Une Parole … Une Prière
11ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« …ALORS JÉSUS APPELA… »

« En ce temps-là, voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 9, 36 – 10, 8
Illustration : Cathédrale de Chartres, Les 12 apôtres, Portail royal
Méditation du Pape Léon XIV
PAPE LÉON XIV 
Audience générale - Catéchèse
Place St-Pierre , Rome – 03 juin 2026

LE CONCILE VATICAN II À TRAVERS SES DOCUMENTS (XVIII)
II. LA CONSTITUTION DOGMATIQUE « SACROSANCTUM CONCILIUM »
(
:Le Saint-Siège)
3. LE RITE, LE SIGNE, LE SYMBOLE
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
en
poursuivant notre catéchèse sur la constitution
conciliaire Sacrosanctum
Concilium (SC), nous souhaitons nous
arrêter un instant pour réfléchir sur certains éléments constitutifs de la
liturgie sacrée, tels que le rite, le signe et le symbole.
Le Concile Vatican II, s’inspirant du
précieux travail du Mouvement liturgique, nous a aidés à redécouvrir une vérité
très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des
Pères. Les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur
du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont la
médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin.
C’est précisément pour cette raison que
le Concile invite à comprendre le Mysterium fidei qui se réalise dans la
liturgie à travers les rites et les prières (cf. SC, 48).
Le rite donne forme à l’action
liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité
spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par
Jésus-Christ. Naturellement, cela se produit si nous ne restons pas des spectateurs
étrangers ou muets (cf. ibid.) face à la liturgie, mais
si nous y participons de tout notre être – corps, esprit et cœur –, en
obéissance au commandement du Seigneur. À travers le rite sacré, nous sommes
ainsi formés à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce et à
l’adoration, au partage fraternel et à la communion ecclésiale. Nous découvrons
que nous sommes une assemblée aux multiples visages, réunie par la même foi. Le
rite nous plonge dans une séquence bien définie de gestes et de prières, qui
peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité. Sa
logique, cependant, n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas. Au
contraire, par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les
activités frénétiques nous ramenant à l’essentiel. Nous découvrons ainsi une
autre dimension de l’agir, qui n’est pas guidée par des calculs de rendement,
et une autre expérience du temps et de l’espace. Dans le rite, nous faisons
l’expérience d’une logique de gratuité, nous trouvons une pause qui régénère le
cœur, nous reconnaissons que nous sommes précédés de la grâce divine, nous
apprenons à vivre dans un rythme habité par l’Esprit Saint.
La grammaire du rite est tissée des
signes et des symboles propres à la liturgie. En elle, comme l’affirme le
Concile, « la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles
et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux » (SC, 7). Le Catéchisme de
l’Église Catholique approfondit la valeur de ces signes, en rappelant que «
leur signification s’enracine dans l’œuvre de la création et dans la culture
humaine, se précise dans les événements de l’Ancienne Alliance et se révèle pleinement
dans la personne et l’œuvre du Christ » (n° 1145). Emblématique est le signe de
l’eau : depuis les origines de la création jusqu’au déluge, depuis la traversée
de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à l’eau qui jaillit du côté du Christ
et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et résurrection.
“Signe” et “symbole” sont des termes
souvent utilisés comme synonymes. En réalité, un signe est symbolique lorsqu’il
est capable de renvoyer non seulement à une idée, mais à tout un système de
significations et de valeurs. Ainsi, par exemple, lorsque nous sommes aspergés
avec l’eau bénite, cela ravive en nous la conscience du don reçu lors du
baptême et notre adhésion à la vie nouvelle en Christ. Deuxièmement, les
symboles ont essentiellement un caractère pratique, étant avant tout des
actions : les plus simples et courantes, comme s’agenouiller et se donner la
paix, ou les plus exigeantes, comme les actes constitutifs de chaque sacrement.
Surtout, les symboles ont une dimension singulière, performative et
transformatrice, tant envers les éléments matériels qui les composent qu’envers
ceux qui entrent en contact avec eux, générant un sentiment d’appartenance,
touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales.
Dans la Lettre apostolique Desiderio
desideravi, le pape François, faisant
sienne une affirmation de Romano Guardini, identifiait « la première tâche du
travail de formation liturgique : l’homme doit retrouver sa capacité symbolique
» (n° 44). Nous avons besoin de nous laisser éduquer par les rites de la
liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté de nos
célébrations et en nous engageant dans une authentique mystagogie. L’expérience
d’une liturgie vivante et pieuse, accompagnée d’une catéchèse mystagogique
appropriée, est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture
à la rencontre avec Dieu qui, dans la logique de l’Incarnation, ne peut avoir
lieu qu’en impliquant tout l’homme : esprit, âme et corps (cf. 1Th 5, 23).
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Prier avec le Pape
PRIER AVEC LE PAPE
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - JUIN 2026
« Pour les valeurs du sport »
Cliquez sur l'illustration pour avoir accès à la vidéo.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur de la vie,
nous te rendons grâce pour le don du sport,
pour ceux qui glorifient Dieu par l’exercice de leur corps,
pour les amitiés qui naissent sur le terrain
et la joie de jouer en équipe.
Tu nous enseignes que dans la vie, comme dans le jeu,
personne ne se sauve tout seul.
Nous avons besoin des autres pour grandir,
apprendre le respect, dépasser nos limites
et célébrer ensemble les victoires obtenues.
Nous te prions pour que le sport soit toujours
une école de fraternité et non de rivalité vide,
un espace de rencontre et non d’exclusion,
un chemin de paix et non de violence.
Que ceux qui pratiquent, entraînent ou encouragent
découvrent dans le sport un langage universel
qui rapproche les cultures,
unit les peuples
et sème le respect, la solidarité et le dépassement de soi.
Seigneur Jésus,
que chaque sport devienne une parabole
d’une vie vécue avec toi, dans l’effort joyeux,
avec humilité dans la défaite et gratitude dans la victoire
que tu nous offres dans ta résurrection.
Que ton Esprit ne nous manque jamais,
pour que nous soyons une seule équipe,
unie à toi,
au service de la communion et de la fraternité
dans l’histoire.
Amen.

Beaucoup, dans l’Eglise mais pas uniquement, encouragent à lire la première Encyclique du Pape Léon XIV (voir aussi notre rubrique « Lecture du soir… Lecture du matin… »). C’est pourquoi nous allons la publier petit à petit dans notre Chronique. Bonne lecture !

L’évolution du Magistère social de Léon XIII à nos jours
28. Après avoir rappelé la manière dont l’Église s’inscrit dans l’histoire et dialogue avec le monde, je voudrais maintenant me pencher sur le développement de la Doctrine sociale dans le Magistère qui a accompagné les grandes transformations sociales du XIXe siècle à nos jours. Je ne pourrai évidemment pas rendre compte de toute la richesse de cet enseignement dont les principes fondamentaux sont présentés dans le Compendium de la Doctrine sociale de l’Église et par la suite approfondis dans le Magistère récent. Je ne pourrai pas non plus reprendre de manière systématique ce qui a été élaboré dans les Encycliques de mes vénérés Prédécesseurs, en particulier dans Laudato si’ et dans Fratelli tutti. J’entends toutefois rappeler quelques lignes essentielles, afin de montrer que ce que j’écris s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Je veux en même temps souligner comment, au sein de celle-ci, le noyau stable des vérités révélées sur la personne et la vie en communauté s’entremêle avec une capacité sans cesse renouvelée à écouter les situations historiques et à se laisser interpeller par les questions qui émergent du présent. Je retracerai donc quelques étapes décisives de cette évolution, en commençant par la période ouverte par l’Encyclique Rerum novarum.
Les premiers pas de la Doctrine sociale de l’Église
29. Ce que nous appelons aujourd’hui la “Doctrine sociale de l’Église” n’est pas apparue soudainement à l’époque contemporaine, mais rassemble et organise une longue tradition de réflexion ecclésiale sur la vie sociale puisant ses sources dans l’Écriture Sainte, les Pères de l’Église, les élaborations théologiques et juridiques du Moyen Âge comme de l’époque moderne. L’expression “Doctrine sociale de l’Église” a été employée pour la première fois par Pie XII en 1950, [23] mais le contenu qu’elle recouvre, compris comme un corpus organique d’enseignements sociaux, a commencé à se dessiner avec l’Encyclique Rerum novarum de Léon XIII. Face aux « questions nouvelles » de son époque – le conflit entre le capital et le travail, la question ouvrière, les transformations économiques et sociales – Léon XIII ne s’est pas contenté de constater le malaise, mais a considéré ces situations comme lieu de la mission pastorale de l’Église, les a soumises à un discernement rigoureux et a mis en évidence les causes et les issues possibles à la lumière de l’Évangile et d’une vision intégrale de la personne créée à l’image de Dieu. Saint Jean-Paul II a vu dans cette manière de procéder un « paradigme permanent » [24] de la Doctrine sociale : une pratique exemplaire par laquelle l’Église, face aux transformations historiques, exerce son droit et devoir d’examiner les réalités sociales, de se prononcer à leur sujet et d’indiquer des voies de solution juste. Ainsi, les contenus pérennes de la foi et de la sagesse ecclésiale ancestrale s’articulent en une doctrine vivante qui, tout en restant fidèle à l’Évangile, s’enrichit au contact des « questions nouvelles » de chaque époque.
30. L’Encyclique Rerum novarum de Léon XIII constitue un jalon dans l’évolution du Magistère social. Le document place au centre de sa réflexion la dignité du travail et de l’ouvrier, affirme le droit à un salaire juste pour soi-même et pour sa famille, reconnaît dans les personnes une valeur essentielle prioritaire par rapport au capital et au profit, défend la propriété privée ainsi que sa fonction sociale indispensable, apprécie les associations de travailleurs et propose des formes de collaboration entre les différentes composantes de la société comme alternative à la logique de la lutte des classes. Il n’est donc pas étonnant que Pie XI ait pu la qualifier de « Grande Charte » [25] de l’action sociale des chrétiens. Dans Rerum novarum, la sagesse séculaire de l’Église sur la personne et la vie en société prend une forme nouvelle, capable de s’adapter à l’ère industrielle et d’offrir le premier grand cadre systématique de cette Doctrine sociale que les décennies suivantes allaient davantage développer. Bien que bon nombre des conditions historiques décrites par Léon XIII aient changé, deux principes au moins restent d’une grande actualité : la primauté du travail humain sur toute logique purement productive ou financière, avec l’attention qui en découle pour les personnes et les familles les plus exposées à l’exploitation, et le lien indissociable entre l’annonce évangélique et la recherche d’un ordre social plus juste. Ainsi, Rerum novarum continue à nous rappeler qu’il n’y a pas d’évangélisation authentique qui ne touche pas également les structures de la vie en société.
31. L’Encyclique Quadragesimo anno de Pie XI, publiée en 1931 à l’occasion du 40e anniversaire de Rerum novarum et en pleine crise économique mondiale, franchit une nouvelle étape dans le développement du Magistère social. Elle ne se contente pas de reprendre la question ouvrière, mais élargit son regard à la configuration générale de l’ordre économique et politique. Elle dénonce la concentration du pouvoir économique entre les mains d’une minorité ; elle critique tant la concurrence sans limites que les projets collectivistes annulant la liberté et la responsabilité des personnes ; elle rappelle avec force le droit d’association des ouvriers et réaffirme l’exigence que le salaire soit proportionné non seulement à la prestation, mais aussi aux besoins de l’ouvrier et de sa famille. Dans ce contexte, elle formule de manière systématique le principe de subsidiarité, destiné à devenir l’un des repères constants de la Doctrine sociale, selon lequel ce qui peut être accompli par les personnes, les familles, les organismes intermédiaires et ou les communautés locales ne doit pas être absorbé par des instances supérieures. Parallèlement à ces contributions, Pie XI rappelle clairement la fonction sociale de la propriété et, à travers diverses interventions de son Magistère – depuis les Encycliques Non abbiamo bisogno et Mit brennender Sorge jusqu’à Divini Redemptoris – dénonce les totalitarismes qui bafouent la dignité de la personne, étouffent la vie sociale, exaltent l’État au-delà de sa juste valeur et recourent à la catégorie discriminatoire de race. Au moins trois idées de son enseignement social restent particulièrement d’actualité aujourd’hui : la prise de conscience que les injustices ne concernent pas seulement les comportements individuels mais aussi les structures économiques et institutionnelles ; la valeur du principe de subsidiarité qui invite à renforcer le tissu associatif et communautaire, en évitant de nouvelles concentrations de pouvoir ; et le lien entre la dignité du travail, une rémunération juste et la possibilité réelle pour les familles de mener une vie décente.
32. Dans le contexte dramatique de la Seconde Guerre mondiale et des années de reconstruction, le Magistère de Pie XII apporte une contribution significative au développement de la Doctrine sociale, notamment à travers ses Messages radiophoniques de Noël dans lesquels il esquisse les contours d’un ordre international fondé sur la reconnaissance de la dignité humaine, la justice et la paix. À ces occasions, le Pape propose un dialogue avec la société en partant d’un rappel exigeant du droit naturel, compris comme un ensemble de principes objectifs qui précèdent les intérêts des individus et des États et doivent régir la vie interne des nations ainsi que leurs relations mutuelles. Pie XII attribue en outre un rôle décisif aux associations professionnelles, aux syndicats de travailleurs et aux divers corps intermédiaires de la vie économique et sociale, reconnaissant dans ces formes organisées de la société un rempart essentiel pour l’équilibre civil et la sauvegarde du bien commun. Il défend la nécessité d’un État de droit solide pour prévenir les abus de pouvoir et considère la démocratie un instrument susceptible de favoriser un exercice correct de l’autorité. En même temps, il met en garde contre toute prétention de fonder le droit sur l’utilité ou la force, rappelant qu’un ordre international fondé sur l’avantage des plus forts expose les peuples les plus faibles à l’oppression et mine la confiance entre les nations. Il identifie enfin, dans les profonds déséquilibres économiques entre pays, l’un des facteurs alimentant les conflits. [26] À notre époque, marquée par de nouvelles formes de pouvoir mondial et par des inégalités croissantes, trois orientations restent particulièrement importantes : la nécessité de faire passer le droit avant l’intérêt, la prise de conscience que les disparités économiques constituent un terrain fertile pour les tensions et les violences, et la valeur d’un maillage associatif capable de jouer un rôle de médiateur entre l’individu et l’État. Elles continuent d’offrir à la Doctrine sociale des critères importants pour interpréter les dynamiques de la mondialisation et pour promouvoir un ordre international plus juste et pacifique.
Les années du Concile Vatican II
33. Avec saint Jean XXIII s’ouvre une nouvelle étape du Magistère social marquée par une attention plus explicite à la dimension mondiale des questions sociales et au langage des droits. Dans Mater et magistra, il présente la foi chrétienne comme une lumière capable de relier le ciel et la terre, rappelant que l’Église, bien qu’ayant pour mission première la sanctification et l’annonce des biens éternels, ne néglige pas pour autant les exigences concrètes de la vie quotidienne des personnes, mais s’intéresse à tout bien humain authentique. [27] Partant de cette vision unitaire de l’humain, il souligne que la vie sociale exige un équilibre entre l’initiative des citoyens et des groupes, appelés à s’auto-organiser et à collaborer, et l’action de l’État qui doit coordonner et soutenir sans étouffer la liberté et la responsabilité des individus ; d’où l’attention à la juste rémunération du travail, à la participation des ouvriers et aux disparités croissantes entre les pays. Quelques années plus tard, dans Pacem in terris, s’adressant pour la première fois non seulement aux fidèles mais à tous les hommes de bonne volonté, Jean XXIII relie de manière organique la dignité de la personne à la reconnaissance des droits et devoirs fondamentaux et propose un ordre de vie en société – y compris au niveau international – fondé sur la vérité, la justice, l’amour et la liberté. [28] La portée universelle de son appel, la référence aux droits de l’homme comme grammaire commune et la conviction que la paix durable passe par des institutions et des relations entre les peuples inspirées par la dignité de chaque personne restent particulièrement significatives pour notre époque marquée par des conflits et de nouvelles formes d’interdépendance généralisés.
34. Le Concile Vatican II a marqué un tournant dans l’autocompréhension de l’Église dans le monde contemporain. Dans la
Constitution pastorale Gaudium et spes, il nous a donné l’image d’une Église qui se fait proche de l’humanité, engagée dans le monde, et déterminée à réfléchir non à partir de schémas abstraits, mais à partir de la réalité concrète des situations historiques. Le texte aborde les grandes questions du mariage et de la famille, de la vie économique et sociale, de la communauté politique, de la guerre et de la paix, en insistant sur le fait que les structures économiques et institutionnelles sont justes uniquement dans la mesure où elles servent le développement intégral de la personne et favorisent la participation responsable de tous. [29] L’importance de ce document conciliaire pour la Doctrine sociale de l’Église réside non seulement dans le fait qu’il a ouvert des perspectives de réflexions thématiques, mais aussi dans le fait qu’il a fourni une méthode de discernement invitant à lire les transformations historiques avec un regard évangélique et une compétence humaine. Ce style montre que le dialogue avec le monde n’est pas pour l’Église une option tactique, mais une forme concrète de sa mission, car l’Évangile tel un levain peut transformer de l’intérieur les structures de la cohabitation et ouvrir des voies vers une plus grande humanité. C’est dans cette perspective que s’inscrit également la Déclaration Dignitatis humanae dans laquelle le Concile reconnaît que la liberté religieuse est un droit fondamental enraciné dans la dignité de la personne qui doit être garanti par l’ordre juridique afin que nul ne soit contraint d’agir contre sa conscience ou empêché de rechercher ou de professer la vérité en privé et en public. [30] Ce principe, d’une grande importance pour notre époque, continue d’offrir à la Doctrine sociale des critères décisifs pour la protection de la personne et pour la construction de sociétés pluralistes et pacifiques.
35. Sous le Pontificat de saint Paul VI émerge une conception de la paix qui ne se réduit pas à l’absence de guerre, mais qui prend forme dans le cheminement vers un développement humain intégral. Dans Populorum progressio, il décrit le développement comme un passage de conditions de vie moins humaines à des conditions plus humaines et le conçoit comme un processus qui concerne tout homme et tout l’homme, [31] c’est-à-dire toutes les dimensions de la personne et tous les peuples, sans exception. Sur cette base, Paul VI peut affirmer qu’un développement ainsi conçu est en réalité « le nouveau nom de la paix », [32] car il vise à éliminer les racines de l’injustice et du conflit et à ouvrir des espaces de vie plus dignes pour tous. La création de la Commission pontificale Iustitia et Pax doit également être lue dans cette optique comme une tentative de donner à cette intuition une forme stable, au niveau ecclésial et international, en maintenant vivante la conscience du fossé croissant entre pays riches et pays pauvres et de la nécessité de politiques favorisant des conditions de vie réellement plus humaines pour tous.
36. Dans l’ Octogesima adveniens écrite à l’occasion du 80 e anniversaire de Rerum novarum, Paul VI transpose cette perspective dans la société post-industrielle, marquée par des transformations urbaines, de nouvelles formes de pauvreté, des changements dans le travail et des mutations culturelles rapides remettant en question l’avenir des personnes et des communautés. Pour Paul VI, l’Évangile, bien qu’il ait été « annoncé, écrit, vécu » [33] dans un contexte historico-culturel très différent du nôtre, n’est pas un message dépassé, mais une vision de la personne humaine, des relations, de l’autorité et du bien commun capable d’orienter encore aujourd’hui les choix économiques, politiques et culturels. En d’autres termes, l’Évangile reste d’actualité car il fournit les critères permettant de reconnaître ce qui humanise ou déshumanise, ce qui libère ou opprime au sein de situations sans cesse renouvelées. Pour la Doctrine sociale de l’Église, l’héritage le plus exigeant de Paul VI est précisément celui-ci : tant qu’il y aura dans le monde des peuples exclus d’un développement digne de l’être humain, la communauté chrétienne ne pourra se contenter de proclamer la paix de manière abstraite, mais devra laisser l’Évangile juger ces structures économiques et politiques à partir de ceux qui en sont écartés. Cellesci, comme devait le rappeler Jean-Paul II, peuvent devenir de véritables « structures de péché », [34] afin qu’aucune personne ni aucun peuple ne soit traité comme sacrifiable dans les processus de développement. (A suivre)
LEON XIV
[23] Cf. Pie XII, Exhort. ap. Menti Nostrae (23 septembre 1950) : AAS 42 (1950), pp. 657-702.
[24] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1 er mai 1991), n. 5 : AAS 83 (1991), p. 799.
[25] Pie XI, Lett. enc. Quadragesimo anno (15 mai 1931), n. 39 : AAS 23 (1931), p. 189 ; cf. Pie XII, Message radiophonique à l’occasion du 50e anniversaire de « Rerum novarum » : AAS 33 (1941), p. 198.
[26] Cf. Id, Discours au Sacré Collège des Cardinaux et à la Prélature Romaine (24 décembre 1940) : AAS 33 (1941), p. 13.
[27] Cf. Saint Jean XXIII, Lett. enc. Mater et magistra (15 mai 1961), nn. 2-3 : AAS 53 (1961), p. 402.
[28] Cf. Id, Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963), n. 87 : AAS 55 (1963), p. 301.
[29] Cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes , n. 26 : AAS 58 (1966), pp.
1046-1047.
[30] Cf. Id, Décl. Dignitatis humanae , n. 2 : AAS 58 (1966), pp. 930-931.
[31] Cf. Saint Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 14 : AAS 59 (1967), p. 264.
[32] Ibid., n. 87 : AAS 59 (1967), p. 299.
[33]Id, Lett. ap. Octogesima adveniens (14 mai 1971), nn. 4-7 : AAS 63 (1971), pp. 404-406.
[34] Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), p. 36 :
AAS 80 (1988), p. 561.


À l’occasion de la Journée pour la
sanctification sacerdotale, célébrée le 12 juin 2026 en la solennité du
Sacré-Cœur de Jésus, le pape Léon XIV adresse aux prêtres du monde entier un
appel à la sainteté, à l’union au Christ et à la fraternité sacerdotale.
Très
chers frères prêtres, en ce jour où
l’Église contemple le Cœur transpercé de son Seigneur, d’où jaillit une source
inépuisable de paix et d’unité pour tout le genre humain, j’adresse d’abord à
moi-même et à vous tous les paroles que Dieu a dites au peuple d’Israël : «
Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19, 2 ; cf.
1 P 1, 16). Cet appel divin traverse les siècles, résonnant encore aujourd’hui
avec force pour chaque croyant et, d’une manière particulièrement exigeante, pour
nous, prêtres. La sainteté n’est pas une option parmi d’autres ni un idéal
abstrait : elle met en jeu l’identité même de toute personne qui veut
participer à la vie du Ressuscité.
La sainteté est une participation au mystère du
Christ
Dieu
nous invite à participer à sa propre sainteté. Lorsqu’il nous appelle à être
saints parce que Lui est saint, il nous montre le chemin à suivre : nous
laisser modeler selon son Cœur. Et pour nous, très chers frères, cet appel est
particulièrement radical. Le Seigneur a promis : « Je vous donnerai des
pasteurs selon mon cœur, qui vous guideront avec science et intelligence » (Jr
3, 15). La sainteté qui nous est demandée est un abandon confiant : nous
laisser transformer par son Saint-Esprit. Et pourtant, c’est précisément là
qu’apparaît le grand paradoxe de notre vie sacerdotale : nous sommes appelés à
participer à la sainteté même de Dieu, mais nous portons ce trésor dans des
vases d’argile (cf. 2 Co 4, 7), nous sommes limités et imparfaits, souvent marqués
par des faiblesses et des fatigues, parfois par des blessures. Comment un cœur
humain, si vulnérable, peut-il répondre à un appel si élevé ? Le prêtre vit
cette tension, mais il sait où trouver la paix : dans le côté ouvert du
Seigneur Jésus.
Un chemin d’union
L’union
de notre cœur avec le Cœur du Christ n’est pas une expérience réservée à
quelques élus, mais un chemin sacramentel, eucharistique, qui se réalise au
quotidien. Très chers frères, lors de notre ordination, nous avons été
configurés au Christ, mais il convient de raviver sans cesse en nous le don de
la grâce par la célébration quotidienne de l’Eucharistie, la prière, la
méditation de la Parole de Dieu et le service humble envers nos frères et
sœurs. Restons unis au Christ en tout : dans ce que nous faisons et dans ce qui
nous arrive au quotidien. Alors la sainteté, recherchée en vain par des efforts
isolés, se révélera pour ce qu’elle est : une réponse à la grâce qui nous
précède, nous soutient, nous transfigure. Il n’y a pas, en effet, de
séparations dans notre humanité. La prière, le ministère, les relations, la
fatigue, les joies et les échecs, même le temps apparemment perdu ou l’amour
qui semble gaspillé, tout devient un lieu privilégié où se révèle Dieu et son
amour infini.
Le
prêtre au cœur intègre, simple et pur, est contemplatif au beau milieu de
l’action, miséricordieux, fidèle dans l’épreuve, joyeux dans le don de soi. Le
monde a grand besoin de pasteurs qui n’offrent pas seulement des paroles ou des
programmes, mais le témoignage vivant d’un cœur réconcilié, répandant le bon
parfum de la sainteté du Christ. Une vie sacerdotale solide et configurée au
Cœur de Jésus est un signe crédible d’unité, de paix et de miséricorde. Ainsi,
en une époque marquée par les divisions et les peurs, nous pouvons être des
artisans de paix, des témoins de la tendresse du Bon Pasteur, qui sait
rassembler ceux qui sont dispersés et soigner ceux qui sont blessés, et notre
zèle n’est pas de l’agitation, mais le débordement d’un amour qui « est extase,
sortie, don, rencontre » (François, Lettre encyclique Dilexit nos, n. 28).
Le Cœur du Christ est le cœur des saints
La
réponse à la vocation à la sainteté ne réside pas tant dans l’effort d’ascèse
et de perfection, bien que nécessaire, mais dans l’adhésion confiante à l’amour
révélé dans le Cœur transpercé de Jésus. L’apôtre Jean nous fait contempler le
côté ouvert du Crucifié (cf. Jn 19, 34), dans lequel Dieu nous montre
définitivement comment Il est saint : non pas dans la distance inaccessible
d’une perfection séparée, mais dans un amour qui se donne jusqu’à se laisser
blesser et qui peut ainsi devenir source de miséricorde et de vie. Le
Sacré-Cœur de Jésus est l’icône par excellence de l’amour de Dieu : un amour
tout-puissant précisément parce qu’il est capable de se rendre vulnérable, de
transformer la souffrance en grâce, la douleur en espérance.
Ce
Cœur béni est donc le “lieu” où la sainteté se manifeste comme proximité et
tendresse. La sainteté du prêtre peut alors s’exprimer dans une proximité
humble et courageuse, en étant de tous et pour tous, en gardant ouverte la
porte de l’enclos afin que beaucoup puissent entrer et trouver pâturage et
repos (cf. Jn 10, 9). C’est pourquoi il nous est demandé une relation avec Dieu
qui ne nous éloigne pas des hommes, mais qui nous rende proches de tous, qui
façonne en nous des cœurs patients, tendres, capables de proximité, de
compassion et d’écoute. Ainsi, l’union de notre cœur imparfait avec le Cœur
transpercé de Jésus, réalise notre chemin de sainteté. Ce n’est plus nous qui
vivons, mais le Christ qui vit en nous (cf. Gal 2, 20). Une telle sainteté ne
se vit pas tout seul. Prenez soin de la fraternité sacerdotale :
recherchez-vous, écoutez-vous, soutenez-vous. Le prêtre qui s’isole s’éteint
peu à peu ; le prêtre qui marche avec ses frères grandit. Saint Augustin nous
le rappelle encore : « Comment ne pas nous retrouver dans les ténèbres ? En
aimant nos frères. Quelle est la preuve que nous aimons nos frères ? Celle-ci :
que nous ne rompions pas l’unité et que nous observions la charité » (In Epist.
Io. ad Parthos
II,
3).
Très
chers prêtres, renouvelez chaque jour votre “me voici” devant le Cœur
transpercé du Christ. Abandonnez-vous totalement à Lui, afin de pouvoir aimer
son peuple de l’amour même dont Il l’aime. Et rappelezvous avec joie, comme
aimait à le répéter le Saint Curé d’Ars, que « le sacerdoce, c’est l’amour du
Cœur de Jésus » (cf. Benoît XVI, Lettre pour la proclamation de l’Année
sacerdotale [16 juin 2009], 569). Cet amour est le gage et la garantie que rien
de nous ne sera perdu, si tout de nous est remis et offert. Je vous confie tous
et chacun à la Vierge
Marie,
Mère des prêtres. Elle qui a gardé dans son cœur le mystère de son Fils,
qu’elle nous enseigne à garder et à faire battre en nous le Cœur du Christ,
Sauveur du monde.
12 juin 2026,
solennité du Sacré-Cœur de Jésus.
LÉON PP. XIV
Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria
Editrice Vaticana

Parole de Mgr Frédéric Rossignol


Dans
l’Évangile, nous voyons bien que la tension qui habite le Christ est tout
autre. Il se montre d’une très grande disponibilité pour les autres. Il
s’intéresse à chaque personne dans chaque rencontre, et il cherche aussi
régulièrement à s’isoler pour pouvoir passer du temps avec son Père. S’isoler
comme le Christ, c’est s’ouvrir à un autre regard sur notre vie. Tout d’abord,
il s’agit de poser son regard sur Dieu. En m’ouvrant à la présence de Dieu, je
me décentre naturellement de moi-même. Le Seigneur de l’Histoire, y compris de
la mienne, ce n’est pas moi, c’est Dieu ! Cela relativise mes choix, mes
projets, mes réussites et mes échecs. Pour découvrir la présence de Dieu dans
ma vie, j’entre dans un temps de silence, de recueillement, et je relis mon histoire
en sa présence. Cette relecture me permet de découvrir l’harmonie de ma vie et
le désordre également qui l’habite. Cette harmonie est une donnée de foi. C’est
Dieu qui façonne cette harmonie comme un bon chef d’orchestre, Il crée un
morceau unique qui le réjouit et fait l’admiration de ceux qui suivent son
rythme. Quand un dialogue vrai s’établit avec Dieu, j’entre dans la
reconnaissance pour ce qui m’a été de vivre, pour les relations que j’ai pu
établir avec mes semblables. Je m’aperçois également que ma vie est aussi faite
d’ombres, de moments de repli sur moi, de non-rencontres, de superficialités,
de jugements, de maladresses et de choix qui ne sont pas toujours pertinents.
Je m’aperçois alors que je suis encore en chemin, que la conversion se vit avec
le temps comme un allié, que je peux et que je vais me remettre en chemin avec
plus d’enthousiasme, en comptant sur la grâce de Dieu pour me montrer le chemin
à parcourir à sa rencontre et à la rencontre de mes frères et sœurs. La
contemplation vécue avec gratitude me décentre de moi-même et me rappelle que
Dieu m’a donné des talents pour les partager avec d’autres, que Dieu permet
aussi mes faiblesses pour que j’aille vers eux en leur disant : « Aidez-moi à
grandir ».
Alors,
n’ayons pas peur de rythmer notre vie par des temps d’arrêt, des temps où le
silence, la solitude, l’inaction ont leur place. C’est un exercice difficile
pour nombre d’entre nous. C’est une vraie discipline. C’est un sacrifice aussi.
Nous renonçons à une série d’engagements légitimes ou non, pour donner du sens
à ce qui autrement risque de passer sans être pleinement apprécié. Faisons-le
comme un don que nous voulons faire à Dieu, à nous-mêmes, à nos familles, à
notre Église et notre société. Et que ces temps ne soient pas des moments de
repli sur nous-mêmes mais un tremplin pour continuer à servir Dieu et nos
frères et sœurs de plus belle !
Votre frère et pasteur,
+ Frédéric Rossignol

Un mot du Curé…

PETIT ÉLOGE DE
L’ORDINAIRE DU TEMPS
Récemment,
je me suis pris à relire Eloge du
quotidien. Essai sur la peinture hollandaise du XVIIème siècle (Seuil,
Points Essai, 2010 – d’abord paru en 1963 chez Adam Biro à Paris), de Tzvetan
Todorov.Todorov
(né le 1er mars 1939 à Sofia et mort le 7 février 2017 à Paris) était un
historien de la littérature, un critique littéraire, un sémiologue et un
philosophe ; il fut directeur de recherche au CNRS et l’auteur de nombreux
ouvrages ; on peut citer Éloge de
l'individu. Essai sur la peinture flamande de la Renaissance (Seuil, «
Points Essais », 2004) ou encore La Peinture des Lumières. De Watteau à Goya
(Seuil, 2014). 

Dans
Eloge du quotidien, l’Auteur nous
invite à entrer sur un chemin de spiritualité dans la simplicité de
l’existence. Bien sûr, il y a le prétexte artistique et scientifique de
l’ouvrage : aider à comprendre la naissance d’un nouveau mouvement artistique
en Hollande au XVIIème siècle. En effet, jusque-là, la peinture
(mais pas uniquement) empruntait ses sujets la plupart du temps dans les
univers de l’histoire, des mythes, des religions, des littératures… Et voici
qu’une nouvelle génération d’artistes se tourne vers le quotidien, celui de
l’artiste ou de celui qui va lui passer commande, mais ce pourrait être votre
quotidien ou le mien.
Qui
étaient-ils, ces « peintres du quotidien » ? On peut citer Rembrandt, Vermeer,
Judith Leyster, Jan Steen, mais surtout Pieter de Hooch et Gérard ter Borch.
Derrière ce mouvement artistique, se cachent des causes multiples : une société
de plus en plus individualiste certes, mais aussi un certain esprit de
tolérance, l’intérêt pour les activités domestiques…
Todorov,
en maître à penser, nous invite à chercher et découvrir ce qui fascinait ces
artistes : le monde réel, le monde du quotidien, et ainsi nous invite à entrer
dans son Eloge du quotidien : « La beauté gît dans le geste le plus
humble. Quand Steen et Ter Borch, de Hooch et Vermeer, Rembrandt et Hals nous
font découvrir la beauté des choses, ils ne se comportent pas en alchimistes
capables de transformer en or n’importe quelle boue. Ils ont compris que cette
femme qui traverse une cour, cette mère qui pèle une pomme, pouvaient être
aussi belles que les déesses de l’Olympe, et ils nous incitent à partager cette
conviction. Ils nous apprennent à mieux voir le monde, non à nous bercer de
douces illusions ; ils n’inventent pas la beauté, ils la découvrent – et nous
permettent de la découvrir à notre tour. Menacés aujourd’hui par de nouvelles
formes de dégradation de la vie quotidienne, nous sommes, en regardant ces
tableaux, tentés d’y retrouver le sens et la beauté de nos gestes les plus
élémentaires. » (4ème de couverture).
+
Au moment où, suite aux solennités
d’après Pentecôte, nous entrons « vraiment » dans les dimanches du Temps
ordinaire, relire cet Eloge du quotidien
peut nous aider à retrouver la beauté de l’ordinaire du temps, puisqu’il est
celui de la vie, de notre vie, de nos vies bien concrètes en alliance avec la
vie de Celui dont nous faisons mémorial : le Christ Jésus, lui aussi en le
suivant dans son quotidien, page après page de l’Evangile.
Suivre
Jésus dans le Temps ordinaire, c’est donc le suivre au gré de ses rencontres,
de ses visites, de ses repas,… hier mais toujours aujourd’hui, notre
aujourd’hui. C’est, à l’image de Todorov devant les scènes peintes par ces
artistes hollandais du XVIIème siècle, nous émerveiller de ce
quotidien du Fils de Dieu qui prend la peine de rejoindre nos quotidiens car,
avec Jésus, le divin vient visiter notre temps, comme le peint si souvent Macha
Chmakoff.

On peut penser ici à ce qu’écrivait le
théologien belge Adolphe Gesché
dans « La destinée » :
«
Dans le langage chrétien, le kaïros est
ce temps ‘vertical’ par lequel l’éternité vient s’insérer dans notre temps, lui
rendre visite, frapper à sa porte (…) Le kaïros, c’est le temps de visitation du temps par l’éternité (…) Le
temps de notre temporalité est ainsi transi de flèches d’éternité, des temps
forts de Dieu et des moments de destinée de l’homme. (Le kaïros), c’est le
temps heureux, gracieux, bienvenu, instant impromptu de grâce et de faveur d’en
haut, temps de jonction avec l’éternité, où le temps de Dieu vient à nous…
» (Adolphe Gesché, La destinée, Coll.
Dieu pour penser V, Editions du Cerf,
Paris, 1995, p.109-111).
+
Alors
n’ayons pas peur et entrons, nous aussi, dans l’éloge de l’ordinaire… pas si ordinaire puisque notre Dieu vient le
visiter.
Bon
dimanche et peut-être… bonne lecture !
Intentions de prière pour la semaine

+ Nous te prions, Seigneur, pour l’Eglise, ton peuple en ce
temps : qu’elle proclame par ses paroles d’espérance et par ses gestes d’amour
que tu désires le bonheur de chacun…
+
Nous te prions pour qu’un souci de justice hâte l’avènement de ton Royaume,
pour que les responsables politiques soient davantage préoccupés de ceux qui ne
sont plus capables de faire entendre leurs voix…
+
Nous te prions encore pour tous ceux qui souffrent, pour ceux que la vie
désespère : mets sur leur route des hommes de paix et d’espérance…
+
Nous te confions, Seigneur, la garde de ton peuple : envoie des prêtres pour
être les pasteurs de ton Eglise et prendre soin des communautés qui portent le
nom de ton Fils…
+
Nous te prions pour nous qui formons ton peuple saint : libère-nous de nos
lassitudes et de nos peurs ; appelle-nous à être les messagers de ton Règne à
travers les gestes quotidiens de nos vies marquées du sceau de ton amour…
CONTACTS
M. le Chanoine Patrick Willocq, curéResponsable de l’Unité pastoraleCuré de tous les clochers de l’entité de LeuzeTour Saint-Pierre 157900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.030479/62.66.20M. le Diacre Jean-Marie BourgeoisPastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaireGrand-Rue 567900 Leuze-en-Hainaut0470/100 340M. le Diacre Michel HubletMise à jour du site internetAvenue de la Croix-Rouge 447900 Leuze-en-HainautRèglement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,Curé - Adresse : voir plus hautDélégué à la protection des données :Secrétaire général de la Conférence épiscopale belge -Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1, 1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -Mail : ce.belgica@interdio.beAutorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -Secrétariat décanalTour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.03Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen
Nous porterons dans notre prière ...
Baptêmes
- Le dimanche 07 juin, à 10h00, en l’église de Leuze, Oscar Senelle, enfant de Laura Nys et Scotty Senelle.
- Le samedi 13 juin, à 14h30, en l’église de Willaupuis, Léo Titelion, enfant de Sophie Denève et Paul-Henry Titelion
- Le samedi 20 juin, à 14h30, en l’église de Blicquy, Victoire Villette, enfant de Sarah Bette et Andy Villette ; Mattia Falbo, enfant de Laura Rosier et Pietro Falbo.
- Le dimanche 28 juin, à 10h00, en l’église de Leuze, Alizée Delavallée, enfant de Elodie Lecocq et Bryan Delavallée.
Que ces enfants découvrent combien notre Dieu les aime comme ses propres enfants.
Mariages
- Le samedi 27 juin, à 15h00, en l’église de Leuze : Vinciane Fontaine et Thierry Devigne
Que tous nos vœux de bonheur et notre prière accompagnent les nouveaux époux !
Funérailles
Madame Jeannette Wangermée demeurait à Leuze. La célébration des Funérailles a eu lieu en l’église de Leuze le 08 juin 2026 à 11h00.
Aux proches, nous redisons toute notre sympathie dans la foi et l’espérance de l’Evangile.
Dans notre Unité pastorale…





Pour les familles… les jeunes… les enfants …
Dans notre Diocèse de Tournai…

Jour de fête pour tous les prêtres de
notre diocèse ! En ce jour où l’Église fête le Sacré-Cœur de Jésus, tous
étaient invités à Tournai pour un temps de célébration et de partage.
Si
vous ouvrez votre calendrier liturgique ou votre missel au 3e
vendredi après la solennité de la Pentecôte, vous y lirez qu’il s’agit non
seulement de la fête du Sacré-Cœur de Jésus mais également de la journée de
prière pour la sanctification des prêtres. Voilà pourquoi cette journée est le
moment parfait pour rassembler les prêtres de notre diocèse autour de notre
évêque et les remercier pour leur vocation et leur sacerdoce.
C’était
à nouveau le cas ce vendredi 12 juin 2026 à Tournai, où près d’une centaine
d’entre eux s’étaient réunis. De Comines à Chimay, certains n’ont pas hésité à
parcourir des kilomètres pour être présents. L’occasion était également
parfaite pour féliciter de vive voix prêtres nouvellement nommés dans de
nouvelles fonctions… ou jeunes retraités ! Mgr Harpigny avait également fait le
déplacement et retrouvé, pour une matinée, l’Évêché et la Cathédrale.
Après
avoir vécu un temps d’adoration suivi d’un moment de réflexion en petits
groupes sur la formation continue comme lieu de ressource dans leur vie de
pasteur, ils ont rejoint l’église-mère de notre diocèse pour célébrer ensemble.
De bons pasteurs
Dans
son homélie, Mgr Rossignol s’est adressé aux prêtres, posant la question « Comment vivre selon le cœur de Dieu, dans
la justice et dans l’humilité ? » et posant des bases de réflexion sur ce
qui nourrit la vie et la spiritualité d’un bon pasteur. Il a ainsi souligné que
la première de ces nourritures est la vie des gens qui les entourent. Qu’il
s’agisse de paroissiens qui rayonnent de bonheur ou de gens qui se sentent
perdus dans la vie, chacun est source de réflexion. À l’inverse, a-t-il
expliqué, « Si les gens nous guident vers
Dieu, ils peuvent aussi parfois nous en détourner. »
Notre
évêque est également revenu sur les moments de partage vécus un peu plus tôt : « Ce matin, nous avons réfléchi à la
formation continue comme lieu de ressource pour notre vie de pasteur. C’est une
discipline qui nous est demandée : prendre du temps pour la prière, certes, mais aussi pour un
temps de retraite annuelle, pour un
temps de lecture régulière, un temps
de rencontre aussi et d’échange dans des groupes ecclésiaux où
nous ne sommes pas toujours en responsabilité mais aussi comme des pairs, des frères
en quête de réponse, au même niveau que nos frères et sœurs. »
En
concluant son homélie, Mgr Rossignol a lancé un appel : « Puissions nous faire de notre sacerdoce un chemin d’humanité pour que
d’autres voient Dieu en nous. »



Des
remerciements
Comme
le veut la tradition lors de ce rassemblement annuel, les prêtres jubilaires
présents dans l’assemblée ont été invités à rejoindre l’autel au moment de la
liturgie eucharistique. En fin de célébration, notre évêque a remercié les
prêtres pour leur sacerdoce mais aussi pour leur soutien durant les sept
premiers mois de son épiscopat. Il a également remercié les religieuses et
religieux pour leur engagement. Au cours de la prochaine année pastorale, Mgr
Rossignol débutera une série de visites pastorales dans les UP. Il se réjouit
d’avance de rencontrer les pasteurs et leurs paroissiens, tout en leur donnant
rendez-vous le dimanche 21 juin à la collégiale de Mons, pour l’ordination
d’Antoine Poivre.
Celui-ci
(photo ci-dessus quelques instants avant le début de la célébration, Antoine
entre Mgr Harpigny et Mgr Rossignol), présent lors de la célébration, fêtait
d’ailleurs, tout comme le chanoine Philippe Vermeersch, son anniversaire.
Pour garder un
souvenir de cette belle rencontre, les prêtres ont pris la pose avec bonne
humeur sur le parvis de la Cathédrale pour une photo de groupe, avant de
rejoindre le Séminaire pour un repas convivial.
Marie Lebailly

Le site des Pèlerinages diocésains de Tournai fait peau neuve. Plus clair et plus agréable à parcourir, il a été repensé pour vous permettre de trouver facilement toutes les informations utiles et de découvrir nos différentes propositions de pèlerinages. Vous pouvez également vous inscrire directement en ligne !
N’hésitez pas à aller le consulter et à nous partager vos impressions : www.pelerinages-tournai.be





Dans l’Église de Belgique…


C'est le moment de préparer votre été ! © Adobe Stock
A l’approche de l’été, nous vous présentons un large éventail de retraites, sessions, weekends et camps organisés aux quatre coins de la Belgique. Cette année, offrez-vous de belles vacances spirituelles !
Tour d’horizon des camps, retraites et sessions en Belgique cet été
A l’approche de l’été, nous vous
présentons un large éventail de retraites, sessions, weekends et camps
organisés aux quatre coins de la Belgique. Cette année, offrez-vous de belles
vacances spirituelles !
Communauté des
Béatitudes Thy-le-Château
•
Retraite "Ta
Parole, une lumière sur mes pas!", du dimanche 2 (18h) au dimanche 9
août (16h): Retraite en silence à l'écoute de la Parole selon la pédagogie
ignatienne et l'esprit de la Pentecôte dans l'Esprit du Renouveau. Elle
s'adresse à toute personne désireuse de laisser sa propre histoire être
éclairée par le Christ et de creuser le lien entre prière et vie quotidienne.
Infos et inscriptions:
082/730.057,
retraite.coeur.du.pere@gmail.com, https://restaurersavie.com.
•
Fête de notre maison "Marie
médiatrice de toutes grâces", du samedi 29 au dimanche 30 août: Notre
maison "Marie Médiatrice de Toutes Grâces fête spécialement Notre Dame,
médiatrice de Toutes Grâces car elle est sous son patronat. Vous êtes tous
conviés à vous joindre à notre communauté pour célébrer à la fois notre Mère,
mais aussi pour rendre grâce avec elle à Dieu pour notre présence.
📍Rue
du Fourneau,
10, à
5651 Thy-le-Château.
Tél.:
071/66.03.00,
thy.beatitudes@gmail.com
/ www.beatitudes.org
Foyer de Charité
de Spa-Nivezé
•
Retraite "Aujourd'hui
le salut est entré dans cette maison…", du lundi 20 (19h30) au
dimanche 26 juillet (10h): Une retraite fondamentale et en silence pour
adultes, avec possibilité d'un accompagnement personnel. Enseignements,
eucharistie, prière, adoration, réconciliation sont au programme, avec l'abbé
Moïse Ndione. Infos et inscriptions: 087/793.094 ou 0494/818.212.
•
Retraite (re)découverte "Croire
en Dieu: fruit d'une théorie ou d'une expérience?...", du lundi 24
(19h30) au dimanche 30 août (10h): Tel(le) que tu es, viens à sa découverte et
à sa rencontre… retraite en silence avec possibilité d'un accompagnement
personnel. Enseignements, eucharistie, prière, adoration, réconciliation… avec
l'abbé Philippe Degand. Infos et inscriptions: 087/793.094 ou 0494/818.212.
📍Avenue
Peltzer de Clermont, 7, 4900
Spa-Nivezé. Tél.:
087/79.30.90, foyerspa@gmail.com /
www.foyerspa.be
Monastère
Notre-Dame d'Hurtebise
•
Retraite en silence "Au
gré de l'évangile selon Luc", du lundi 20 au lundi 27 juillet: Semaine
au rythme des offices monastiques, avec deux conférences par jour. Laissons
l'Evangile, avec ses personnages que nous croyons si bien connaître, éclairer
nos vies, nos joies et nos peines, confirmer nos choix et alléger nos doutes.
Animation par Mgr Jean Kockerols.
•
Retraite "La
joie de saint François", du mardi 11 au vendredi 14 août: Nature,
prière, jeux et Bible, pour un temps de joyeux partage de notre foi. Animation
par une équipe de bénévoles et de sœurs du monastère. Pour les enfants de moins
de 12 ans.
•
Session "Et
qui est mon prochain?", du mercredi 26 au vendredi 28 août: Qui
dois-je aimer en premier? Celui qui m'est proche par le sang, la communauté
ethnique, le lien religieux, ou celui qui m'est proche par surprise, qui me
vient d'ailleurs ou des lointains? Nous chercherons à répondre à cette question
en parcourant les textes bibliques qui comptent, dans l'Ancien comme dans le
Nouveau Testament. Un texte notamment retiendra notre attention: la parabole du
bon Samaritain en (Lc 10, 25-37). Et nous terminerons avec la réplique de
Jésus: "Qui des trois s'est-il fait
le prochain de l’autre?" Avec le P. JeanPierre Sonnet, sj.
📍Rue
du Monastère à 6870 Saint-Hubert. Tél.: 061/61.11.27 (entre 9h et 12h ou entre
18h et
19h), htb.accueil@gmail.com /
www.hurtebise.eu
Monastère
Saint-Remacle
•
Sessions "Hébreu
biblique", du mercredi 8 juillet (18h) au dimanche 12 juillet (16h)
(Progressant)-du lundi 3 août (18h) au vendredi 7 août (14h) (Deuxième
niveau):plusieurs groupes de différents niveaux s’adonnent, sous la houlette de
frère Etienne, à l’apprentissage de l’hébreu biblique et à la lecture de la
Bible (Ancien Testament) dans le texte original. C’est une manière
particulièrement féconde de pénétrer au cœur de la Parole et de s’ouvrir aux
racines juives de notre foi chrétienne. Pour plus d’informations concernant le
cours et les aptitudes requises: contacter frère Etienne au 0477/99.01.78.
•
Stage en enluminure (initiation ou approfondissement), du
lundi 27 (9h30) au mercredi 29 juillet (17h): Les journées sont animées par
Alberte Closjeans. Tout le matériel est fourni, sauf le petit matériel
personnel, tel que gomme, bic, latte, pinceau, etc… Il ne faut pas de
prérequis. Le tarif est de 40€/j. + 30€ pour le matériel.
•
Possibilité
de loger au monastère. Dans ce cas, le prix de la pension complète est de 45€
par jour. Infos et inscriptions: Alberte Closjans, 0477/762.004.
•
Retraite "Va
vers toi", du vendredi 7 (17h) au dimanche 9 août (16h): D’après le
livre d’Annick de Souzenelle "Va
vers toi". Nous étudierons les lois ontologiques qui structurent le
créé et que nous avons oubliées et approfondirons cet enseignement de la Bible
qui nous raconte notre histoire intérieure. Atelier de travail corporelpar la
danse sensible avec Xavier Mattelé.
•
Initiation à l'iconographie, du lundi 24 (9h) au vendredi 28 août
(14h): Outre l’apprentissage et la mise en œuvre de la technique "a
tempera", le stage propose une initiation progressive aux symboles et aux
couleurs de l’iconographie byzantine. L’icône est relation, son langage nous
fait découvrir une parole de Vie et nous invite à la paix. Cet art sacré révèle
à qui sait le lire une richesse insoupçonnée, c’est ce que chaque participant
au stage est invité à découvrir dans un climat calme et bienveillant que
prolonge et enrichit la participation aux offices monastiques. Ouvert à tous.
Matériel fourni (sauf les pinceaux)…
Le
stage, ouvert à tous, est organisé trois fois par an. Le matériel est fourni
(sauf les pinceaux). Marie-Jeanne Honhon. Nbre limité de participants (6 max.).
En outre, il est possible d’assurer un suivi d’une journée, cinq samedis par
trimestre. Les dates sont encore à définir. Infos et inscriptions: MarieJeanne
Honhon, 04/379.68.08 ou 0499/088.827.
📍Wavreumont
9, 4970 Stavelot.
Tél:
080/28.03.71, accueil@wavreumont.be /
www.wavreumont.be
(à suivre) (Source : https://www.cathobel.be/2026/04/retraites-pelerinagescamps-decouvrez-les-incontournables-de-lete-2026/)








