Une Parole … Une Prière
29ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« … TU ENSEIGNES LE CHEMIN DE DIEU EN VÉRITÉ … »

« En ce temps-là, les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? » Ils répondirent : « De César. » Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu 22, 15 – 21
Illustration : Tiziano Vecellio, Tiziano Vecelli ou Tiziano da Cador,
plus communément appelé Titien ou le Titien (vers 1488-1576),
Le Christ au denier, peinture à l’huile (vers 1516), Gemäldegalerie Alte Meister, Dresde
. 
Méditation du Pape Léon XIV
LÉON XIV
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 26 août 2026
Catéchèse. Les Documents du Concile Vatican II
IV. La Constitution Pastorale Gaudium et spes 4. Le sens de l'activité humaine dans l'univers (GS, 33-39)

Chers frères et sœurs, bonjour et
bienvenue !
En poursuivant notre parcours à travers
la Constitution pastorale Gaudium
et Spes du Concile œcuménique
Vatican II, nous arrivons au troisième chapitre de la première partie, qui
porte un titre captivant : « L’activité humaine dans l’univers ». La question
fondamentale est la suivante : quelle est la valeur de l’activité humaine dans le
monde et, par conséquent, du progrès technique, social et scientifique ?
Rappelons que, moins de quatre ans après la clôture du Concile, dans la nuit du
20 au 21 juillet 1969, l’homme allait poser le pied sur la Lune pour la
première fois.
Créé à l’image et à la ressemblance de
Dieu, l’être humain est sujet du progrès. Grâce à sa liberté et à son
intelligence, il enrichit ses connaissances, faisant ainsi progresser la
société tout entière. Nous le constatons aisément en observant l’amélioration
des conditions de vie au fil des générations. En effet, dit le Document, « il
en résulte que l’homme se procure désormais par sa propre industrie de nombreux
biens qu’il attendait autrefois avant tout de forces supérieures. » (n°33).
C’est pourquoi certains penseurs ont
présenté le progrès technicoscientifique comme un facteur qui affaiblit la
relation avec Dieu, au point de la faire paraître superflue, voire comme un
antagoniste de la foi chrétienne. Et cette interprétation a entraîné un
changement de regard sur le monde de la part de l’homme contemporain, par
rapport aux époques précédentes. Un tel préjugé s’affirme surtout dans cette
partie de la culture occidentale qui a perdu son ancrage dans la Révélation
chrétienne. Dans les humanismes post-chrétiens, l’être humain et Dieu sont
présentés à tort comme des rivaux : pour affirmer ses connaissances, sa liberté
et son progrès, l’homme devrait s’émanciper de Dieu. Mais en fin de compte, en
niant la relation avec Dieu, on perd aussi la possibilité d’affirmer la valeur
transcendante de la personne humaine. C’est le « drame de l’humanisme athée »,
bien décrit par un éminent théologien du Concile Vatican II, Henri de Lubac.
[1]
Le Concile souhaite apporter une réponse
claire : « Pour les croyants – affirme Gaudium et Spes –, une chose est
certaine : considérée en ellemême, l’activité humaine, individuelle et
collective, ce gigantesque effort par lequel les hommes, tout au long des
siècles, s’acharnent à améliorer leurs conditions de vie, correspond au dessein
de Dieu. » (n°34). Mieux encore, poursuit la Constitution, « loin d’opposer les
conquêtes du génie et du courage de l’homme à la puissance de Dieu et de
considérer la créature raisonnable comme une sorte de rivale du Créateur, les
chrétiens sont au contraire bien persuadés que les victoires du genre humain
sont un signe de la grandeur divine et une conséquence de son dessein
ineffable. » ( ibid.). En substance, Dieu a remis entre les mains de l’homme et
de la femme une création encore in statu viae, c’est-à-dire en chemin, en
pleine croissance, afin qu’ils la mènent à son accomplissement par leur
activité avisée. [2]
On trouve ici une référence importante
au mystère de l’Incarnation. L’humanité – et avec elle le travail, le progrès
et l’autonomie des réalités créées – n’est ni absorbée ni annulée par la
rencontre avec Dieu, mais assumée dans son intégralité, continuant d’être, en
Christ, libre et active : en effet, c’est en Lui qu’elle trouve pleine vérité
et liberté. De plus, lors de la célébration eucharistique, le fruit du travail
humain, représenté par le pain et le vin, est déposé chaque jour sur l’autel,
pour être transformé en Corps et en Sang du Christ.
De cette perspective découle une vérité
importante : pour rencontrer Dieu, l’être humain ne doit pas abandonner ses
occupations terrestres, mais il peut vivre pleinement sa vocation en
accomplissant bien son travail quotidien et en le sanctifiant. [3] Les
chrétiens sont engagés, comme tout le monde, dans l’édification de la cité des
hommes, en visant la fin de toutes choses et la rencontre avec Dieu, et en
rappelant cette fin ultime à ceux avec qui ils partagent l’aventure du progrès,
de la science et de la vie.
Certes, il faut bien distinguer le
progrès terrestre de la croissance du règne du Christ ; toutefois, le Concile
affirme que « ce progrès a cependant beaucoup d’importance pour le Royaume de
Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la
société humaine. […] Tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que
nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son
Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure,
illuminés, transfigurés » (n° 39).
Enfin, rappelons que pour devenir un
véritable progrès humain – c’està-dire celui de tout l’homme et de tous les
hommes –, le progrès technique et scientifique doit être animé et orienté par
la charité. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra toujours être mis au service de la
dignité de l’homme et favoriser l’amélioration des conditions de vie de tous,
en particulier des plus défavorisés.
Chers frères et sœurs, le Concile
Vatican II nous invite à partager le pain du savoir et du savoir-faire, afin
que chaque homme et chaque peuple puisse développer son potentiel et
qu’ensemble, nous puissions construire, avec l’aide de Dieu, un avenir meilleur.
[1]
Cfr H. de Lubac, Le drame de l’humanisme
athée (1944), tr. it. Brescia 2013.
[2]
Cfr Catéchisme de l’Eglise Catholique,
nn. 302, 306, 307.
[3]
Cfr S. Jean-Paul II, Homélie pour la
canonisation de Josémaria Escriva de Balaguer (6 octobre 2002).
Pape Léon XIV
Copyright © Dicastère pour la Communication - Libreria Editrice Vaticana

Prier avec le Pape
PRIER AVEC LE PAPE
INTENTION DE PRIÈRE DU PAPE - OCTOBRE 2026
« Pour la pastorale de la santé mentale »
Cliquez sur l'illustration pour avoir accès à la vidéo
(n’oubliez pas d’activer les sous-titres en français)
Dieu de la vie,
Tu connais les profondeurs les plus intimes de nos cœurs,
la lumière et les ombres qui nous habitent,
les blessures silencieuses que parfois personne ne voit.
Aujourd’hui, nous te présentons nos frères et sœurs
qui font face à des difficultés liées à leur santé mentale,
qui souffrent dans la solitude de l’anxiété,
de la dépression ou de toute autre maladie mentale.
Tu les appelles chacun par leur nom, avec tendresse,
et en Toi, ils trouvent leur dignité et leur espérance.
Pardonne-nous les fois où nous avons détourné le regard,
alimentant la stigmatisation et la discrimination
envers les personnes atteintes de maladies mentales.
Fais de ton Église une maison ouverte,
un lieu sûr où chacun a sa place,
une communauté qui accompagne et n’exclut jamais,
qui écoute sans juger et se fait proche sans crainte.
Nous te prions, Seigneur, pour ceux qui prennent soin:
professionnels, proches, bénévoles,
hommes et femmes qui, avec patience et amour,
construisent des ponts de compréhension et de réconfort.
Donne-leur la force et la compassion nécessaires
pour soutenir ceux qui en ont besoin.
Envoie sur nous ton Esprit,
afin que nous apprenions à accueillir et à intégrer le soin de la santé mentale
dans la vie et la mission de nos communautés et de toute l’Église,
et qu’ainsi nous devenions un signe vivant de Ta miséricorde,
Toi qui n’abandonnes jamais personne
et qui relèves toujours ceux qui tombent.
Amen.

Beaucoup, dans l’Eglise mais pas uniquement, encouragent à lire la première Encyclique du Pape Léon XIV (voir aussi notre rubrique « Lecture du soir… Lecture du matin… »). C’est pourquoi nous allons la publier petit à petit dans notre Chronique. Bonne lecture !

Deux cités et deux amours
129.
L’humanisme
chrétien ne rejette pas la science et la technique, mais les assume avec
gratitude et réalisme, et les inscrit “les pieds sur terre” dans une vocation
plus élevée. L’intelligence créative de l’être humain est un don qui peut
soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, mais elle doit
rester au service du bien commun, de la justice, de la protection des plus
fragiles et de la création. En ce sens, le véritable choix ne se situe pas
entre l’enthousiasme et la peur, mais entre deux façons de construire : un
progrès au service de la personne et des peuples, ou un progrès qui les soumet
à des logiques de pouvoir. En fin de compte, la question décisive reste celle
posée par saint Jean-Paul II : l’IA rend-elle« la vie humaine sur la terre
“plus humaine” à tout point de vue ? La rend[-elle] plus “digne de l’homme” ?
». [138] Si la réponse est oui, alors nous pouvons y reconnaître une
opportunité à accueillir avec responsabilité, dans un chemin de reconstruction
patiente et partagée, sur le modèle de la renaissance de Jérusalem racontée
dans le livre de Néhémie. Si, au contraire, la puissance grandit tandis que le
cœur s’assèche et que les liens se rompent, alors nous sommes face à une
nouvelle forme de Babel : une construction grandiose, mais inhumaine.
130.
S’interroger
sur cette possibilité de progrès et sur la manière dont nous l’interprétons et
le vivons revient toujours, au fond, à nous interroger aussi sur notre cœur. La
manière dont nous concevons et organisons nos relations, notre travail et nos
institutions reflète en effet nos valeurs fondamentales et, en dernière
analyse, découle de ce qui nous tient le plus à cœur. C’est un amour qui nous
guide : ce que nous aimons vraiment, autant comme individus qu’en tant que
société, oriente notre vie et notre agir. Saint Augustin décrit l’histoire
humaine comme le théâtre d’une lutte entre deux amours, qui ont construit deux
façons d’habiter le monde et de vivre ensemble, deux “cités” : d’un côté,
l’amour de Dieu et du prochain ; de l’autre, l’amour uniquement de soi. « Deux
amours ont fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité
terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste ». [139]
Comme dans toute l’histoire humaine, aujourd’hui encore ces deux amours se
disputent la suprématie dans notre cœur. L’ère de l’IA n’échappe pas à cette
règle : la construction de Babel ou celle de Jérusalem commence en chacun de
nous.
Chapitre 4
Préserver l’humain dans la
transformation
Vérité, travail, liberté
131.
Après
avoir esquissé le contexte dans lequel s’inscrit le défi de la transformation
technologique, en particulier celui lié à l’IA et aux courants transhumanistes
et posthumanistes, nous ne pouvons nous contenter d’analyses générales. Lorsque
les langages et les outils changent, les gestes quotidiens et les relations
sociales changent eux aussi. C’est pourquoi il faut s’attarder sur certains
domaines dans lesquels ces transformations ont des répercussions très
concrètes, parfois dramatiques. À la lumière des principes de la Doctrine
sociale de l’Église, la transformation numérique nous invite à redécouvrir la
vérité comme bien commun, à protéger la dignité du travail et à préserver la
liberté contre toute dépendance et toute marchandisation.
La vérité comme bien commun
Vérité et démocratie
132.
L’utilisation
des plateformes numériques et des systèmes d’IA accélère les profonds
changements qui touchent la communication publique et politique. Des outils qui
pourraient favoriser le débat et la participation sont souvent utilisés pour
construire des récits déformés et brouiller les frontières entre le vrai et le
faux, en mélangeant données et opinions. La désinformation n’est pas née avec
l’IA, mais elle trouve aujourd’hui en elle un puissant multiplicateur. La
possibilité de manipuler des contenus, des images et des vidéos expose les
citoyens à des perspectives partielles ou trompeuses. Le problème touche à la
dimension culturelle et morale, car la qualité de la communication publique
dépend directement de la confiance sociale et a une incidence sur celle-ci. Une
information véridique, en effet, ne naît pas d’un contrôle centralisé ou
automatisé. Dans le discours public, la vérité des faits possède une dimension
rationnelle car elle exige la vérification, le recoupement des sources et la
responsabilité argumentative ; mais la vérité est encore plus relationnelle,
elle se construit à travers des liens de confiance et des pratiques partagées,
dans une confrontation honnête avec les autres et avec le monde. Seule la
recherche partagée de la vérité des faits, considérée comme un bien commun,
peut fonder une communication juste.
133.
Ceux
qui disposent de puissantes ressources techniques et économiques – et, par là
même, de nombreuses ressources humaines pour agir – ont une grande capacité à
provoquer des changements culturels et, en fin de compte, à convaincre un
nombre important de personnes de ce qu’est la vérité sur l’être humain, sur le
monde, sur le sens de l’existence, sur la famille, voire sur Dieu. Il s’agit là
d’un pouvoir pur, dépourvu de vérité, qui impose subtilement ou ouvertement ce
qu’il veut que les autres considèrent comme vrai. Derrière tout cela se cache
une racine malsaine difficile à reconnaître : le fait que « l’homme moderne est
parfois convaincu, à tort, d’être le seul auteur de luimême, de sa vie et de la
société. C’est là une présomption, qui dérive de la fermeture égoïste sur
lui-même ». [140] Par conséquent, il pense pouvoir construire la réalité et
considérer valable ce qui correspond le mieux à ses prétentions. Saint
Jean-Paul II a réfléchi aux conséquences de la “crise autour de la vérité”,
allant jusqu’à affirmer qu’« une fois perdue l’idée d’une vérité universelle
quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la
conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée ». [141] Ainsi, la
reconnaissance de vérités universellement valables qui nous précèdent et que la
conscience doit accepter, vient à manquer. Cela a conduit le Pape François à se
demander de manière réaliste : « Qu’est-ce que la loi sans la conviction,
acquise après un long cheminement de réflexion et de sagesse, que tout être humain
est sacré et inviolable ? » et à en conclure que « pour qu’une société ait un
avenir, il lui faut cultiver le sens du respect en ce qui concerne la vérité de
la dignité humaine à laquelle nous nous soumettons. Par conséquent, on
n’évitera pas de tuer quelqu’un uniquement pour éluder la réprimande de la
société et le poids de la loi, mais par conviction. C’est une vérité
incontournable que nous reconnaissons par la raison et que nous acceptons par
la conscience. Une société est noble et respectable aussi par son sens de quête
de la vérité et son attachement aux vérités les plus fondamentales ». [142]
134.
La
recherche de la vérité est un élément essentiel de la démocratie, qui est
elle-même un instrument de participation au bien commun. Lorsque la question de
savoir ce qui est vrai perd de son intérêt et qu’un pragmatisme se répand, se
contentant de ce qui semble utile ou efficace, la vie démocratique s’affaiblit.
En effet, celleci ne se nourrit pas seulement de règles et de procédures, mais
avant tout d’un rapport loyal aux faits et d’une réelle orientation vers le
bien des personnes et de la société. Le désintérêt pour la vérité conduit
lentement mais inexorablement à glisser vers le totalitarisme, pour lequel,
comme l’a écrit la philosophe Hannah Arendt, les sujets idéaux ne sont pas tant
ceux qui sont idéologiquement convaincu, mais « les gens pour qui la
distinction entre fait et fiction (c’est-à-dire la réalité de l’expérience) et
la distinction entre vrai et faux (c’est-à-dire les normes de la pensée)
n’existent plus ». [143] Communication et imaginaire collectif
135.
Dans
cette perspective, il est important de rappeler que la communication « n’est
pas seulement la transmission d’informations, mais aussi la création d’une
culture ». [144] Les contenus qui circulent dans les espaces numériques
influencent la manière dont les personnes perçoivent le monde et introduisent
dans la conscience collective des images et des récits qui orientent les désirs
et influencent les choix quotidiens. Ce « n’est pas un monde parallèle ou
purement virtuel », [145] car ce qui naît en ligne fait désormais partie
intégrante de la vie des personnes, surtout des plus jeunes.
136.
C’est
pourquoi ceux qui contrôlent les plateformes numériques et les moyens de
communication ont une capacité remarquable pour influencer l’imaginaire
collectif et présenter comme désirable une certaine vision de la réalité. C’est
un pouvoir qui doit être constamment éclairé par la recherche de la vérité et
le respect de la dignité humaine, afin que la culture qui se développe sur
internet ne devienne pas un instrument de distraction excessive,
d’uniformisation et de domination, mais un espace où puissent s’épanouir la
liberté intérieure et la pensée critique.
(A
suivre)
LEON XIV
[138]
Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Redemptor hominis, (4 mars
1979), n. 15 : AAS 71 (1979), pp. 286-287.
[139]
Saint Augustin, De civitate Dei, XIV, 28 : CCSL 48,
Turnhout 1955, p. 451.
[140]
Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin
2009), n. 34 : AAS 101 (2009), pp.
668-669.
[141]
Saint Jean-Paul II, Lett. enc. Veritatis splendor (6 août
1993), n. 32 : AAS 85 (1993), p. 1159.
[142]
François, Lett. enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), n.
207 : AAS 112 (2020), p.
1043.
[143]
H. Arendt, The Origins of Totalitarianism, III, New York
1962, p. 474.
[144]
Discours aux professionnels de la communication : AAS 117 (2025), pp. 681682.
[145]
Benoît XVI, Message pour la 47e Journée Mondiale des
Communications Sociales (24 janvier 2013) : AAS 105 (2013), p. 183.

Parole de Mgr Frédéric Rossignol


(Suite)
Ce qui est vrai pour l’expérience de foi personnelle, l’est aussi d’un groupe
en particulier. Si nous prétendons en Église ou dans un groupe particulier de
l’Église avoir réponse à toutes nos questions, c’est une
position évidemment très dangereuse et peu évangélique. La foi se vit dans
l’humilité, dans le questionnement, dans la confiance. Notre foi n’est pas
magique, elle ne répond pas à toutes nos interrogations, si légitimes
soient-elles d’ailleurs, mais elle nous invite à aller de l’avant. Pour cela,
nous devons chercher des réponses, par le biais de notre intelligence, de la
lecture, de l’étude, par le biais de l’expérience de vie et du partage de vie,
mais en sachant que nos questions en ouvriront d’autres et que seule la
Rencontre avec Dieu pourra satisfaire notre quête.
Outre
le danger d’une foi purement subjective centrée sur nos propres intérêts, le
pape François nous rappelle également que la foi n’est pas une affaire de pure
volonté personnelle. Plus que tendre vers le Christ, il nous est demandé de
nous laisser approcher par Lui.
En cette vie les fragilités humaines ne
sont pas complètement et définitivement guéries par la grâce. […] L’absence de
la reconnaissance sincère, douloureuse et priante de nos limites est ce qui
empêche la grâce de mieux agir en nous, puisqu’on ne lui laisse pas de place
pour réaliser ce bien possible qui s’insère dans un cheminement sincère et réel
de croissance. La grâce, justement parce
qu’elle suppose notre nature, ne fait pas de nous, d’un coup, des surhommes. Le
prétendre serait placer trop de confiance en nous-mêmes. (GE 49-50)
Parfois
nous rêvons d’une foi magique qui solutionnerait tous nos problèmes. Nous
cherchons Dieu non pour Lui-même, mais pour ce qu’Il pourrait nous apporter.
Agir ainsi, c’est s’imaginer un Dieu ToutPuissant alors que Dieu est
Tout-Aimant et que sa Puissance est inséparable de son Amour. Croire en un dieu
des miracles, c’est ne pas sortir de la superstition. Oui, Dieu fait des
miracles, mais Il agit toujours en nous surprenant et quand un miracle se fait,
c’est pour renforcer notre foi et notre charité. Mais notre quotidien, c’est
chercher l’action de Dieu non pas en dehors de nos limites, mais dans
celles-ci, y compris dans notre histoire de pécheur, là où nous découvrons que
même imparfaits, Dieu nous aime.
«
Quand nous étions encore sans force, Christ, au temps fixé, est mort pour des
impies. C'est à peine si quelqu'un voudrait mourir pour un juste ; peut-être
pour un homme de bien accepterait-on de mourir. Mais en ceci Dieu prouve son
amour envers nous : Christ est mort pour nous alors que nous étions encore
pécheurs. » (Rm
5, 6-8)
Puissions-nous
approfondir notre chemin de foi dans la gratitude parce que Dieu nous aime et
nous rejoint dans nos limites et parce qu’Il nous conduit toujours dans un
chemin fait de continuelles découvertes, joyeuses ou douloureuses mais qui
toutes, vécues avec foi et charité, nous conduisent vers son Royaume.
Votre frère et pasteur,
+ Frédéric Rossignol

Un mot du Curé…



**************************

**************************

Intentions de prière pour la semaine

+ Pour que l’Eglise se laisse toucher
par l’Amour de Dieu et s’ouvre aux besoins du monde… Que toutes les communautés
chrétiennes puissent trouver des espaces de liberté pour annoncer l’Evangile…
+
Pour les Chefs d’Etat, les politiques, les membres des Associations
humanitaires… Qu’ils écoutent les réels besoins des peuples et qu’ils se
mettent au service des plus pauvres. Qu’ils soient attentifs aux domaines
nouveaux de la science, de la culture, de l’économie, de la politique et des
médias…
+
Pour nos communautés locales, paroissiales… Que dans une charité inventive et
évangélique, elles créent des lieux de dialogue, de partage et témoignent de
l’Amour du Père pour tous les hommes…
CONTACTS
M. le Chanoine Patrick Willocq, curéResponsable de l’Unité pastoraleCuré de tous les clochers de l’entité de LeuzeTour Saint-Pierre 157900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.030479/62.66.20M. le Diacre Jean-Marie BourgeoisPastorale du Baptême des petits enfants – Pastorale scolaireGrand-Rue 567900 Leuze-en-Hainaut0470/100 340M. le Diacre Michel HubletMise à jour du site internetAvenue de la Croix-Rouge 447900 Leuze-en-HainautRèglement Général sur la Protection des Données – RGPD – 25 05 2018Responsable du traitement des données personnelles : Abbé Patrick Willocq,Curé - Adresse : voir plus hautDélégué à la protection des données :Secrétaire général de la Conférence épiscopale belge -Adresse : asbl Centre interdiocésain, rue Guimard 1, 1040 Bruxelles - Tél. : 02/507 05 93 -Mail : ce.belgica@interdio.beAutorité de contrôle : Rue de la Presse 35, 1000 Bruxelles - Tél. : 02/274 48 00 -Secrétariat décanalTour Saint-Pierre 15 – 7900 Leuze-en-Hainaut069/77.79.03Permanences : mardi et vendredi de 9h30 à 12h00En cas d’absence, s’adresser à M. le Doyen
Nous porterons dans notre prière ...
Baptêmes
- Le dimanche 25 octobre, à 10h00, en l’église de Leuze : Matt Ferdin Hanot, enfant de Lydie Hanot et Jason Ferdin.
Que ces enfants découvrent combien notre Dieu les aime comme ses propres enfants.
Mariages
- Le samedi 17 octobre, à 14h00, en l’église de Pipaix : Stéphanie Materne et Hugues Dubuisson
Que tous nos vœux de bonheur et notre prière accompagnent les nouveaux époux !
Funérailles
Monsieur Octaaf Gijselinck demeurait à Grandmetz.
La Liturgie des Funérailles a été célébrée en l’église de Grandmetz le jeudi 15
octobre 2026.
Aux proches, nous redisons toute notre sympathie dans la foi et l’espérance de l’Evangile.
Dans notre Unité pastorale…

On
ne peut pas ne pas remarquer le renouvellement complet du petit parc sur le
côté de la Collégiale St-Pierre (devant la vitrine de la Boucherie
leuzoise).
Mais
surtout je suis très heureux que les deux petits parterres situés de chaque
côté du grand porche de la Collégiale ont été eux aussi complètement nettoyés
et réaménagés avec de nouvelles plantations et un nouvel arrangement du terrain
(photos ci-desous). C’est bien plus propre et bien plus beau que ce que l’on
connaissait.


Un
grand BRAVO et un sincère MERCI aux différentes personnes ayant participé à ce
projet : M. le député-Bourgmestre, M. l’Echevin des travaux et les équipes des
Ouvriers communaux bien sûr !
Chanoine Patrick Willocq




Cette semaine,
j’ai reçu plusieurs messages de personnes étonnées de l’horaire des Messes de
recommandations qui se déroulent jusqu’en décembre. Voici donc l’explications
de cette organisation.
Tout d’abord,
je me permets de rappeler que, quand je suis arrivé à Leuze, comme je l’avais
toujours fait dans mes paroisses précédentes, j’ai proposé de célébrer les
recommandations pour toutes les paroisses lors de la messe du 02 novembre, ce
qui était une façon de rassembler tous les clochers dans une même et belle
célébration de mémoire. Nous avons pratiqué de cette façon deux ou trois
années. On évitait ainsi ce problème de l’éloignement de la date puisque les
recommandations étaient célébrées le jour officiel de la commémoration des
défunts, et les fidèles répondaient à cette invitation. Ensuite des paroisses
ont demandé de ne plus fonctionner ainsi mais de remettre les recommandations
dans chaque clocher. Nous l’avons fait même si je n’étais pas favorable. La
conséquence était que les recommandations étaient célébrées le jour où le
calendrier plaçait une messe dans la paroisse. Forcément, pour certains
clochers, la célébration se trouvait éloignée du 02 novembre.
Je rappelle
que
-la fête de la Toussaint n’est pas le « jour des défunts » : ici, un bel article de synthèse sur cette question :https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-lafoi/les-grandes-fetes-chretiennes/toussaint/. C’est un jour de fête marqué par la couleur blanche des fêtes et où l’on célèbre l’appel à la sainteté de tous, et surtout des vivants.-les deux messes de la Toussaint (cette année, Thieulain et Leuze) ne sont pas des messes propres à ces clochers mais que ces messes doivent rassembler toute l’unité pastorale : il ne serait pas normal que l’on recommande à une messe destinée à toute l’unité pastorale, les défunts d’une seule paroisse. Les autres paroisses seraient en droit de réclamer la même chose.
Voici qui,
j’espère, répond aux questions. Ce que nous pouvons discuter en EAP, c’est de
revenir à ce qui se pratiquait au début : les recommandations de toutes les
paroisses le 02 novembre. Mais pour cela, il faudrait que tous les clochers
soient d’accord…
Chanoine Patrick Willocq




Pour les familles… les jeunes… les enfants …





C’est au Mexique que cela se passe, mais on espère bientôt voir la même chose en France. Sur le même principe que les cartes Pokémon, le jeu "Appelés au Royaume" (en espagnol "Llamados al Reino") fait s’affronter les saints dans un esprit ludique et bienveillant, tout en invitant les joueurs à découvrir leur vie, leurs vertus et leur histoire.
C’est en s’inspirant des cartes de jeux à collectionner, très populaires chez les enfants, que l’idée est née chez Erick Trejo, un illustrateur mexicain : et si l’on faisait la même chose, mais avec les saints ? Lancé en septembre 2026, le jeu, baptisé Appelés au Royaume (en espagnol Llamados al Reino), rappelle celui des Pokémon, à une chose près : les héros sont les saints ! Chacun possède six caractéristiques (la fidélité, le service, l’amour, la mission, la prière et la spiritualité) qui représentent une manière particulière de vivre et de répondre à l’appel de Dieu. Saint Jean-Baptiste, par exemple, se distingue notamment par sa mission (98 points sur la carte), tandis que saint André Kim Taegon s’illustre par sa fidélité à Dieu (99 points sur la carte). Une vertu est également associée à chaque saint, ainsi qu’une citation qui lui est attribuée. Pour sainte Jeanne d’Arc, on retrouve ainsi la vertu d’avoir répondu à l’appel de Dieu et d’être restée fidèle à Lui jusqu’à la mort. La carte reprend également l’une de ses citations les plus célèbres : "Agissez, et Dieu agira." Autant de manières de découvrir, à travers le jeu, les différentes facettes de la vie des saints.
Dans la version la plus simple du jeu, les joueurs peuvent s’appuyer sur un dé pour déterminer la caractéristique qui sera mise à l’épreuve. Mais dans la version complète, le jeu va plus loin : à chaque manche, un "vice" apparaît et impose une caractéristique ainsi qu’une valeur à dépasser. Il faut alors choisir le saint le mieux placé pour relever le défi, avant éventuellement de renforcer sa carte grâce à une "vertu" ou à un "élément". L’objectif n’est donc pas de déterminer quel saint serait "meilleur" qu’un autre, mais de les faire découvrir de manière ludique. Erick Trejo a déjà publié 23 cartes du premier kit et prévoit de continuer à en sortir de nouvelles séries. Il a également créé des éditions spéciales, comme "Saints sur le terrain", mettant en scène des saints ayant un lien avec le football. Si le jeu est disponible à la vente uniquement au Mexique, son créateur espère pouvoir par la suite le diffuser dans d’autres pays, en proposant notamment des cartes numériques à télécharger.
Anna Askhova

: https://www.riseuptournai.be/d-tails-et-inscription/tous-freres :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSePqtkDHeEpY5wNnn_yT87D8vjOaZphyHqJNKGb-
X_wi7q6_w/viewform
: https://diocese-tournai.be/2026/10/06/une-parenthesepleine-de-douceur-et-damour-a-bonne-esperance/
Vidéo du mois : : https://www.youtube.com/watch?v=3ZVyQO24uz8
Dans notre Diocèse de Tournai…

Depuis ce week-end, on a pu découvrir dans la presse et sur les réseaux sociaux de nombreux échos relatifs à une « décision du nouvel évêque de Tournai » de ne pas autoriser les représentations du prochain spectacle de Luc Petit et Michel Teheux, «Le Noël de Pinocchio», dans les églises tournaisiennes.
Au-delà d’un spectacle bien spécifique, l’Évêché rappelle que les églises restent avant tout des lieux où l’on vit une expérience du sacré, de la transcendance. Cette expérience peut passer par de la musique, des conférences, des débats ou encore des spectacles, mais si l’église devient un lieu de pur divertissement, elle perd sa fonction sacrée. À partir de là, il s’agit de discerner ce qu’il convient d’accepter ou non dans les églises.
Mgr Frédéric Rossignol souhaite ainsi que soit évité le syncrétisme, c’est-à-dire créer une forme de confusion entre les valeurs de l’Évangile et tous les messages positifs issus d’autres influences. Ce discernement, l’évêque ne le porte pas seul, il consulte ceux qui sont en responsabilité et à partir de cela, il peut demander aux responsables de répondre aux diverses demandes qui leur sont faites.
Soucieux de privilégier le dialogue, Mgr Rossignol rappelle qu’à Tournai, par exemple, l’église Saint-Nicolas est une belle église qui ne sert plus pour des offices mais accueille régulièrement des manifestations culturelles. Cette possibilité avait d’ailleurs été suggérée pour le spectacle « Le Noël de Pinocchio » mais n’a semble-t-il pas été envisagée par les organisateurs, la fabrique d’église concernée n’ayant pas été contactée en ce sens.
L’Évêché souligne que les personnes en responsabilité amenées à accepter ou refuser qu’une activité culturelle se tienne dans l’édifice dont elles ont la charge (fabriques d’église, doyens, curés) n’émettent en aucune manière un jugement sur la qualité artistique des œuvres proposées, mais uniquement sur la pertinence d’un lieu de culte pour les accueillir.
Communiqué de presse (Tournai, lundi 12 octobre 2026)

Dans le zoning d’Orcq, à quelques
kilomètres de la Cité des Cinq Clochers, des centaines de mètres carrés
abritent des denrées destinées à un public précarisé. De très nombreux
bénévoles trient, encodent, stockent et préparent chaque jour des livraisons
vers plus de 50 associations. Ils ont accueilli l’évêque de Tournai pour lui
faire découvrir leur travail.
De
l’extérieur, c’est un entrepôt comme les autres, au cœur du zoning industriel
d’Orcq. Sur la façade, une simple mention «Banque alimentaire»… et un logo
montrant deux oiseaux qui picorent dans un bol. Mais à l’intérieur, c’est une
vraie ruche et une organisation précise et efficace qui se dévoilent. Céréales,
boîtes de conserve, produits d’hygiène rangés sur des palettes empilées
jusqu’au plafond. Produits frais dans un énorme frigo. Juste à côté, denrées
surgelées dans un congélateur à -18° tout aussi imposant. Des chariots
élévateurs, des diables XXL,… Et surtout des bénévoles qui, soutenus par des
collaborateurs «article 60» mis à disposition par les CPAS, gèrent avec
professionnalisme des tonnes de marchandises qui seront distribuées à plus de
12.000 bénéficiaires dans le Hainaut occidental et la région de Mons-Borinage
chaque année.

Jour
après jour, depuis 1988, la Banque alimentaire de Tournai (BAT) fait le tour
des enseignes partenaires pour récupérer les invendus. Il y a aussi les denrées
fournies par le Fonds social européen. Et puis celles qu’il faut acheter, parce
que les quantités récoltées ne suffisent plus à répondre aux besoins croissants
des associations et des personnes plongées dans la précarité. C’est tout cela
que l’équipe de la Banque alimentaire a voulu faire découvrir à Mgr Frédéric
Rossignol, toujours soucieux d’aller à la rencontre des réalités du terrain,
notamment en matière de pauvreté et de solidarité.
Lutter contre la faim et le gaspillage
Après
une visite des lieux, aux côtés de Christine Couillard, animatrice pastorale
pour les Solidarités des trois UP tournaisiennes, Mgr Rossignol a pu suivre une
présentation plus détaillée de l’asbl. Pierre Vanassche
et Luc Janssens, respectivement président et vice-président du conseil
d’administration, se sont réjouis de recevoir dans l’entrepôt le nouvel évêque,
déjà présent en mai dernier lors de la «course aux canards» géante organisée
dans l’Escaut au profit de la BAT.

«La pauvreté est parfois invisible mais
elle est bien réelle, et elle est en augmentation», insiste Luc Janssens. Il y a en
Belgique 9 banques alimentaires, dont 2 en Hainaut, à Tournai et à Charleroi.
De plus petits dépôts (à Jemappes et Mouscron pour la BAT) servent ensuite de
relais locaux pour la distribution. Ce sont ainsi 57 associations et 10 maisons
d’accueil agréées qui reçoivent de l’aide pour pouvoir offrir des colis ou
cuisiner des repas.
Si
les banques alimentaires s’attaquent en priorité à la faim qui sévit chez nous,
la lutte contre le gaspillage fait aussi partie de leurs objectifs: «3,6 millions de tonnes de nourriture sont
gaspillées chaque année, dans l’agriculture, la grande distribution et les
ménages», déplore le vice-président de la BAT. «La Belgique est en la matière un mauvais élève en Europe…»
Une aide
gratuite
Afin
d’offrir une alimentation saine, la BAT vérifie scrupuleusement la qualité et
les dates de validité des produits récoltés dans les grandes surfaces de la
région. Une gestion informatisée des stocks a été mise en place. Et un
surgélateur capable de congeler des aliments en 4 heures grâce à un
refroidissement à -40° fait également partie de la chaîne pour préserver ce qui
serait trop vite périmé.
À
la différence d’une épicerie sociale, les denrées sont proposées gratuitement
par les banques alimentaires. Bien entendu, les bénéficiaires doivent être
inscrits et reconnus comme nécessitant cette aide, par exemple s’ils dépendent
du CPAS. «Au total en Belgique, plus de
200.000 personnes sont soutenues par les banques alimentaires. Beaucoup de
parents seuls et de plus en plus de pensionnés.» Un chiffre sans doute
sous-estimé, pense Luc Janssens, car il y a ceux qui n’osent pas pousser la
porte des associations et ceux qui se «débrouillent» autrement.
Mais
alors que les besoins ne cessent de croître, entre autres suite à la limitation
dans le temps des allocations de chômage, les subsides de l’État et du Fonds
social européen, eux, tendent à diminuer. Plus que jamais la BAT compte sur les
dons, des particuliers bien sûr mais aussi des grosses entreprises ayant à cœur
de développer une dimension sociale dans leurs activités. Parce que la
solidarité est l’affaire de tous.
Agnès MICHEL
Vous
y trouverez toutes les informations utiles sur l’asbl mais aussi comment faire
un don… ou devenir bénévole !

Dans l’Église de Belgique…


Mgr
Albert Houssiau, évêque de Liège de 1986 à 2001, est décédé dans la nuit du 12
au 13 octobre, à 101 ans. Professeur de théologie nommé par surprise, il avait
réfléchi à l’avenir des paroisses bien avant d’en engager la réorganisation.
Repères
2 novembre 1924 : Naissance à Hal (Halle)
6 février 1949 : Ordination sacerdotale à Malines
1955 : Thèse sur la christologie de saint Irénée, à Louvain
1959 : Professeur de théologie des sacrements et de liturgie à
Louvain
1972-1977 et 1982-1985 : Doyen de la faculté de théologie
17 mars 1986 : Nommé évêque de Liège par Jean-Paul II
18 mai 1986 : Ordination épiscopale à la cathédrale
Saint-Paul
1990-1991 : Centenaire des congrès sociaux liégeois
1996 : 750e anniversaire de la Fête-Dieu
Fin des années 1990 : Lancement du Projet 2000
9 mai 2001 : Mgr Aloys Jousten lui succède
Nuit du 12 au 13
octobre 2026 : Décès à 101 ans
Mgr
Albert Houssiau, évêque émérite de Liège, est décédé dans la nuit du 12 au 13
octobre 2026. Il avait 101 ans et aurait eu 102 ans le 2 novembre. Professeur
de théologie à Louvain pendant plus d’un quart de siècle, il a été le 90e
évêque de Liège, de 1986 à 2001. On lui doit le Projet 2000, la vaste réflexion
qui a préparé le regroupement des paroisses du diocèse.
Le
diocèse de Liège a annoncé son décès ce mardi matin. “Il a marqué notre Eglise locale par la force de sa foi au Christ et
par la vivacité de son esprit”, a réagi Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de
Liège. Son prédécesseur lui avait encore écrit la semaine dernière, pour
l’encourager dans ses prises de position sur les manifestations d’élèves.
Un doyen de faculté
devenu évêque par surprise
Né
à Hal le 2 novembre 1924, Albert Houssiau n’avait rien d’un candidat naturel au
siège de Liège. Ce prêtre de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles, ordonné en
1949, avait consacré sa thèse à saint Irénée de Lyon, un Père de l’Eglise du
IIe siècle. Il enseignait la liturgie et la théologie des sacrements à
l’Université catholique de Louvain, dont il fut deux fois doyen de la faculté
de théologie. Jean-Paul II le nomme évêque de Liège le 17 mars 1986.
Ce
jour-là, à Louvain-la-Neuve, ses étudiants découvrent un mot sur le tableau
d’affichage: le professeur, empêché, ne donnera pas cours. A midi, ils
apprennent pourquoi. “Stupéfaction, le
mot n’est pas trop fort”, racontait en 2024 l’abbé Pierre Hannosset, l’un
d’eux. Il se souvenait aussi d’un chanoine qui venait enseigner en
costume-cravate et bottes en caoutchouc, dans une ville universitaire encore en
chantier.
Il
est ordonné évêque le 18 mai 1986, jour de la Pentecôte, à la cathédrale
Saint-Paul, par le cardinal Godfried Danneels. Sa devise reprend les mots qui
concluent la prière eucharistique: “Par Lui, avec Lui et en Lui”. A ceux qui
auraient préféré un Liégeois, il répond dès sa première conférence de presse: “Je vous promets que je serai liégeois!”
Il apprendra le wallon. Ce francophone né en Brabant flamand tenait d’ailleurs
à une nuance: il n’était “pas un
fransquillon”, précisait-il en 2018.
Le Projet 2000,
chantier des paroisses du diocèse de Liège
Le
Projet 2000 reste la marque la plus durable de son épiscopat. Lancé à la fin
des années 1990, ce processus de consultation mené dans les doyennés devait
repenser la présence de l’Eglise sur tout le territoire du diocèse de Liège.
Objectif: regrouper 530 paroisses en quelque 150 unités pastorales, ces
ensembles de clochers confiés à une même équipe. La réforme a été menée à terme
par son successeur, Mgr Aloys Jousten. Le diocèse compte aujourd’hui 70 unités
pastorales.
Le
sujet l’occupait bien avant sa nomination. En 1981, le professeur avait réuni
350 participants à Louvain-la-Neuve pour un colloque sur le rôle des paroisses.
“En théologie sacramentaire, je me
sentais concerné par le problème soulevé par une chrétienté déchristianisée”,
expliquaitil. L’année suivante, il publiait dans la Revue théologique de Louvain une étude sur l’approche théologique
de la paroisse.

(c)
Diocèse de Liège
Moins de prêtres, cela voulait dire
d’autres responsables. Mgr Houssiau a plaidé pour des assistants paroissiaux dotés d’un mandat clair et d’une formation adéquate. Des
femmes, en majorité. Dans l’entretien qu’il accordait en 2018 au journal Dimanche, il se disait même favorable à ce qu’on
envisage un diaconat féminin, malgré l’opposition de certains théologiens. Le
diaconat est le premier degré du sacrement de l’ordre, aujourd’hui réservé aux
hommes.
Fête-Dieu,
sans-papiers, Julie et Mélissa: quinze ans à la tête du diocèse
L’épiscopat
d’Albert Houssiau a mêlé grandes célébrations et épreuves collectives. En 1996,
Liège fête les 750 ans de la Fête-Dieu, instituée dans la ville en 1246 à la
demande de sainte Julienne de Cornillon. Jean-Paul II lui adresse une lettre
pour l’anniversaire. En 1990-1991, le centenaire des congrès sociaux liégeois
avait mobilisé 6 000 participants.
D’autres
dates pèsent plus lourd. En 1993, l’évêque rend visite aux demandeurs d’asile
kurdes, arméniens et géorgiens réfugiés dans l’église Sainte-Foy, à Liège.
Menacés d’expulsion, ils font la grève de la faim. En 1995 et 1996, la
disparition puis la mort de Julie et Mélissa bouleversent Liège et tout le
pays. Les funérailles des deux fillettes sont célébrées à la basilique
Saint-Martin.
Son
vicaire général, le chanoine Gatzweiler, disait de lui qu’il savait “déléguer mais aussi prendre ses
responsabilités dans les dossiers importants”.
A 101 ans, Mgr
Houssiau pensait encore l’Eglise de demain
Retiré
en 2001, Mgr Albert Houssiau n’a jamais vraiment cessé de travailler. Il a
poursuivi ses recherches sur les Pères de l’Eglise grecs et célébrait encore
parfois la messe dans la maison de repos où il résidait. En avril 2026, il confiait au diocèse de Liège
que la retraite était
pour lui la continuation de sa vocation.
Sa
chambre du Balloir, la maison de repos d’Outremeuse où il vivait, était un lieu
de travail et de prière. Il s’amusait à dire que seuls 10 % des livres de sa
bibliothèque y tenaient. A 101 ans, il écrivait encore des articles et des
messages, entre saint Irénée, Platon et Confucius. Il s’était mis au chinois
dès 1941, pour découvrir une autre civilisation que la gréco-romaine. A 93 ans,
il avouait chercher parfois loin dans sa mémoire certains caractères. Le dessin
et la peinture, il y avait renoncé: sa main manquait de précision.
Sur
ses successeurs, Mgr Aloys Jousten puis Mgr Jean-Pierre Delville, un seul
commentaire au printemps dernier: “Je ne
juge pas, mais j’apprécie.” Il mesurait aussi ce qui avait changé. “Pendant mon épiscopat, j’ai ordonné 50
prêtres. Ces 50 prêtres constituent aujourd’hui l’ossature du diocèse”,
disait-il, conscient que ses successeurs n’avaient pas eu cette chance. Il
souhaitait que les jeunes deviennent les “moteurs
de l’Eglise de demain”.

Mgr Albert Houssiau (à droite), au côté de Mgr
Jean-Pierre Delville, et Mgr Aloys
Jousten. Trois évêques de Liège successifs, le jour de
l’ordination épiscopale
de Mgr Delville, cathédrale Saint-Paul, 14 juillet 2013
- © Lothar Klinges
Mgr
Jean-Pierre Delville atteint cette année l’âge de la renonciation. Le nonce
apostolique consulte le diocèse en vue de la nomination du prochain évêque de
Liège.
Les funérailles de Mgr Houssiau samedi à
la cathédrale Saint-Paul Le
corps de Mgr Albert Houssiau reposera dans la chapelle de semaine de la
cathédrale Saint-Paul de Liège du mercredi 14 au vendredi 16 octobre, de 9h30 à
17h30. Un livre de condoléances y sera ouvert. Il est aussi possible de signer le registre en ligne. Les funérailles seront célébrées le
samedi 17 octobre à 10h en la cathédrale, sous la présidence de Mgr Jean-Pierre
Delville.
Jean
Lannoy

Depuis le 1er octobre, les
manifestations d’élèves à Liège dégénèrent régulièrement en marge des cortèges.
Ce vendredi, Mgr Jean-Pierre Delville a pris la parole. Ferme face aux
casseurs, il refuse que toute une génération porte le poids de leurs actes et
rappelle que le dialogue a tenu, même sous les gaz lacrymogènes.
Devant
la cathédrale Saint-Paul, le chanoine Pierre Hannosset est allé au-devant des
élèves qui manifestaient. Il voulait les écouter et comprendre ce qui les avait
poussés dans la rue. Il a même échangé calmement avec certains de ceux qui
participaient aux dégradations. Quand les gaz lacrymogènes l’ont incommodé, ce
sont des jeunes qui lui ont proposé des gouttes pour les yeux et se sont
inquiétés de son état.
Mgr
Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, raconte cette scène dans un message
publié ce vendredi 9 octobre, alors que les manifestations d’élèves à Liège
durent depuis plus d’une semaine.
Liège, épicentre
de la colère des élèves
Le
mouvement est parti de Liège le jeudi 1er octobre, dans le sillage des blocages
de lycées en France. Des élèves du secondaire y protestent contre les réformes
et les économies que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles impose
à l’enseignement. Depuis la rentrée, les professeurs des trois dernières années
du secondaire donnent 22 heures de cours par semaine au lieu de 20. Beaucoup
d’élèves disent manifester aussi pour eux.
La
plupart des cortèges sont pacifiques, et le parquet de Liège le reconnaît. En
marge, pourtant, de petits groupes très mobiles s’en prennent aux vitrines et
au mobilier urbain. Un kiosque a brûlé place de la République française. Lundi,
une vingtaine de policiers ont été légèrement blessés. Entre le 1er et le 6
octobre, la police locale a procédé à 107 arrestations, pour la plupart
administratives. Le mouvement a gagné Mons, Charleroi et Hannut.
"Rien ne
justifie la violence"
Mgr
Delville parle à double titre. Il est évêque de Liège, mais aussi évêque
référendaire pour l’enseignement catholique en Belgique francophone et
germanophone. C'est donc lui qui suit ce dossier au nom de l’ensemble des
évêques du pays. Sur la casse, il ne laisse aucune marge. Pour lui, "rien ne justifie la violence, les
dégradations, les pillages ni les atteintes aux personnes". Les
vitrines brisées et les personnes blessées le rendent triste, écrit-il.
Il
trace aussitôt une seconde ligne, entre ceux qui cassent et ceux qui défilent. "Je refuse que les actes d’une minorité
jettent la suspicion sur toute une jeunesse." Les casseurs masqués,
poursuit-il, ne représentent pas des élèves qui, dans leur immense majorité,
veulent être entendus pacifiquement.
L’évêque
dit entendre leur inquiétude face au coût et aux conditions de leurs études, et
face à leur avenir. Il voit dans leur parole "une chance pour notre vie démocratique". Il fixe aussi
une limite : "L’entendre est
nécessaire ; l’entendre n’est jamais excuser la violence."
Il
a également un mot pour les enseignants, les éducateurs et les directions
d’école. Selon lui, ils vivent une rentrée hors du commun, et certains sont "éprouvés, parfois jusqu’à
l’épuisement".
Le réflexe du
téléphone
La
partie la plus personnelle du message s’adresse à tout le monde. L’évêque y
parle de l’effet de groupe, qui pousse à des gestes qu’on n’aurait jamais posés
seul. Il interroge aussi le premier réflexe quand la violence éclate : filmer
pour diffuser des images spectaculaires, ou s’occuper de ceux qui ont besoin
d’aide. "Une vidéo partagée peut
jeter de l’huile sur le feu ; une main tendue peut aider à l’éteindre."
Aux
jeunes, il demande de ne pas se laisser entraîner dans une violence "qui finit par détruire ce que vous
voulez défendre". Aux parents et aux éducateurs, il demande de rester
proches des jeunes, de les écouter et de parler avec eux de ce qu’ils
traversent.
Du Stade de
France aux rues de Liège
Mgr
Delville rapproche ces journées d’un autre rassemblement de jeunes. Le 25
septembre, quelque 80 000 jeunes ont prié avec le pape Léon XIV au Stade de
France, à Saint-Denis, et des jeunes Belges étaient dans les tribunes. L’évêque
cite les mots du pape ce soir-là : "Notre
combat n’est pas un combat contre les autres, il n’utilise pas les armes de la
violence, du mépris ou de l’oppression. Notre seule arme est celle de l’amour
qui se donne."
Selon
lui, ces mots valent "pour chacun de nous, croyant ou non". Le
message se termine sur une béatitude : "Heureux
les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu" (Mt 5:9).
Sur
le fond du dossier, l’évêque ne prend pas position. Il ne cite ni le décret
contesté ni la ministre de l’Education, Valérie Glatigny (MR). Il appelle
seulement à une "concertation
sincère entre les différents acteurs concernés". Jeudi, la ministre de
la Jeunesse, Valérie Lescrenier (Les Engagés), devait rencontrer des jeunes à
Liège.
Le
diocèse a d’ailleurs maintenu le spectacle Nous
l’avons rencontré, autour de l’Evangile de saint Jean, ce vendredi à 20h à
la collégiale Saint-Barthélemy, estimant que l’atmosphère à Liège s4était
apaisée.
Repères
•
Début du mouvement : jeudi 1er octobre 2026, à Liège, puis à
Mons, Charleroi et Hannut
•
En cause : les réformes et les économies dans
l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont le passage de 20 à 22
heures de cours hebdomadaires pour les enseignants des trois dernières années
du secondaire
•
Arrestations à Liège du 1er au 6 octobre : 107 (27
judiciaires, 80 administratives), selon la police locale
•
Mgr Jean-Pierre Delville : évêque de Liège depuis 2013, évêque
référendaire pour l’enseignement catholique. Il a remis sa renonciation au pape
en avril 2026 et reste en fonction jusqu’à la nomination de son successeur.

Lancé il y a sept ans par la paroisse
Sources Vives à Bruxelles, le Bal du Curé connaît une affluence record chaque
année. Ce samedi 27 septembre, ce sont ainsi près de 1.600 personnes qui se
sont retrouvées pour la messe et un dîner festif dans une rue d’Ixelles, autour
de leur curé. Paroissiens, voisins, amis de passage, proches ou non de
l'Église, ils étaient tous là pour l'événement de la rentrée devenu
incontournable. Reportage.
Ce
samedi matin 27 septembre, dès 8 heures, l’agitation commence sur la Place
Brugman d’Ixelles, devant le parvis de l'église Notre-Dame de l’Annonciation.
De nombreux bénévoles de la paroisse Sources Vives, qui regroupe trois églises
d’Ixelles et d’Uccle, communes limitrophes de Bruxelles, installent des
centaines de tentes, de tables, de bancs, de couverts, de ballons et même un
tapis rouge dans la rue Stallaert, qui donne sur la place. Cette rue,
normalement ouverte à la circulation, est fermée exceptionnellement pour
l’occasion. Et quelle occasion ! C’est la septième édition du Bal du Curé, qui
bat cette année son record avec 1.600 personnes inscrites.
Le
concept a été imaginé en 2018 par le curé belge, le père Cédric Claessens,
membre de la communauté de l'Emmanuel, et sa dynamique équipe de paroissiens.
Créer un événement joyeux, ouvert à tous, pour permettre la rencontre et
montrer ce visage accueillant de l’Eglise. "La première année, nous étions
déjà 900 participants, mais c’est vrai qu’avec 1.600 inscrits cette année, on
se dit que le pari est réussi", explique à Aleteia le père Cédric, qui
sent aussi comme un nouvel élan dans le retour à la religion et à la vie de
paroisse. "Le Bal du Curé motive et fédère nos paroissiens qui continuent
ensuite à s’engager à l’année dans nos nombreuses actions, mais il permet aussi
à des gens plus éloignés de l'Église de venir découvrir, le temps d’une soirée
festive, une autre image des chrétiens, et il n’est pas rare qu’ils
franchissent ensuite nos portes, maintenant qu’ils connaissent des
visages", reprend le curé qui voit dans cette soirée une belle façon
d'évangéliser au sens large.
Le Bal est
ouvert
Il
est désormais 18h et le bal est ouvert ! Tout commence avec la messe dans
l'église Notre-Dame de l’Annonciation où plus une chaise n’est libre. Sept
prêtres, un diacre, des dizaines d'enfants de chœur, une chorale et, au premier
rang, plusieurs officiels représentants les communes concernées. Le thème de
l’Esprit Saint, représenté par le rouge que les participants sont invités à
porter sur eux cette année, est évoqué par le curé qui suggère à toutes les
personnes présentes "de prier le Seigneur pour qu’il nous aide à ouvrir
les portes de notre portail à notre prochain".

Gatien Baron
Salades à
partager et 3.620 saucisses
Après
le chant et la bénédiction finale, place aux annonces et aux consignes pour que
chacun retrouve facilement sa tablée, accueille les inscrits de dernière
minute, et attende patiemment le service à table grâce aux nombreux scouts, qui
apporteront les 3.620 saucisses en cours de cuisson ! Les adultes dehors dans
la rue, les enfants dans la grande salle du presbytère où jeux, ballons, film
et musique à fond les attendent pour une soirée également inoubliable pour
eux.
Place
au partage du repas et aux rencontres des voisins de table, entre amis de
longue date, riverains du quartier, et gens de passage, agréablement surpris de
cette ambiance incroyable. C’est le cas de Yolande, 65 ans, installée à
Bruxelles depuis cinq ans, sur une autre paroisse, et qui a été invitée par sa
nièce. "Je n’avais jamais entendu parler de ce Bal du Curé avant, et je
n’imaginais pas qu’il y aurait autant de monde, s'étonne-t-elle, c’est assez
incroyable". A quelques tables d’elle, Nadège, une Belge de 39 ans, venue
avec ses deux filles, également invitée par une amie. "Si j’ai eu une
éducation chrétienne, je me suis éloignée de la foi et de la pratique ces
dernières années, et ce que je découvre ici ne correspond pas du tout à mes
souvenirs d’enfance à la messe". La jeune femme confie avoir été touchée
par la beauté de la célébration, l’énergie des chants, "surtout celui de
sortie “Criez de joie”, c’était si porteur". "Cela me donne une
nouvelle image de l’Eglise, je n’avais pas connu ça et je vois que cela
intéresse aussi mes filles qui ont envie d’en découvrir plus", raconte
encore cette mère de famille. "Elles sont emballées par cette ambiance de
joie et de confiance, je les sens très heureuses ce soir", dit-elle alors
que justement ses filles passent en courant devant sa table, accompagnées d’un
petit groupe d’ados qui rigolent.

Gatien Baron
Les
jeunes sont attirés par le pianiste dynamique, installé au milieu des tables,
et qui lance l’ambiance avec quelques chants de louange puis un Disney repris à
tue-tête par la foule qui commence à l’entourer. Car une fois que tout le monde
a pris place pour déguster les saucisses offertes et les salades variées que
chacun était invité à apporter pour partager, les gens commencent à se lever
pour se balader sur le tapis rouge, d’une table à l’autre et rencontrer
d’autres personnes. "C’est facile ici de parler à des inconnus, il y a une
telle ambiance qu’on engage la conversation facilement et sans timidité",
confient ainsi
Etienne
et Sophie, jeunes parents parisiens de 35 ans, qui viennent de s’installer à
Bruxelles pour le travail et ne connaissent pas encore grand monde.
“Tant
de beaux fruits”
La
discussion s’engage avec Alice et Philippe, également trentenaires,
nouvellement fiancés et qui envisagent de se marier à l'église l’année
prochaine. "C’est ma sœur qui nous a parlé de ce Bal du Curé, explique
Philippe, comme nous ne sommes pas pratiquants, on s’est dit que c’était
l’occasion de découvrir cette paroisse et pourquoi pas de se renseigner ensuite
pour la préparation au mariage". Sa fiancée Alice, Bruxelloise de
naissance, apprécie particulièrement l’accueil qui leur est réservé. "On
se sent vraiment les bienvenus, l’ambiance est très bonne, on se croirait dans
une fête de village !"

Gatien Baron
Il
est vrai que le nom même de "Bal du Curé" est assez bien trouvé et
invite tout le monde dans l’imaginaire de la fête locale, simple et festive. Et
le hasard des rencontres sur le tapis rouge font que l’on tombe sur Eugénie,
membre de l'équipe paroissiale, qui a proposé ce nom il y a sept ans ! "En
Belgique, il y a une certaine tradition du “bal” et beaucoup de corporations en
organisent, il n’y avait pas de raison que le curé n’ait pas le sien !",
s’amuse-t-elle précisant que ce nom, comme ce concept, ne demande qu’à être
repris et copié par d’autres paroisses "même en France", tant les
fruits sont beaux. "On voit comme les gens sont interpellés, surpris,
heureux de se rencontrer facilement, et de participer à cette fête tout en
assistant aussi à une belle messe qui les marque. Et puis faire ça dans la rue,
c’est juste génial !"
Avec
1.600 personnes présentes ce soir, les rencontres sont nombreuses et
l’évangélisation bat son plein. Benoît, avocat discret au travail mais engagé
dans la paroisse, confie ainsi son étonnement d’être tombé nez à nez avec l’un
de ses grands patrons. "Jamais je n’aurais cru le voir ici !",
rigole-t-il, avouant ne pas parler sa foi au boulot.
Le
souffle de l’Esprit Saint
Si
les tables des enfants ont été rangées pour ouvrir la piste de danse où tous
les jeunes se déchaînent, dans la rue, le concert bat son plein, et les gens se
mettent aussi à danser et à chanter. Il est temps d’en profiter car après le
tirage au sort de la tombola, il va bien falloir rentrer et permettre à
l’équipe bénévole de tout remettre en place. "Il y a même un bus qui passe
dans cette rue, les équipes communales sont très coopératives avec nous car
cela leur demande aussi un vrai travail d’organisation", confie Etienne, à
la tête de ses équipes motivées et très efficaces. "Tout doit être rangé
et impeccable pour dimanche, afin que les riverains, drôlement compréhensifs et sympas, retrouvent
leur rue comme si rien ne s’était passé !"
"Rien"
n’est peut être pas le bon mot ici, car assurément il s’est passé quelque chose
ce soir dans la rue du Bal du Curé. Des jeunes, des moins jeunes, des
nationalités différentes, des patrons, des étudiants, tant de visages et tant
d’histoires, tant de sourires et de rencontres… A n’en pas douter, le souffle
de l’Esprit Saint était puissant en Belgique, un samedi soir de septembre.
Petite vidéo ICI
Bérengère de Portzamparc

