement dans différentes écoles secondaire de Goma. Après quelques hésitations, c’est finalement chez les Clercs réguliers de Saint-Paul, aussi appelés Barnabites, qu’il s’est engagé définitivement.
Le 30 juin 2025, il a prononcé à Bologne (Italie) ses vœux solennels devant le nouveau supérieur général, le père Étienne Ntale. Le 7 juillet suivant, il était ordonné diacre à Lodi (Italie). Quelques semaines plus tard, il arrivait en Belgique, dans l’UP des 5 Clochers, pour exercer son diaconat et se préparer au presbytérat.
Une ordination religieuse
Durant la célébration, un prêtre était chargé d’en décrire les grandes étapes et les différents rites de l’ordination et d’en expliquer la symbolique. Des explications bienvenues qui ont permis à l’assemblée de mieux comprendre et apprécier ce qui allait se passer devant eux. À l’appel de son nom, le futur prêtre s’est avancé vers l’autel, accompagné de ses parents, « signe que la foi et la vocation naissent en premier en famille ». Mgr Rossignol s’est ensuite tourné vers le supérieur provincial des Barnabites afin que soit lue aux fidèles la demande officielle du supérieur général de conférer le sacrement de l’ordination presbytérale.
Mgr Rossignol, lui-même religieux et membre de la Congrégation du Saint-Esprit (Spiritains), a rappelé dans son homélie qu’il fut formateur pendant de nombreuses années. « Je connais bien la joie de mes confrères religieux quand nous avons un membre qui est ordonné prêtre », a-t-il expliqué. Il a rappelé que la formation des prêtres est une formation longue, et plus encore pour les religieux. Il a également insisté sur l’importance de garder du temps pour soi, dans et en-dehors de sa communauté.


Joie et applaudissements
Une ordination est toujours un moment solennel mais aussi très joyeux. Des applaudissements aux chants, tout était empli de cette joie intérieure. Celle-ci se reflétait particulièrement dans les sourires lors du baiser fraternel donné par les prêtres à leur nouveau confrère à la fin de la liturgie de l’ordination. Elle était également présente lors des deux chants d’action de grâce mais aussi dans les échanges qui ont suivi la célébration, durant le verre de l’amitié.
Si la mission future du nouveau prêtre n’a pas encore été annoncée – malgré un appel du pied d’un membre de l’EAP lors d’un des messages de clôture -, sa prochaine action est très claire : le vendredi 9 janvier, il célébrera une messe d’action de grâce dans la paroisse Sainte-Famille de Bagira-Bukavu en RDC.
Félicitations, père Étienne-Marie, et bonne route !
Marie Lebailly



Un mot du Curé…

LA PUDEUR DE L’EVANGILE
OU
COMMENT LES « VIDES » DE L’EVANGILE
PEUVENT
ÉCLAIRER AUJOURD’HUI
LE REGARD À
PORTER SUR NOS VIES ET CELLE D’AUTRUI ?
Le Temps de Noël, le Temps de la reconnaissance…
Il y a eu la Nativité, le 25 décembre : la reconnaissance du Fils de Dieu en Jésus par le Peuple élu, le Peuple hébreu… en la personne des bergers… Il y a eu l’Epiphanie, dimanche dernier : la reconnaissance du Fils de Dieu en Jésus par les autres nations… en la personne des « rois mages »…
Il y a eu la solennité de Marie, Mère de Dieu, le 1er janvier : la reconnaissance du Fils de Dieu en Jésus par l’Eglise… le peuple des Chrétiens…
Il y a aujourd’hui le Baptême de Jésus par Jean : la reconnaissance du Fils de Dieu en Jésus par la voix même de Dieu le Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »
Le Temps de Noël s’achève, le temps de la reconnaissance, le temps qui vient répondre à la question : qui est Jésus ? Le Fils de Dieu !
Tout cela, nous l’avons célébré en quelques jours, mais en fait, trente années se sont écoulées depuis le 25 décembre jusqu’aujourd’hui !
Un silence de trente ans
Oui ! En une semaine, Jésus a pris trente ans ! Dimanche dernier, nous l’avons quitté bébé en compagnie de Marie et Joseph, des bergers et des « mages », et ce dimanche, nous le retrouvons adulte avec Jean le Baptiste et la foule du peuple, la colombe de l’Esprit Saint et la voix du Père… Entre ces deux moments, environ trente années ont passé… Trente années dont les Evangiles ne disent rien, si ce n’est ce bref passage rapporté par Saint Luc dans son Evangile (2, 41-50), quand Jésus, vers l’âge de douze ans, « fugue », c’est-à-dire quitte ses parents sans prévenir, durant trois jours, pour se retrouver parmi les docteurs de la Loi, dans le Temple de Jérusalem. Bien sûr ! On dira que c’était pour la bonne cause, mais tout de même : imaginez votre panique de parents si votre jeune ado en faisait autant !... Remarquons que Saint Matthieu, qui a pourtant écrit deux chapitres sur la naissance et l’enfance de Jésus, ne dit rien de cet épisode ; quant à Saint Marc et Saint Jean, pas un mot sur ces trente premières années…
Pourquoi ce silence ?
Pour répondre, nous ne pouvons émettre que des hypothèses, car aucun ne s’explique…
Sans doute d’abord parce que les évangélistes n’ont pas été témoins de ces années de « vie cachée » de Jésus.
Ensuite, parce que la vie de Jésus ne commence à interpeller que quand, adulte, il débute ce pour quoi il est venu parmi nous : révéler et réaliser le projet de bonheur que le Père a pour le monde ; d’ailleurs, l’exégèse nous a appris que les premières pages des évangiles de saint Matthieu et saint Luc, celles qui rapportent la naissance et l’enfance de Jésus, sont des pages écrites a posteriori, c’est-à-dire en s’appuyant sur les événements de la vie publique et de la Pâque de Jésus, et que ces pages de l’enfance, écrites bien après Pâques, sont très imprégnées des événements de… Pâques.
Peut-être aussi parce qu’il y a une certaine pudeur dans l’Evangile…
La pudeur de l’Evangile
En effet, de même que les Evangiles ne rapportent pas « tout » de la vie de Jésus adulte, de même il n’a pas été jugé utile par les témoins que sont les apôtres et les évangélistes de rapporter cette enfance, puis cette jeunesse dont ils ne savaient rien, sauf peut-être les souvenirs de Marie, Joseph, et de quelques villageois de Nazareth, et dont ils auraient dû sans doute « inventer » beaucoup de pages… Mais très vite, ce silence pudique de l’Evangile va déranger ; c’est ainsi que certains auteurs vont se lancer dans des récits racontant ces pages manquantes de l’enfance de Jésus : par exemple, l’Evangile du pseudo-Matthieu écrit vers le VIème siècle ou l’Histoire de l’Enfance de Jésus (vers le IIIème siècle) aussi appelé Evangile de l’enfance selon Thomas…
Textes apocryphes et Facebook En fait, ces textes essaient de combler les « vides » qui dérangent, et racontent tantôt des miracles
réalisés par Jésus enfant (ainsi, dans l’Evangile selon Thomas, Jésus et ses amis réalisent des oiseaux en argile, puis Jésus leur donne la vie et les oiseaux s’envolent… Mignon comme tout, mais… quel intérêt ?...), tantôt son éducation et comment il va apprendre à lire, tantôt encore comment il va apprendre à user de son pouvoir pour le bien et non pour le mal (on peut lire dans l’Evangile de l’enfance que Jésus n’utilise pas toujours ses pouvoirs escient, et que Joseph se fâche et le consigne à la maison…), etc. 
réalisés par Jésus enfant (ainsi, dans l’Evangile selon Thomas, Jésus et ses amis réalisent des oiseaux en argile, puis Jésus leur donne la vie et les oiseaux s’envolent… Mignon comme tout, mais… quel intérêt ?...), tantôt son éducation et comment il va apprendre à lire, tantôt encore comment il va apprendre à user de son pouvoir pour le bien et non pour le mal (on peut lire dans l’Evangile de l’enfance que Jésus n’utilise pas toujours ses pouvoirs escient, et que Joseph se fâche et le consigne à la maison…), etc. 
Ce sont ce qu’on appelle les « textes apocryphes chrétiens »*, des textes qui n’ont pas été retenus dans ce qui va petit à petit constituer le « canon » (la liste régulée) des Ecritures (autrement dit : les livres de la Bible que nous connaissons) à l’issue d’un processus « naturel » de sélection (on retient les textes qui sont reconnus comme « inspirés » de l’Esprit Saint et proclamés dans les premières communautés chrétiennes) plutôt qu’une décision prise par une personne précise (le choix ne vient donc pas d’une censure officielle mais d’un long processus)**.
Les textes retenus dans la Bible, et en particulier les Evangiles, ne sont pas tombés dans ce piège de « vouloir tout dire » à propos de Jésus, Marie ou Joseph… Il y a bien une réelle pudeur évangélique ; comme bien souvent dans la vie -les Evangélistes l’ont bien compris !-, quand on ne sait pas, il vaut mieux… se taire !
Autre me semble être l’attitude contemporaine où, notamment par les réseaux sociaux, certains racontent quasi chaque minute de leur journée ou de celle de leur couple, de leur enfant. Comme pour les apocryphes, on comble les vides, comme si chaque instant de notre vie devait être inscrit pour l’éternité… Récemment, un ami qui me taquinait sur le fait que je ne suis pas « ami » sur Facebook (et aucun autre réseau social d’ailleurs), essayait de me convaincre de l’intérêt de ces réseaux ; en parcourant quelques pages avec lui, outre quelques blagues pas vraiment relevées et beaucoup de publicités pour tel ou tel événement, on pouvait lire quelques faits de vie particulièrement « intéressants » (vous apprécierez…), le tout émaillé de « selfies », d’émoticônes du plus bel effet ☺ L et de… fautes d’orthographe ; je ne résiste pas à vous en citer quelques-uns : « Aujourd’hui, le facteur n’est pas passé ; grrrr !… - A 11h00, chez le coiffeur ; j’ai essayé une nouvelle colo ; t’en penses quoi ?… - Mina a mangé sa première panade toute seule ce midi, et elle a tout mangé ! Génial ! Ouais ! bon ! y’en avait partout L, mais c’est un premier pas ☺ », etc. et chaque « ami » bien sûr y allait de son commentaire… J’ai voulu rester dans les choses simples, je vous passe donc les messages plus ironiques ou même moqueurs, voire parfois plus agressifs… Ainsi, aujourd’hui encore, il y la vie « retenue » (comme pour les Evangiles), c’est-à-dire ce qui est dit officiellement d’une personne, et il y a les « apocryphes », c’est-à-dire tout ce qui circule ainsi sur les réseaux sociaux, les « on-dit », les rumeurs vraies ou inventées pour enjoliver ou… pour détruire…
Le regard de la Philosophe
Notre société gagnerait cependant (ce n’est que mon avis) à redécouvrir la pudeur des Evangiles.
La philosophe Geneviève Hébert*** écrira un article intitulé « Petit éloge phénoménologique de la pudeur… »**** ; je trouve qu’elle y résume bien ce qu’une non-lecture de l’enfance de Jésus (puisque non écrite) nous apprend sur ce que nous aurions à gagner aujourd’hui dans notre vie en société. Voici quelques bribes de cet article : « Dans une société qui réduit la vérité à la sincérité et qui appelle transparence l’indécence ou l’indiscrétion, on est à la fois tenté et méfiant devant le prétendu impératif de la publicité. J’entends ici publicité au sens premier du geste de rendre public, de montrer et de manifester au grand jour ses sentiments ou ses convictions… La pudeur avance voilée (…) la pudeur parce qu’elle voile le corps, le rend signifiant d’autre chose que de lui-même, elle l’empêche de se suffire à luimême (…) L’intimité d’un être, son for intérieur, est essentiel et fragile ; la pudeur le protège avec d’infinies précautions (…) Elle laisse apparaître sans jamais l’exhiber cette partie de nous qui demande pour s’épanouir intimité, ombre, silence, retraite (…) Il y a des choses qu’on ne peut pas dire, d’autres qu’on ne peut pas montrer, et surtout pas n’importe comment. La pudeur respecte, ou vénère, ou adore dans le secret et le silence (…) Elle ne bavarde pas, elle ne cherche pas à paraître ou à parader (…) Elle craint l’extériorité revendiquée qui occulte toute intériorité. Elle fuit les manifestations mondaines (…) Ce secretum meum mihi auquel tiennent tant des êtres comme Pascal, Kierkegaard ou Edith Stein (…) Les choses en fait ne sont pas si simples, car la pudeur est ambiguë, de l’ambiguïté du silence, mutique ou éloquent, profond ou vide (…) L’ambiguïté de la pudeur est inévitable… »
La philosophe Geneviève Hébert*** écrira un article intitulé « Petit éloge phénoménologique de la pudeur… »**** ; je trouve qu’elle y résume bien ce qu’une non-lecture de l’enfance de Jésus (puisque non écrite) nous apprend sur ce que nous aurions à gagner aujourd’hui dans notre vie en société. Voici quelques bribes de cet article : « Dans une société qui réduit la vérité à la sincérité et qui appelle transparence l’indécence ou l’indiscrétion, on est à la fois tenté et méfiant devant le prétendu impératif de la publicité. J’entends ici publicité au sens premier du geste de rendre public, de montrer et de manifester au grand jour ses sentiments ou ses convictions… La pudeur avance voilée (…) la pudeur parce qu’elle voile le corps, le rend signifiant d’autre chose que de lui-même, elle l’empêche de se suffire à luimême (…) L’intimité d’un être, son for intérieur, est essentiel et fragile ; la pudeur le protège avec d’infinies précautions (…) Elle laisse apparaître sans jamais l’exhiber cette partie de nous qui demande pour s’épanouir intimité, ombre, silence, retraite (…) Il y a des choses qu’on ne peut pas dire, d’autres qu’on ne peut pas montrer, et surtout pas n’importe comment. La pudeur respecte, ou vénère, ou adore dans le secret et le silence (…) Elle ne bavarde pas, elle ne cherche pas à paraître ou à parader (…) Elle craint l’extériorité revendiquée qui occulte toute intériorité. Elle fuit les manifestations mondaines (…) Ce secretum meum mihi auquel tiennent tant des êtres comme Pascal, Kierkegaard ou Edith Stein (…) Les choses en fait ne sont pas si simples, car la pudeur est ambiguë, de l’ambiguïté du silence, mutique ou éloquent, profond ou vide (…) L’ambiguïté de la pudeur est inévitable… » Poursuivant à propos de la « christianité de la pudeur », G. Hébert écrit : « Hannah Arendt remarquait que, dans le christianisme, la bonté doit œuvrer dans l’ombre, puisque le seul fait de se montrer l’altère en prétention, vanité, hypocrisie (…) La publicité vide l’homme de son intériorité. La profondeur s’y transforme en surface, brillante peut-être, mais souvent trompeuse. Nous voici pris au piège des jeux du paraître (…) Dieu lui-même est discret. Sa pudeur est extrême, qui interdit toute représentation anthropomorphique. Même pour Moïse sur le Sinaï. Il se cache dans le buisson ardent. Il parle et nul ne le voit (Exode 4, 12) (…) Et même l’Incarnation peut apparaître comme la forme la plus extrême de cette discrétion. Mais sous une forme paradoxale, et il faut avec J.-L. Schlegel***** parler d’« une pudeur impudique » du christianisme « à même d’exprimer l’inexprimable ». Dieu se vide de sa condition divine, il se fait homme pour habiter parmi les siens. Aux yeux des hommes, c’est là une grande indécence que celle d’un Dieu fait homme (…) En conclusion, on a raison de dire que cette pudeur, si malmenée par la culture contemporaine, assure « la dignité de l’homme, son essence concrète, son humanité incarnée et située » (…) La pudeur, à l’opposé de l’audace, n’est pour autant pas restreinte, recroquevillée sur elle-même, peureuse, timorée. Au contraire, elle prend la mesure des choses. Elle est patiente et ne renonce pas, fervente mais non exaltée. Éminemment personnelle, ouverte sur le mystère et la transcendance, liée à l’ambivalence, subtile, elle se méfie des emballements intempestifs des sens et de l’affectivité. Elle craint de s’égarer, elle se méfie d’ellemême. Elle fait l’expérience du silence comme d’une parole essentielle. Elle est d’autant plus fervente qu’elle est discrète (…) Il n’y a de beauté véritable que pudique… »
Pour conclure…
« Il n’y a de beauté véritable que pudique… » Une conclusion pour bien des occasions et des situations de vie… Ces trente années « silencieuses » de Jésus, sans oublier ces moments de sa vie adulte dont on ne dit rien, invitent à revisiter notre propre regard sur notre vie et celle d’autrui… N’ont-elles pas besoin de ce « silence », de cette pudeur ? Chacun répondra pour lui-même, et… devinera ma réponse…
Bon dimanche !
Chanoine Patrick Willocq
Notes : * Selon le Dictionnaire Littré, « apocryphe » signifie « dont l'authenticité n'est pas établie ». Ces textes apocryphes chrétiens sont publiés sous différents formats. Par exemple, on trouvera une édition très fouillée dans La Pléiade : COLLECTIF, Ecrits apocryphes chrétiens, deux tomes sous la direction de François BOVON, Pierre GEOLTRAIN et Jean-Daniel KAESTLI,
Bibliothèque de la Pléiade n° 442 (1997) et 516 (2005) réunis sous coffret en 2019 (ICI), Gallimard, Paris. Voir aussi Cathobel ainsi qu’une émission de KTO ICI
** Sur le canon des Ecritures, voir ICI un article clair et intéressant du théologien Bernard SESBOÜE.
*** Geneviève HEBERT : ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de philosophie, professeur de philosophie à l'Institut Catholique de Paris, membre du comité de rédaction de la revue ''Études'' et du comité de lecture de la collection ''Philosophie et Théologie'' aux éditions du Cerf.
**** Geneviève HEBERT, « Petit éloge phénoménologique de la pudeur en matière de dévotion et ailleurs… », dans CENTRE NATIONAL DE PASTORALE LITURGIQUE,
Prière liturgique, affectivité et dévotion, Coll. La Maison-Dieu 218, Editions du Cerf, Paris, 1999, p. 131-144.
***** Jean-Louis SCHLEGEL, « Comment parler de l’expérience de Dieu ? », La Pudeur, la réserve et le trouble, Coll. Série Morales, Autrement, Paris, 1992, p.108-125.
Intentions de prière pour la semaine

+
Pour l’Eglise et ses pasteurs… Seigneur Jésus, qu’ils annoncent toujours
l’espérance que tu es venu annoncer à tous les hommes…
+
Pour les catéchumènes et ceux qui les accompagnent, pour les petits enfants
présentés au baptême et leurs parents, pour tous ceux qui préparent à la joie
du baptême… Seigneur Jésus, que chacun s’ouvre à ta Parole et soit comblé du
bonheur que tu leur offres…
+
Pour tous ceux dont le baptême est resté sans lendemain, pour tous ceux qui te
cherchent sans te trouver… Seigneur Jésus, que des chemins nouveaux s’ouvrent
pour eux afin qu’ils découvrent la joie de se mettre à ta suite…
+
Pour notre communauté qui fait mémoire de son baptême… Seigneur Jésus, que
chacun puisse découvrir et annoncer à tous les hommes la tendresse de ton Père…
CONTACTS
M. le Chanoine Patrick Willocq, curéResponsable de l’Unité pastoraleCuré de tous les clochers de l’entité de LeuzeTour Saint-Pierre 157900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.030479/62.66.20M. le Diacre Jean-Marie BourgeoisPastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaireGrand-Rue 567900 Leuze-en-Hainaut0470/100 340M. le Diacre Michel HubletMise à jour du site internetAvenue de la Croix-Rouge 447900 Leuze-en-HainautRèglement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,Curé - Adresse : voir plus hautDélégué à la protection des données :Secrétaire général de la Conférence épiscopale belge -Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1, 1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -Mail : ce.belgica@interdio.beAutorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -Secrétariat décanalTour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.03Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen
Nous porterons dans notre prière ...
Funérailles
Mme Jeanne Lepoivre demeurait à Leuze. La célébration des Funérailles a eu lieu en l’église de Leuze le 05 janvier 2026 à 9h00.
Mme Marie-Claire Cossement demeurait à Chapelle-à-Wattines. La célébration des Funérailles a eu lieu en l’église de Leuze le 07 janvier 2026 à 11h00.
Madame Jeanne Bourlez demeurait à Leuze. La célébration des Funérailles a eu lieu en l’église de Leuze le 09 janvier 2026 à 11h00.
+ Madame Josée Anne Moulin
demeurait à Pipaix. La célébration des Funérailles aura lieu en l’église de
Pipaix le 13 janvier 2026 à 11h00
Aux proches, nous redisons toute notre sympathie dans la foi et l’espérance de l’Evangile.
Dans notre Unité pastorale…



Pour les familles… les jeunes… les enfants …


Dans notre Diocèse de Tournai…







Dans l’Église de Belgique…

2025, une année sombre ? Tout dépend du regard que l’on porte sur elle ! Nous avons demandé à neuf personnalités de pointer un moment, une rencontre, un lieu, qui a nourri leur espérance au cours des douze mois écoulés. Pour terminer la série, nous donnons la parole à un philosophe, homme de médias, à la secrétaire générale d'Action-Vivre Ensemble, et à une spécialiste des Droits humains.
Emmanuel Tourpe, philosophe, théologien et homme de médias
Deux signes puissants nous ont été donnés"
Un signe d’espérance en 2025 ? Il est difficile à trouver dans une société qui, depuis les réseaux sociaux et surtout le Covid, a basculé dans l’individualisme, le narcissisme et le militantisme. Une guerre de tous les égos semble déclarée, gagnant même nos Églises minées par des luttes de chapelles.
Et pourtant, là où grandit le péril, croît aussi ce qui sauve. En 2025, deux signes puissants nous ont été donnés.
Le premier : l’élévation de saint Newman au rang de docteur de l’Église. Le maître de la conscience, celui qui insiste tant sur l’importance d’être seul avec le Seul, nous apprend qu’au fond de soi un autre nous appelle ; que la solitude ouvre à l’Église de ceux qui aiment Dieu. Chez lui, descendre en soi mène non à l'enfermement sur soi, mais à la voix de Dieu, et dans cette voix, à l’unité des hommes. Le second : l’élection de Léon XIV. Disciple d’Augustin, il aurait pu canoniser lui aussi l’isolement de chacun contre chacun; il fait l’inverse. « Tu veux être le centre du monde ? Va au bout : tu n’y trouves plus toi-même, mais le Dieu qui veut l’amour entre les hommes. » Ce pape est celui de l’unité du genre humain. Un signe pour 2025 ? Le voici, dans les mots de ce Pape de la réconciliation : être, en Eglise, au cœur d’un monde blessé, « un petit levain d’unité, de communion, de fraternité».
Axelle Fischer, secrétaire générale d’Action Vivre Ensemble
"L’espérance ne se contente pas d’attendre les jours meilleurs"
Le Jubilé 2025, placé sous le signe des « pèlerins d'espérance », nous rappelle que l'espérance dont parle le pape François n'est pas un optimisme naïf, mais une force active qui nous pousse à l'action.
En 2025, je me suis sentie particulièrement encouragée par ces nombreuses personnes qui s’investissent sur le terrain de la lutte contre la pauvreté en Belgique. Chaque année, dans les différents diocèses, l’équipe d’Action Vivre Ensemble organise des rencontres appelées « assemblées associatives ». Ce sont des moments privilégiés où les associations soutenues se réunissent pour partager leurs défis communs et réfléchir aux pistes d’action, y compris en termes de revendications politiques.
Cette année, notre campagne d’Avent a mis le focus sur la jeunesse et, plus particulièrement, sur les enfants en âge d’aller à l’école. Nous avons voulu mettre en évidence ce chiffre, terrifiant : 1 enfant sur 4 n’a pas à manger à midi. Certains interlocuteurs, y compris d’Eglise, nous ont interpellés en rappelant la responsabilité des parents.
Dans un contexte social et politique dans lequel l’action associative est remise en question, voire moquée, il nous a semblé important de rappeler l’essentiel : l’attention au plus pauvre et exclu est une responsabilité de l’État et est, pour les chrétiens, indissociable du message de l’Évangile. À nos yeux, et à ceux des 76 associations soutenues sur le terrain, la bonne question n’est pas : « à qui la faute » mais « que peut-on faire pour que cela n’arrive pas ? ».
L'espérance qui anime ces dizaines de travailleurs et travailleuses sociaux fait écho à celle du Jubilé : elle est concrète, enracinée dans l'action et tournée vers l'avenir. Elle ne se contente pas d'attendre des jours meilleurs, elle les construit : quand une école des devoirs accompagne et donne confiance à des enfants en décrochage scolaire, quand une AMO (service d’Action en Milieu Ouvert) permet à des jeunes de s’épanouir dans des activités de loisir, quand une ASBL accompagne une famille à trouver un logement salubre… Ce n’est pas de l’argent jeté par les fenêtres, c’est un investissement dans la société que nous voulons pour demain. C'est l'espérance qui se fait chair.
Françoise Tulkens, ancienne juge à la Cour européenne des Droits de l’Homme
"L’engagement croissant de la société civile dans le soutien des droits fondamentaux"
J’entends l’espérance au sens philosophique. Au-delà de l’espoir qui est un désir orienté vers un résultat concret, l’espérance est une attitude existentielle, « une ouverture intérieure » qui invite à agir. Dans le domaine des droits humains qui donnent sens à ma vie et qui sont tellement malmenés aujourd’hui, accablés de tous les maux, un signe d’espérance en 2025 est l’engagement croissant de la société civile, des associations, des citoyennes et de citoyens, dans le soutien et la défense des droits fondamentaux. Je pense aux mouvements de femmes qui rappellent sans cesse, sur le terrain et dans des manifestations, que l’égalité est un droit et pas un privilège. Je pense au personnel de la prison de Haren, soutenu par la hiérarchie, qui ose la grève pour que les détenus dont ils ont la garde ne soient pas soumis à des traitements inhumains et dégradants. Je pense encore à l’environnaient au moment où les autorités « oublient » leur responsabilité dans cette crise existentielle. Ainsi, dans les procès climatiques fondés sur le respect des droits de la Convention européenne des droits de ’homme, c’est la société civile qui en a pris l’initiative. Dans l’affaire Klimatzaak à la Cour d’appel de Bruxelles, le dossier était soutenu par 62.000 signatures, du jamais vu.
Devant le déclin de la démocratie, c’est encore la société civile qui propose de nouvelles idées politiques, sociales, juridiques. Oui, en 2025, l’espérance tient à ceci : les droits humains sont un socle et pas un slogan, une exigence et pas une option.

La messe des 800 ans de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles sera retransmise en direct sur KTO télévision, KTO radio et tous leurs supports numériques, dimanche 11 janvier à 10h45.
Cette messe pontificale sera célébrée par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, légat du pape Léon XIV, avec Mgr Luc Terlinden et les évêques belges, en présence du Roi et de la Reine.
À voir également
Sainte Gudule, la force de la foi
Ce film nous propose de mieux connaître la sainte patronne de Bruxelles, en marchant dans ses pas. De Moorsel, où elle naquit vers
650, jusqu’à l’impressionnante et magnifique Saint-Michel-et-SainteGudule. C’est dans cette cathédrale que l’on porta ses reliques en 1074. Si une mérovingienne, très peu connue en France, est vénérée sans discontinuer en Belgique, au point d’accoler son nom à celui d’un archange, c’est que son exemple a inspiré la vie chrétienne. Armand Isnard a enquêté sur cette belle dévotion, sur la mère et la sœur de la sainte, et nous rapporte toutes les merveilles que sainte Gudule a semées pour nous. Comment la reconnaître ? Selon une légende bien établie, elle aurait rallumé une bougie rien que par sa prière, c’est pourquoi on la représente avec une chandelle allumée à la main. Une rediffusion pour l’anniversaire des 800 ans de la fondation de la cathédrale Saint-Michel-et-Sainte-Gudule. Coproduction KTO/CAT PRODUCTIONS 2022, réalisée par Armand Isnard.
Un documentaire à revoir : jeudi 8 janvier à 14h36, vendredi 9 janvier à 22h20, samedi 10 janvier à 10h49, dimanche 11 janvier à 9h20, lundi 12 janvier à 8h30 et mardi 13 janvier à 16h00.



